PedroDès que Pedro a devancé Evra pour marquer à la 58e minute l’unique but de France VS Espagne à Saint Denis sur un centre court de Monreal, les joueurs français ont paru se délier de toute obligation d’obséquiosité vis-à-vis du champion du monde et d’Europe, comme de la discipline tactique rigoureusement défensive mise en place par Deschamps et appliquée par eux comme des enfants de chœur en cérémonie pascale.

PedroDès que Pedro a devancé Evra pour marquer à la 58e minute l’unique but de France VS Espagne à Saint Denis sur un centre court de Monreal, les joueurs français ont paru se délier de toute obligation d’obséquiosité vis-à-vis du champion du monde et d’Europe, comme de la discipline tactique rigoureusement défensive mise en place par Deschamps et appliquée par eux comme des enfants de chœur en cérémonie pascale.

Ce nouvel état d’esprit irrévérencieux troubla la paisible organisation espagnole tournée autour du trio médian Alonso-Busquets-Xavi renforcé par le singleton toujours déstabilisant Iniesta. Le bloc français s’étant jugé auparavant incapable ou, reconnaissant trop dangereux en cas d’une défaillance, de rivaliser avec les Espagnols dans la récupération haute du ballon, avait préféré en effet bien se placer dans ses 40 mètres défensifs, obligeant souvent les Espagnols à varier leur méthode d’approche devenue légendaire du tiki-taka ou la multiplication de la passe courte, par quelques passes longues et profondes vers David Villa en perdition dans la cage formée par Matuidi - Pogba, demis défensifs axiaux, et Koscielny – Varane, arrières centraux.

On aura aussi observé que le repli programmé des Français dans leur 40 mètres défensifs, avait dessiné un vrai 4-5-1, Benzema étant l’unique pointe, et, en lisant de la gauche vers la droite comme on lit dans notre système d’écriture français ou ayisyen, on voyait alignés légèrement en courbe, Valbuena, Cabaye, Pogba, Matuidi, Ribéry. La dernière ligne était animée par Jallet, Koscielny, Varane et Evra. À cela, il n’y avait pas seulement le plan défensif des Français; la qualité technique super aiguisée des Espagnols y était aussi pour quelque chose. Impossible alors de ne pas s’étonner agréablement de ces échanges courts, forcément rapides, dans les interstices de la denture française. Espagne-Barcelone, même credo, mais aussi même crise, ou presque. On se rappelle que lors des deux matchs perdus contre le Real et le troisième contre Milan, Barcelone avait toujours conservé son avantage de la possession de balle, sans parvenir cependant à cadrer un seul tir, notamment contre Milan. L’Espagne, contre la France, malgré un joli centre en retrait de Monreal pour Xavi dans les six mètres en début de match, ne marque pas assez de buts, surtout si on cale l’analyse sur sa possession de balle outrageuse (79% en 1e mi-temps). Et il n’a échappé à personne que Valdes est le meilleur Espagnol de la rencontre. C’est dire que dans le jeu la fécondité tendait vers la France qui a tiré 15 fois au but dont ce tête-à-tête Valdes-Ribéry qui vit le Français tirer sur l’Espagnol. On enregistra seulement 9 tirs espagnols.

Le meilleur Français était Paul Pogba, médian défensif. Pas étonnant, car le plan français visait le point du nul sans évidemment cracher sur une victoire possible. Le jeune Turinois contra, pressa, ratissa, relança, comme à la 74e minute quand Valbuena bénéficia d’une de ses passes et força le corner sur lequel Varane rata de peu le but. Son expulsion, justifiée, contraria la machine française dans sa bifurcation tactique d’oser avancer son bloc, mais ne l’en empêcha point. Par exemple, sur une passe de Sissoko, Ribéry sut éviter Busquets pour tirer des 20 mètres au ras du sol mais à une vingtaine de centimètres du poteau droit de Valdes. L’audace française poussait Arbeloa à la faute répétée. A la 86e minute, c’est Menez entré à la place de Cabaye, que le Madrilène retint par le bras. Le coup franc de Valbuena trouva la tête d’Evra détournée par réflexe, et miraculeusement, par le bras gauche de Valdes.

Faut-il rappeler que tout cela se passait alors que la France avait perdu son meilleur élément expulsé depuis la 75e minute? Les deux coaches jouèrent leur rôle avec intelligence. Deschamps donna du punch et de la profondeur à son équipe par les remplacements de Cabaye et Benzema respectivement par Menez et Sissoko; Del Bosque, Villa par Navas, et Pedro par Fabregas. Le moustachu espagnol se donna plus d’air en faisant entrer son petit ailier sévillan qui causa du souci à Evra et permit du coup à son équipe de provoquer de l’impatience dans le camp adverse qui trouvait bien courtes les trois minutes de temps additionnel accordées par l’arbitre.

Le score en resta au 1-0 de Pedro acquis depuis la 58e minute. Faisons un petit compte : 1-1 contre la France à l’aller, 1-1 contre la Finlande quatre jours avant ce 1-0  qui le replace à la tête de son groupe éliminatoire de Coupe du monde. Voilà, trois misérables petits buts en trois matchs pour une équipe qui passe en moyenne 70% du temps de match dans la moitié de terrain adverse. Peut-être que l’inquiétude espagnole incitera à la réflexion sur l’efficacité du jeu posé à l’hispano-barcelonaise sans un tueur de la race de Messi. Ah, lui qui complète si admirablement le jeu des Xavi, Iniesta, Busquets ! Il n’était pas en forme durant les trois défaites de Barcelone suscitées, et mardi, il souffrait au haut des 3650 mètres de la Paz, Bolivie, avec son équipe d’Argentine utérine (1-1) qu’il avait préférée il y a neuf ans à celle qui voulait l’adopter à bon droit, l’Espagne. 

Patrice Dumont

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.         

Infohaiti.net Tous Droits Reservés | cmosaique@aol.com (508) 498-0200 | midy2midy@aol.com (617) 470-1912 | Login

Site conçu et dessiné par : Yves Cajuste (Haitian Media Network)