P-au-P, 19 juin 2019 [AlterPresse] --- Une délégation de haut niveau de l’Organisation des États américains (Oea), venue en mission de bons offices en Haïti, a demandé à l’opposition de se calmer et au président de prendre des dispositions pour gouverner, selon un article du Miami Herald consulté par AlterPresse.

« Si vous n’aimez pas Moïse, la solution est de le battre aux urnes », a déclaré au Miami Hérald un « officiel (étranger) parlant sous couvert de l’anonymat à propos des demandes de démission du chef de l’État, issues de l’opposition et de nombreuses manifestations populaires à travers le pays.

Quant à Jovenel Moïse, il s’est entendu dire : « vous devez gouverner et pour l’instant vous ne gouvernez pas ».
« Tout cela n’est que du bla bla bla », a estimé un diplomate consulté par AlterPresse. Il n’a pas écarté une tentative de « manipulation », arguant que ce genre de pratique n’entre pas dans le cadre du fonctionnement normal de l’organisation hémisphérique.

Aucun communiqué officiel de l’Oea n’a été publié à propos de cette mission et il n’y a eu aucune résolution de l’organisation en lien avec les décisions évoquées.
« Une éclaration d’un officiel de l’Oea faite sous couvert de l’anonymat n’a aucune valeur », a asséné le diplomate.

La rencontre avec le président a eu lieu en sa résidence privée, où la délégation a proposé de constituer une commission d’experts en finance internationale supervisée par l’OEA afin d’aider les auditeurs du gouvernement haïtien à déterminer le montant détourné dans le fonds PetroCaribe d’aide vénézuélienne et à déterminer les personnes qui devraient être poursuivies.

Le chef de l’État a acquiescé et a immédiatement fait savoir qu’il était prêt à se rendre à Washington pour signer un tel engagement.
La mission, qui a pris fin au bout de 5 heures passées en Haïti, a été dirigée par l’Ambassadeur des États-Unis d’Amérique à l’Oea, Carlos Trujillo, qui préside le conseil permanent de l’organisation hémisphérique.
La délégation comprenait également Gonzalo Koncke, chef de cabinet du secrétaire général de l’Oea, Luis Almagro.

La visite de l’Oea a été demandée au bout d’un mois de tergiversations par le titulaire démissionnaire du Ministère haïtien des affaires étrangères, Bocchit Edmond, dans une lettre en date du 14 juin 2019.
Cette visite de l’Oea s’est effectuée dans un contexte de crise, marqué par des mobilisations de plus en plus violentes pour réclamer la démission de Jovenel Moïse de la présidence politique en Haïti.
Ce dernier serait impliqué dans un scandale de corruption, en rapport à la gestion des fonds PetroCaribe d’aide vénézuélienne à Haïti.
Le professeur de droit international, James Boyard, émet des réserves quant à l’opportunité de la visite de la mission de l’OEA en Haïti, vu que plusieurs missions organisées par cette organisation, depuis 1991, n’ont pas donné de résultats.
Au niveau de l’opposition, la délégation de l’Oea n’a rencontré que les représentants de l’Organisation du peuple en lutte (Opl) et de la Fusion des sociaux-démocrates.
« L’OEA doit commencer à œuvrer en faveur du respect de la volonté du peuple haïtien et non en faveur d’une personne qui n’a pas de leadership ni de crédibilité », a estimé Edmonde Supplice Beauzile, présidente de la Fusion des sociaux-démocrates.

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