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Derrière le scandale des pots-de-vin, l'ultra-sélectivité des universités américaines

Le scandale de pots-de-vin qui a éclaboussé les Etats-Unis a mis un coup de projecteur sur le processus d'admission ultra-compétitif aux grandes universités du pays, avec des parents prêts à des investissements financiers colossaux, qui ne font que creuser les inégalités. Une cinquantaine de personnes ont été inculpées mardi, dont deux actrices célèbres, dans une affaire de fraudes destinées à faire entrer leurs enfants dans d'illustres établissements.

"Aux Etats-Unis, les familles sont obnubilées par l'entrée à l'université", explique Sylvie Bigar, une New-Yorkaise dont la fille vient d'être admise dans une fac renommée du Massachusetts.
"On a l'impression que ces choses-là se décident quasiment à la maternelle" et qu'entrer dans une université célèbre "débouche sur une carrière prestigieuse et presque sur le bonheur", explique-t-elle.
Et le bonheur est rare, dans un pays où les meilleures écoles sont très largement privées - et donc onéreuses : ils ne sont que 4,6% parmi les candidats à Harvard à avoir été accepté en première année pour la rentrée 2018-19, 4,3% à Stanford ou 5,5% à Columbia, parmi les établissements les plus prisés du pays.
 

Avec l'avènement d'internet, le nombre de dossiers a explosé.
"Depuis ce changement, il y a eu une progression vers un niveau de qualification de plus en plus élevé pour les candidats", observe Hafeez Lakhani, fondateur d'un institut privé spécialisé dans la préparation aux études supérieures.
"C'est un processus extrêmement stressant", explique Angela Perez, étudiante à la prestigieuse université de Georgetown, "en particulier pour les enfants dont les parents n'ont pas beaucoup de moyens."
Fille d'immigrés philippins, Angela a envoyé des candidatures à pas moins de 18 établissements. "Je ressentais une pression et un stress immenses pour intégrer une bonne école et recevoir une bourse décente", dit-elle.
Pour les parents le processus démarre souvent en seconde, avec l'aide du conseiller d'orientation, mais aussi, souvent, un coup de pouce extérieur.
Préparation aux examens scolaires, aux entretiens, aux lettres de motivation... "A chaque stade de ce processus, il y a des professionnels de l'éducation qui aident les familles qui ont les moyens", explique Sylvie Bigar.
Selon l'Association des consultants éducatifs indépendants, le prix moyen horaire facturé par un consultant est de 200 dollars, mais il existe aussi des forfaits, souvent compris entre 850 et 10.000 dollars.

- "Avantage indu" -
"Les familles qui sont intéressées par nos services voient une opportunité de grimper plus haut que ce qu'elles auraient pu faire d'elles-mêmes", explique Hafeez Lakhani, dont la société facture, en moyenne, 40.000 dollars par élève.
"Je sais qu'il y a des disparités et que tout le monde ne peut pas s'offrir le meilleur soutien, voire ne peut pas se payer de soutien du tout", dit cet entrepreneur qui a créé une bourse pour faire bénéficier gratuitement de ses services un étudiant.
L'affaire des pots-de-vin a secoué le pays, mais plutôt que d'évoquer la triche, beaucoup ont préféré rappeler que le système américain était profondément inégalitaire, même en restant dans les limites de la loi.
"J'ai appris à l'université que les admissions ont toujours été à vendre", a ainsi écrit la journaliste Rainesford Stauffer dans un éditorial publié par le New York Times.
Pour elle, "le scandale de pots-de-vin n'est pas plus répugnant que l'industrie, totalement licite, qui aide beaucoup de jeunes aisés à être admis dans les écoles de leurs rêves".
Outre le soutien scolaire et le conseil, d'autres ont rappelé la tradition des donations de familles fortunées, qui pose parfois question.
Dans un livre choc, "The Price of Admission", sorti en 2007, le journaliste Daniel Golden a raconté comment Jared Kushner, devenu depuis conseiller à la Maison Blanche et gendre de Donald Trump, avait été accepté à Harvard malgré un dossier moyen.
Quelques mois plus tôt, son père, le promoteur immobilier Charles Kushner, avait fait don de 2,5 millions de dollars à l'université tricentenaire.
"Pour maintenir un système d'admission qui s'intéresse à l'individu plutôt qu'à des incitations (financières), c'est quelque chose sur lequel il faudrait se pencher", estime Lindsay Hawkins, étudiante à Buffalo State, à propos de ces donations.
Et Angela Perez, de Georgetown, de rappeler un autre avantage dont bénéficient des enfants de familles aisées: "Le simple fait de connaître quelqu'un dans les services administratifs ou d'être (l'enfant d') un donateur de l'école leur donne un avantage indu".

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