Le derby Racing--Violette est l'un des premiers sommets sportifs de la zone CONCACAF. Environ un siècle au coeur de cette rivalité sportive. Le premier combat des fauves de cette saison mettra aux prises le Vieux Tigre de cent-deux (102) ans et le Vieux Lion de quatre-vingt dix-sept (97) ans au vieux stade Sylvio Cator.

Le derby Racing--Violette est "une histoire spéciale de l'histoire du sport national". C'est un rendez-vous très spécial qui ne laissait aucun sportif indifférent, compte tenu du fait que ces deux ténors du football haïtien alignaient des fanatiques à travers le pays. Le Racing comptaient plus de supporters dans le grand Nord, tandis que le Violette était plus populaire dans le grand Sud.

Un chaplet de souvenirs entoure le derby Violette--Racing. En constatant la présence de nouveaux visages dans certains quartiers de la capitale au début des années 60, mes parents ou d'autres adultes m'affirmaient que c'est à cause du derby Racing--Violette. La presse sportive n'étant pas encore sur le tapis, on informait les sportifs provinciaux au moyen de lettres remises à des chauffeurs assurant le trajet P-au-P--Cap, P-au-P--Jacmel ou P-au-P--Cayes par exemple. Deux ou trois jours avant la grande messe sportive, les fans de la province débarquèrent à Port-au-Prince. Car c'était le derby national.

Pour les fouteux de la zone métropolitaine particulièrement, Racng--Violette était le match qu'on ne devait pas rater. Au niveau médiatique à la porte du derby, certains journaux en parlaient, tandis que Djo Solon au journal de 1h30 PM de la MBC et Serge Ambroise sur les ondes de Radio Port-au-Prince sensibilisaient les auditeurs. De son côté, le porte-voix du bureau fédéral, Christian Michel, faisait le tour de la métropole pour inciter les fanatiques à investir le stade.

Avant de s'établir à la 1ère Cité Saint-Martin, mon ami Jeannot, un sportif capois, n'avait jamais raté un combat des fauves. Pourtant, il n'était ni raciniste ni violettiste. Deux fois par saison, il couvrait le trajet Cap--Port-au-Prince pour participer au derby. Pour lui, il faut être aveugle ou paralytique pour ne pas répondre présent au stade à l'occasion du derby national.

Jeannot réside à New-York  depuis plus quarante (40) ans. En laissant le pays quelques mois après le Prémondial de 1973, il avait promis à ses amis du quartier de les accompagner au stade au moins une fois par an pour savourer le plat du derby national. À plusieurs reprises, il a tenu sa promesse. En 1977 par exemple, il débarqua à Port-au-Prince un jeudi pour prendre part samedi au derby. Il retourna à New-York le lendemain parce qu'il devait reprendre son boulot deux jours après le sommet des fauves. Ce qui prouve que les racines du derby Violette--Racing sont profondes et vivaces.

Au royaume du football haïtien, le derby national est et restera le match favori de la cohorte violettiste et de la marée raciniste. Et sur le terrain à la recherche de la victoire, les joueurs se défoncent dans chaque camp pour répondre à l'attente de leurs supporters massés dans les tribunes volcaniques. Vive le plus vieux derby de notre République sportive !

Raymond Jean-Louis

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