À la veille de France-Uruguay, Didier Deschamps s'est présenté à la presse. Il évoque son futur adversaire, Blaise Matuidi, ses joueurs et les penaltys... Morceaux choisis.
Sur le profil de l'Uruguay
«Le profil de l'Uruguay est différent de celui de l'Argentine. De la patience, il en faudra certainement, mais pas uniquement ça. Cette équipe uruguayenne est très bien organisée défensivement, elle prend peu de buts. Ils sont très forts dans la transition offensive, avec beaucoup de verticalité et un joueur comme Bentancur qui accélère le jeu et deux grands attaquants. [...] C'est aussi un adversaire très fort sur coups de pied arrêtés. C'est un quart de finale de Coupe du monde, il faudra beaucoup de choses et l'adversaire est forcément de qualité.»

«Ressortir qu'une seule chose de cette équipe, c'est difficile. Mais ils savent défendre et tous ensemble. S'il y a besoin de dix joueurs en défense, ils savent le faire et ils aiment ça. Ils ont ça dans les gênes. Mais ils ne font pas que ça. Cette transition, avec un jeu vertical pour les attaquants... Cavani et Suarez ont une relation très bonne, ils se recherchent souvent, avec des positions très précises. Et Bentancur, repositionné, accélère avec et sans ballon. Ça a mis du liant lors des derniers matches à l'Uruguay.»

«Oscar Tabarez fait un travail remarquable. Il y a trois millions d'habitants en Uruguay, ça n'empêche pas d'avoir une équipe performante. Demi-finaliste en 2010, il est toujours là. Je n'irais pas jusqu'à de l'admiration mais beaucoup de respect pour ce qu'il a fait et ce qu'il continue de faire.»

Sur la préparation aux tirs au but

«Les joueurs, individuellement, tirent certains penaltys en fin de séance. Après, est-ce que c'est une manière de se préparer ? Certains sont habitués à les tirer en club. Mais vous pouvez être très bon à l'entraînement et vous retrouver en fin de match après 120 minutes dans un stade plein. Et là, le côté émotionnel ne sera jamais le même. Certains sont prédestinés à pouvoir tirer. Mais il y a des données physiques et psychologiques, j'en tiendrai compte. Et si vous voulez changer de gardien, c'est peut-être parce que vous estimez qu'Hugo Lloris ne peut pas arrêter de penalty sûrement ? J'ai un gardien qui va commencer et s'il n'y a pas de soucis, il jouera tout le match.»

Sur Edinson Cavani et Luis Suarez

«Je prépare mon équipe dans le cas de figure où il y a Cavani. Je saurais demain à une heure et demi du match. Mais s'il n'est pas là, Oscar Tabarez a d'autres options. Dont Stuani et Rodriguez, qui ont différents profils. Mais bien évidemment que l'Uruguay avec Cavani... C'est le top mondial, il fait un très bon début de compétition. Sans lui, ça ne changera pas le visage de l'Uruguay. Cavani, sa qualité est au-dessus de beaucoup d'attaquants. Stuani et Rodriguez ont des qualités, différentes, et je prépare mon équipe en fonction de cela.»

«Je suis très content qu'Antoine (Griezmann) soit français, mais lui et Suarez, c'est deux profils totalement différents. Suarez, c'est un pur attaquant, plus avant-centre que ne l'est Antoine. Je ne sais pas si Antoine a une partie d'Uruguay en lui-même mais ce qu'il a en lui, et c'est un plus, c'est ce don de soi, et le fait de faire beaucoup d'efforts, même sans ballon.»

Sur Gimenez, Godin et Griezmann, partenaires à l'Atlético

«Il y a l'avantage que Godin et Gimenez connaissent Antoine, mais Antoine les connaît aussi. Il connaît leurs points forts mais aussi leurs points faibles. Ils s'apprécient énormément. Il y aura énormément de respect, mais pendant 90 minutes, ils seront adversaires. Gimenez et Godin feront tout pour qu'il ne soit pas performant et Antoine cherchera, lui, à être décisif.»

Sur Kylian Mbappé

«Malgré tout ce qu'il fait de bien, il est encore dans l'apprentissage»

«C'est très bien ce qu'il a fait contre l'Argentine. Ça a mis plus de lumière sur ce qu'il est capable de faire et dans un tel match, ça a une caisse de résonance plus importante. Dès mardi, il s'est remis dans le groupe. Les Uruguayens savent de quoi il est capable et il faudra qu'il répète ce qu'il a fait au dernier match.»

«C'est vous qui faites que les joueurs sont des stars ou pas. Kylian s'est mis en valeur, c'est très bien, en ayant que 19 ans, et il a encore une marge de progression, dans le fait de pouvoir gérer ses moments-là aussi. Quand ça va bien, il faut éviter de se relâcher, se dire que la vie est belle et qu'il y a besoin de moins d'efforts. Mais Kylian est intelligent, à l'écoute. Il a aussi changé de galaxie entre Monaco et le PSG. Et malgré tout ce qu'il fait de bien, il est encore dans l'apprentissage. À cet âge-là, on apprend.»

Sur le remplacement de Blaise Matuidi

«J'ai d'autres profils, pas exactement celui de Blaise Matuidi. Ce n'est pas une réflexion poste pour poste, mais en fonction du système et de l'animation. Et Nabil Fekir, ce n'est pas vraiment le profil ni le poste de Blaise Matuidi. Mais il a ses qualités de percussion, d'élimination, de faire marquer, de marquer. Il n'a pas le volume de Blaise, mais pour ça, je ne vous apprends rien.»

Antoine Bourlon

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