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Catégorie : Sports
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Dr Yves Jean-Bart, président de la FHF

À trois jours de la réception du Costa Rica et à huit jours du déplacement contre la Jamaïque dans le cadre des éliminatoires du Mondial Russie 2018, le président de la Fédération haïtienne de football (FHF) présente l’état lamentable que rencontre sa fédération pour honorer ces deux rendez-vous. Ce 2 septembre, la Sélection nationale senior doit rencontrer au stade Sylvio Cator, le Costa Rica et le 6 septembre, elle doit se rendre à Kingston pour disputer son dernier match des éliminatoires du Mondial Russie 2018 contre la Jamaïque. Mais pour honorer ces deux rendez-vous la Fédération haïtienne de football (FHF) serait dans l’impossibilité de couvrir les dépenses parce qu’elle n’a pas les moyens financiers, selon les dires du docteur Yves Jean-Bart, président de la Fédération haïtienne de football (FHF).  

Le numéro un du football haïtien a énuméré les différentes dépenses que sa fédération a besoin pour accueillir le Costa Rica avec ses supporteurs et pour faire le déplacement à Kingston pour se mesurer à la Jamaïque tout en mentionnant les démarches sans aucun succès qu’il a fait auprès des dirigeants étatiques du pays ainsi qu’aux instances régionale et mondiale du football.     

« Nous avons pris du retard dans la publication de la pré-liste en raison de gros problèmes financiers auxquels nous faisons face avant ces deux matches de Coupe du monde. Le Costa Rica viendra en Haïti accompagné de 2 000 supporters et près de 50 journalistes qui viendront pour le match mais aussi pour faire des reportages sur le pays et autour du football haïtien dont le retour au 1er plan suscite de l'intérêt en Amérique centrale. Nous avons donc des problèmes énormes pour faire face aux dépenses liées à ces deux matches. Par exemple, il nous faut 35 000 dollars de billets pour faire venir les joueurs expatriés, 30 000 dollars pour payer les frais d'hôtel de l'équipe en Haïti, 15 000 dollars pour payer le séjour des officiels de la Fifa, 15 000 dollars pour payer le charter du voyage à Kingston pour le match du 6 septembre. Il nous faut encore 35 000 dollars pour payer hôtel et séjour à Kingston. À cela il faut ajouter les primes individuelles aux joueurs », a fait savoir Yves Jean-Bart tout en précisant les autres difficultés que sa Fédération rencontre.

«  L'organisation du tournoi de Coupe du monde U-20 en Haïti début juillet dernier, notre couteux voyage aux Îles Caïmans avec les U17. Le déplacement de nos filles U-15 à Orlando dernièrement. Les lourds frais d'organisation des championnats nationaux chaque semaine, le fonctionnement de notre Centre de formation et de l'école primaire/secondaire "CAMP NOUS" avec  près de 40 enseignants et presque 400 jeunes talents en formation  de haut niveau et en pension  complète toute l'année, tout cela avec pour seul sponsor notre  équipementier SAETA, la baisse drastique des recettes de matches sont ces facteurs qui nous mettent en grande difficulté, car plus vous franchissez des tours de championnats dans des compétitions internationales, plus vous avez donc des dépenses et ajouté à cela l'appauvrissement général du pays aggravent donc la crise », a-t-il présenté.

Des correspondances sans issues

Suite à ces difficultés économiques, le président de la FHF a fait savoir qu’il a écrit plusieurs correspondances aux instances régionale et mondiale du football afin de trouver des moyens financiers pour permettre à la Sélection nationale de jouer ses deux derniers matches éliminatoires. « Nous avons écrit à la Concacaf mais c'est plusieurs fois que nous sollicitons leur aide en urgence. Difficile d'espérer de cette démarche. La Fifa n’a pas répondu non plus parce qu’elle est occupée à mettre en place les nouveaux mécanismes assistance aux associations nationales », a-t-il relaté tout en mentionnant qu’il a également écrit au président de la République pour lui signaler les dangers qu’encourent le football haïtien. 

« À côté de la Fifa et de la Concacaf, nous avons surtout écrit au Chef de l'État pour lui signaler la gravité de la situation et des risques de voir le football banni et perdre les gros  acquis de ces dix dernières années au  cours desquelles nous sommes devenus avec la Jamaïque les deux plus grosses nations de la Caraïbe nous hissant même à la hauteur des 5 à 6 nations de tête sur les 42 de la Concacaf », a-t-il indiqué.

Des démarches pour trouver la tranche de subvention de 13 000 000 gourdes

À part les deux matches éliminatoires, Haïti a plusieurs échéances à honorer. Mais le docteur Jean-Bart a profité de l’occasion pour lancer un appel au gouvernement Privert/Jean-Charles pour solliciter la tranche de subvention de 13 000 000 gourdes que l’ancien pouvoir avait octroyé au football tout en rappelant que les péripéties et l’aide que sa Fédération avait reçu lors de la rencontre face au Panama lors des éliminatoires du Mondial 2018 en mars dernier.

« Déjà en mars avant Panama vs Haïti c'est un ami qui nous avait dépanné par un prêt avant que le président Privert ne vole à notre secours pour compléter le budget de ce 3e tour. Nous avons écrit au ministre des Sports et au ministre des finances pour essayer d’avoir le décaissement de la tranche de subvention de 13 000 000 de gourdes  que l'État s'était engagé suivant un accord agréé par la Cour des Comptes. Cela fait plus de deux mois depuis qu’on a relancé la démarche et on attend depuis. Cette somme budgétaire nous permettrait d'apporter une bouffée d'oxygène aux clubs qui font une mission difficile de distraction, de loisirs bon marché, d’apaisement social et d’épanouissement des jeunes en exclusion dans leur pays. Des activités qui se développent dans des conditions très précaires et du coup répondre aux engagements internationaux comme la U-17 qui doit aller dans trois semaines à Trinidad pour la Coupe du monde Fifa, la U-20 qui  se rend dans six semaines à Curaçao et la sélection A qui après ces deux matches de Coupe du monde reçoit pour la Gold Cup le 5 octobre à Port-au-Prince et voyage à St Kitts-et-Nevis le 9 octobre », a-t-il informé tout en en concluant qu’il a bon espoir que le gouvernement réagira car ce serait un scandale mondial que de voir une équipe encore en course pour la Coupe du monde abandonner ainsi.

Gérald Bordes