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Catégorie : OutreMer
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Ce n'est pas encore la fin du feuilleton, mais une issue semble se dessiner pour éviter un  nouveau « shutdown » aux Etats-Unis.A quatre jours de la date limite sur le financement du budget fédéral et alors que  les discussions semblaient s'enliser , des parlementaires démocrates et républicains sont parvenus à un accord de principe. Quatre représentants, des deux partis et des deux assemblées, ont annoncé que des détails restaient à régler, mais qu'ils avaient mis au point une trame permettant de sortir de la crise.

Selon Richard Shelby, le principal négociateur républicain, le point d'achoppement de ces derniers jours est tombé, même s'il n'a pas précisé comment. Les démocrates souhaitaient limiter la capacité des centres de rétention situés à la frontière, afin de freiner le nombre d'arrestation de migrants illégaux. En échange, il se murmurait que les démocrates pourraient faire des concessions et accorder par exemple des crédits pour la construction de « barrières » sur une partie de la frontière.

L'accord porterait sur un financement compris entre 1,3 et 2 milliards de dollars, selon la presse américaine, pour ces nouvelles mesures de sécurité. Ce qui serait loin des 5,7 milliards de dollars réclamés par Donald Trump pour la construction de son mur.

    Le 'mur' face au Mexique, l'obsession de Trump

S'il se confirme, cet accord devra être voté par la Chambre des représentants et le Sénat. Mais il devra aussi être signé par le président américain, qui peut mettre son veto et provoquer un nouveau blocage des administrations fédérales. Il peut aussi décréter une « situation d'urgence », qui lui permettrait de financer le mur sans passer par le Congrès, mais avec le risque que la Justice ne bloque ses travaux...

En meeting au Texas, ce lundi soir, Donald Trump est resté évasif sur cet accord. « Ils disent qu'ils ont fait des progrès. Peut-être, on verra... On aura peut-être une bonne nouvelle. En attendant, nous, on construit le mur », a clamé le président américain, face à une foule déchaînée. Plus tard, sur Fox News, il a ajouté que « des choses ont changé », tout en précisant que les discussions se poursuivaient.

Trump à l'offensive

Très offensif, loin du ton conciliant qu'il avait pu adopter il y a une semaine lors du discours sur l'état de l'Union, le président américain s'en est pris à plusieurs reprises à ses cibles préférées, les démocrates et les médias.

« On dirait un devoir de lycée », a-t-il lancé à propos du  « green new deal » proposé par l'aile gauche du parti démocrate , ajoutant que l'Amérique ne serait « jamais un pays socialiste ». Son discours a été plusieurs fois interrompu par des militants, qui protestaient contre son projet de mur, dans un climat très tendu.

Il avait choisi de tenir ce meeting à la frontière avec le Mexique, dans la ville d'El Paso, au Texas. Et c'est au milieu de pancartes « finissez le mur » qu'il est apparu. Au même moment, le démocrate Beto O'Rourke, originaire de la ville et candidat malheureux au Sénat en novembre dernier, organisait un contre-meeting, à quelques pas de là. Devant ses partisans, il a expliqué pourquoi la question du mur était une ligne rouge à ne pas franchir.

Nicolas Rauline