Toutes les Nouvelles sur la Coupe du Monde de Football en Russie

Entre un Griezmann sous tension, un Deschamps qui joue gros, un quintuple Ballon d'Or capable de tout ou encore une toute autre Coupe du monde qui commence, retrouvez l'analyse de l’envoyé spécial de France Football en Russie avant le choc France-Argentine.

Les Bleus font tomber des records en Russie. Mais si, il y a quelques raisons de se réjouir ! Surtout chez les statisticiens. Pour l'histoire, Hugo Lloris confirmera sa place dans le club des cents face à l'Argentine (101 sélections) pour conforter sa place parmi les sept «centenaires» du football français avec Thuram, Henry, Desailly, Zidane, Vieira et Deschamps. Ce même DD va encore afficher son nom en haut d'une colonne. En dirigeant son 80e match sur le banc tricolore contre l'Albiceleste, le sélectionneur – nommé en juillet 2012 – deviendra l'entraîneur le plus capés des Bleus. Mais Deschamps n'a sans doute que faire de ces chiffres. «Ils font seulement plaisir», comme il dit. Sa carrière a surtout appelé les trophées. Son palmarès fait deux pages et toutes les colonnes sont bien remplies. Celle du joueur multi-titrés en France, en Italie, en Angleterre, en Europe et dans le monde. Celle de l'entraîneur de club avec Monaco, la Juventus Turin et l'OM. Mais R.A.S. pour le moment comme sélectionneur. Une place de finaliste (de l'Euro 2016) ne compte pas sur un CV. Deschamps ne pousse pas le vice jusqu'à l'écrire. Pas plus qu'une référence dans un top 8 même à la Coupe du monde 2014. Alors, une régression au pied du top 16 mondial en Russie serait vécue comme un sacré camouflet par «Dédé La Gagne». Surtout qu'il se présentait à sa deuxième Coupe du monde en patron avec une «génération exceptionnelle».

Ce huitième de finale contre l'Argentine est donc l'occasion de la révéler au monde entier. L'entrée en matière a été digne d'un épicier de quartier, à thésauriser ses points et ses buts comme on totalise ses centimes. Ce démarrage offre un bilan comptable de petits bras, une première place d'un groupe C plus que fade, avec des matches sans saveur dans le jeu et sans émotion devant sa télé ou en tribunes. Le fait marquant de ce premier tour restera les sifflets continus des 78 000 spectateurs d'un Loujniki frondeur dans la bouillie danoise de Moscou.

Deschamps, de la tension inhabituelle

L'Albiceleste a tout pour faire décoller les Bleus et les mettre sur l'orbite du jeu pour croire encore en cette deuxième étoile. C'est le bon moment de prendre de l'altitude pour éviter le crash du ridicule. Ce jeudi après-midi, DD l'a frôlé en délocalisant, au dernier moment, son entraînement du stade de Glebovets dans son camp de base bouclé à quatre tours. Il a fait un «râteau» à la presse parce qu'il est irrité de voir ses compositions d'équipe annoncées «48 heures» à l'avance. Une réaction synonyme de tension chez un homme habituellement plus sûr de ses forces.

Deschamps sait qu'un grand tournoi se gagne d'abord derrière.

Ce cache-cache file quand même un indice de taille. Pas besoin de répéter les gammes dans de bonnes conditions. L'équipe semble connue pour avoir déjà été alignée. Elle sent à plein nez celle qui a réussi la meilleure mi-temps des six périodes du premier tour. C'était la première face au Pérou (1-0). Ce 4-2-3-1 a offert plus de garanties en défense avec un bloc plus compact où les milieux excentrés n'ont pas rechigné à la tâche (Mbappé et Matuidi). L'Argentine n'est pas le Pérou mais DD semble avoir remisé - définitivement - les ambitions offensives de sa jeune classe au placard. Il sait qu'un grand tournoi se gagne d'abord derrière. Le système australien (4-3-3) est donc mort-né. Avoir une défense à un but encaissé (sur penalty face à l'Australie) peut rassurer quand la «Puce» va venir vous gratter le cuir.

Messi, celui qui peut tout faire basculer

Le facteur de ce match, côté argentin, sera ce fantastique Lionel Messi. Son patronyme peut offrir tous les jeux de mots, le quintuple Ballon d'Or France Football est bien le joueur qui peut tout faire basculer d'un côté ou de l'autre voire les deux à la fois comme un dieu du ballon. Les Argentins s'en sont remis à un de ses triplés en qualification de la zone Amsud face à l'Equateur dans l'ultime match. Il les a encore tirés d'affaire, mardi dernier, en ouvrant le score et la voie des huitièmes de finale face au Nigeria avec un enchainement et un but exceptionnel. Du Messi dans le geste.

