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Le Premier ministre de la République Jean Henri Céant et l'ambassadeur de l'Union européenne M. Vincent Degert

Port-au-Prince, le 5 février 2019: Le Premier ministre de la République Jean Henri Céant et l'ambassadeur de l'Union européenne M. Vincent Degert, ont procédé aujourd'hui au lancement officiel du Programme de sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) du 11ème FED; il est composé du Programme multisectoriel de sécurité alimentaire et nutritionnelle, et du Programme Pro résilience, financés respectivement à hauteur de 40 et 10 millions d'euros dans le cadre  du 11ème Fonds européen de développement et de l’action spéciale de solidarité suite à l’ouragan Matthew.

Destinés aux régions, du Nord-Ouest, du Haut Artibonite et de la Grande-Anse, le Programme SAN vise à améliorer durablement la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations les plus vulnérables, tout en renforçant leur résilience, c’est-à-dire, leurs capacités à résister et à surmonter les chocs et les crises.

Prenant part à l'ouverture de cette cérémonie, le Premier ministre du gouvernement, Me Jean Henri Céant, a déclaré ce qui suit: « Je réitère une fois de plus l’engagement pris par la République pour permettre à tous ses filles et fils de pouvoir manger à leur faim. Dans le cadre du concert des nations unies en 2015, il a été convenu d’éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde à l’horizon 2030. Le pays détient beaucoup de ressources et de potentialités que ses filles et fils doivent mettre en valeur pour atteindre cet objectif.

 

 Les indicateurs sur l’insécurité alimentaire et la malnutrition montrent que la situation est alarmante. Des chocs successifs auxquels nous faisons face rendent encore plus complexes la tâche. Le Gouvernement est conscient de l’énorme défi auquel il fait face afin d’arriver à éliminer la faim, d’assurer la sécurité alimentaire, d’améliorer la nutrition et de promouvoir l’agriculture durable. Il est possible de le faire avec la collaboration et la continuité dans les actions de l’Etat ».                                                 

En Haïti, l'insécurité alimentaire touche environ 30% de la population rurale ce qui représente un drame au présent comme pour l’avenir. 275000 enfants soit 22% de la population infantile de moins de cinq ans, sont en effet victimes de malnutrition chronique; celle-ci entraine des retards dans leur croissance et lorsqu’ils atteindront l’âge adulte des conséquences néfastes pour le développement durable du pays.

Le Programme de sécurité alimentaire et nutritionnelle se fonde sur une approche multisectorielle, qui intègre à la fois la production locale pour une plus grande disponibilité des aliments, la qualité du contenu nutritif de ces derniers, la disponibilité et l'accès aux aliments par la population, et la stabilité de cet accès par des politiques sociales adaptées.

L'ambassadeur de l'Union européenne a déclaré  :"La SAN est l’aboutissement d’un long processus mené avec l’Etat haïtien pour répondre aux enjeux de sécurité alimentaire et nutritionnelle en Haïti. De manière très concrète, ce programme vise à améliorer la qualité des services de base à la population des régions concernées, à renforcer leurs moyens d'existence en appuyant le développement des filières agricoles locales, l'agriculture familiale, les filets sociaux, l'amélioration des services de santé, la prévention de la malnutrition et l'éducation nutritionnelle. La cohérence de l'action se fonde sur une amélioration de l'accès à l'alimentation en soutenant les efforts de production et de commercialisation des produits au niveau local. »

Pour réaliser ces objectifs ambitieux, le programme SAN met en place une approche globale et multisectorielle pour:

1 améliorer la coordination entre les institutions centrales de l'Etat, c’est-à-dire les ministères concernés (MARNDR, MSPP et MAST) et  leurs entités déconcentrées à travers les directions départementales, et les acteurs décentralisés,

2 faire en sorte que tous soient parties prenantes dans une politique commune et agissent de manière cohérente et coordonnée; en effet la réussite de la SAN dépendra essentiellement de la capacité de chaque acteur à travailler en synergie à travers une approche ascendante (bottom up) où chacun contribuera à l'élaboration, à la planification et à l’exécution des programmes; les maîtres mots sont participation, appropriation et responsabilité.

3 renforcer la gouvernance de la SAN à l'échelle nationale et départementale. Mais aussi en stabiliser le cadre légal et budgétaire pour garantir dans la durée une allocation continue et stable de ressources

Ainsi le Programme de sécurité alimentaire et nutritionnel contribuera à l'atteinte de l'Objectif n°2 de développement durable des Nations-Unies: la Faim Zero.

 

- FIN-