Ronald BernardElles sont entre 10 et 15,000 à intervenir en Haïti, dit-on. Elles ont considérablement augmenté après le séisme du 12 janvier 2010. L'on ne connait pas le nombre exact. Mais ce qui est certain, c'est qu'elles sont présentes dans toutes les sphères d'activités spécialement dans la santé, l'éducation, l'agriculture, la protection de l'environnement.

Ronald Bernard et Angela Bruce-Raeburn de Oxfan-America Elles sont entre 10 et 15,000 à intervenir en Haïti, dit-on. Elles ont considérablement augmenté après le séisme du 12 janvier 2010. L'on ne connait pas le nombre exact. Mais ce qui est certain, c'est qu'elles sont présentes dans toutes les sphères d'activités spécialement dans la santé, l'éducation, l'agriculture, la protection de l'environnement.

Dans certaines régions du pays, les ONG implantent des infrastructures en vue d'offrir aux populations démunies des services sociaux qui n'existaient pas. Parfois, ces ONG sont les principaux employeurs dans des localités. En un mot, elles sont d'une certaine utilité et personne ne saurait contester ce fait. Mais à quel prix? En fait, elles affaiblissent ce qui nous reste de l'Etat quand elles ne le supplantent pas tout simplement.

Depuis 1997, le Dr Sauveur Pierre-Etienne évoquait déjà l'invasion des ONG en Haïti. 14 ans après la parution de son ouvrage à succès, "Haïti: l'invasion des ONG", il faudrait parler, qui sait, d'une nouvelle étape après l'invasion: la mise sous tutelle de l'Etat. Et ce qui est troublant, c'est qu'elles reçoivent, au nom du pays, des sommes faramineuses dont elles seules ont le contrôle. La composante étatique, ministère du plan et de la coopération externe, qui accorde l'autorisation de fonctionnement à ces ONG, n'exerce vraiment aucun contrôle sur ces toutes puissantes agences. Leur budget l'aide internationale à Haïti. Même le co-président de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti (CIRH), l'ancien-président américain M. Bill Clinton gère deux ONG en Haïti, Bill Clinton Foundation et Bush-Clinton Foundation.

Raison évoquée pour faire onctionner ces agences en dehors des structures de l'Etat: la corruption au sein de son appareil. Que fait l'international pour changer l'ordre des choses. De beaux discours pour critiquer et nous mettre devant le fait accompli. Et de temps à autre, quelques millions pour un projet sur la bonne gouvernance. Des séminaires ici par là, des voyages à l'étranger de quelques représentants de l'Etat et de la société civile. Et la machine "non-gouvernementale" tourne à plein rendement.

Même le tout puissant Edmond Mullet, représentant du Secrétaire général de l'ONU en Haïti et chef civil de la Minustah, l'a reconnu au mois d'octobre de l'année dernière dans une interview accordée à l'agence internationale Reuters. "Beaucoup de millions sont dépensés à travers les organisations non-gouvernementales sans pourtant apporter des changements".

A la veille de l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle équipe, la communauté internationale, responsable de l'approche ONG, prêche un nouvel évangile, l'évangile du développement par et pour les haïtiens. Brusquement, les haïtiens seront en mesure de prendre en main leur propre destinée. Le ton a été donné le 6 avril dernier par M. Juan Manuel Santos Calderón, le président de la Colombie,lors de cette réunion spéciale sur Haïti du Conseil de Sécurité de l'ONU avec son fameux slogan d'introduction: "men anpil chaj pa lou". L'Union fait la Force: notre devise (ça fait trop intellectuel). A l'ONU également, on apprend vite et bien ses leçons. Le vocable "intellectuel", maudit depuis le 20 Mars ne fait plus recette.  A l'ONU donc, on veut parler désormais le langage de ce vieux bon peuple haïtien. Au cours de cette session, plus d'une quarantaine de délégués de pays amis se sont prononcés pour une autre orientation de l'aide internationale à Haïti.

A Caméra Mosaïque ce dimanche, notre invité sera notre compatriote Ronald Bernard, licencié en Relations Internationales de l'Académie Nationale Diplomatique et Consulaire (ANDC) d'Haïti qui poursuit ses études à Brandeis University dans l'Etat du Massachusetts. Il a prononcé tout récemment en compagnie de Angela Bruce-Raeburn de Oxfan-America une conférence sur l'Efficacité de l'aide internationale à Haïti après le 12 janvier 2010 à la faculté de droit de Suffolk University à Boston.

 

Infohaiti.net Tous Droits Reservés | cmosaique@aol.com (508) 498-0200 | midy2midy@aol.com (617) 470-1912 | Login

Site conçu et dessiné par : Yves Cajuste (Haitian Media Network)