«Messi ? Il est tellement imprévisible. Il a des qualités hors-normes. On va essayer de le stopper comme on peut.»

Mais avec Samuel Umtiti, son coéquipier au Barça, Raphaël Varane, quatre fois champion d'Europe avec le Real Madrid, et Lucas Hernandez, élevé à la «Grinta» par l'Argentin Diego Simeone à l'Atlético Madrid, les Bleus disposent de trois défenseurs de Liga qui connaissent parfaitement bien la «Pulga». «Lionel a une touche technique comme personne, prévient son partenaire barcelonais. Il ne fait pas de passement de jambes mais avec un crochet ou un double contact, il peut éliminer n'importe qui en un éclair. Moi qui le côtoie tous les jours, je vous assure que c'est très compliqué de l'arrêter. Il est tellement imprévisible. Il a des qualités hors-normes. On va essayer de le stopper comme on peut.»

Griezmann, pour penser au Ballon d'Or

Chez les Bleus, Antoine Griezmann doit se réveiller pour soutenir le match de deux monstres sacrés de la Liga. La star de l'Atlético va se retrouver au centre d'une rencontre en mondiovision entre le vice-champion du monde et celui d'Europe. Maintenant que l'Allemagne est à la maison, c'est presque une finale avant la lettre... sur le papier. Mais si, le «Grizou» de fin de saison en Espagne, le meilleur joueur de la finale de la C3 contre l'OM (3-0), peut soutenir la thèse de la montée en puissance comme à l'Euro 2016 où il avait explosé avec les matches couperet et le couteau sous la gorge. L'affiche fait saliver autant que le duel à distance Messi-Griezmann. Le troisième du Ballon d'Or FF 2016 doit sortir par le haut de ces matches de légende pour briguer le plus prestigieux trophée. Il a une carte à jouer. Gagner serait éliminer Messi de la course. Après, il y aura peut-être Cristiano Ronaldo en quarts pour faire un strike. L'Egyptien Salah est déjà devant son poste au Caire. La solution, pour lui et les Bleus, passera par un parcours digne d'un potentiel champion du monde. Il y a peut-être du 2006 en 2018. Un parcours difficile en poules avant un envol enthousiasmant contre l'Espagne, le Brésil et le Portugal jusqu'à la finale face à l'Italie qu'on connaît. Les joueurs avaient alors beaucoup plus d'expérience et d'épaisseur (Zidane, Barthez, Makelele, Vieira, Henry...) et ils avaient pris les clés du camion à Domenech pour éviter le mur de Berlin. Deschamps conduit encore un bus de gamins en Russie. «N'oubliez pas que quatorze joueurs n'étaient pas à l'Euro, que cinq ont fait leur premier match de Coupe du monde face à l'Australie et autant contre le Danemark, rappelait-il, ce vendredi, à Kazan. Cela amène de l'indulgence. Il ne faut pas se tenir à l'impression laissée en phase de poules pour la plupart des équipes. Ce constat vaut aussi pour l'Argentine. Ca passe ou ça casse. Il n'y a plus le choix.»

«Une autre compétition commence»

Les Bleus ont désormais la sélection la plus jeune des huitièmes (26 ans de moyenne d'âge). Mais c'est DD qui a choisi tous ses joueurs. «Une autre compétition commence», comme le dit encore le sélectionneur. Il y a des raisons d'espérer : en un Hugo Lloris retrouver, un bloc défensif qui tient la route, une paire Kanté-Pogba de haut vol et un Mbappé que le monde nous envie et désormais le plus jeune joueur de ce Mondial et buteur français en Coupe du monde. «Grizou» peut faire un coup. La révolte doit gronder à Kazan, sur cette terre révolutionnaire du Tatarstan. Ces matches inspirent la crainte. Les Bleus de DD ont déjà montré qu'ils n'avaient pas la peur du vide comme en barrages, à l'automne 2013, face à l'Ukraine (0-2 ; 3-0). Sinon, dès lundi, ils seront déjà à la plage, à Dubaï, Bali, St Trop' ou Ibiza, à noyer des regrets éternels dans les cocktails. Moins sexy, on préfère plutôt les attendre du côté de Nijni Novgorod. Ça sentirait moins les cocotiers mais un peu plus un début d'épopée.

 

François Verdenet, à Kazan

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