La Sélection Nationale de football des moins de 20 ans aurait pu terminer son match éliminatoire de Coupe du monde contre les USA ce 18 février à Puebla, Mexique, mieux que par cette défaite 1-2, si on considère à la fois les niveaux de jeu offerts par les deux protagonistes et les occasions créées.
Le début de match tonitruant des jeunes Américains n’avait pas trouvé une réponse proportionnelle des Haïtiens, comme souvent, bloqués plus par un complexe d’infériorité que par des faiblesses techniques, physiques ou tactiques.

La Sélection Nationale de football des moins de 20 ans aurait pu terminer son match éliminatoire de Coupe du monde contre les USA ce 18 février à Puebla, Mexique, mieux que par cette défaite 1-2, si on considère à la fois les niveaux de jeu offerts par les deux protagonistes et les occasions créées.
Le début de match tonitruant des jeunes Américains n’avait pas trouvé une réponse proportionnelle des Haïtiens, comme souvent, bloqués plus par un complexe d’infériorité que par des faiblesses techniques, physiques ou tactiques.
L’adversaire se jeta en effet sur le ballon avec une vitesse de fauve, et c’est par l’intermédiaire de son meilleur élément, l’ailier gauche Daniel Cuevas, qu’il provoqua un penalty transformé sans coup férir dès la 5e minute. À la 25e , le même Cuevas mit à profit un centre parti du côté droit de l’attaque américaine par un violent tir du gauche après la réception du ballon au deuxième poteau, ce que ne pouvait faire l’attaquant de pointe surpris par la hauteur et la vitesse du ballon (2-0).

Ce fut une contre-attaque orchestrée à la suite d’une attaque placée haïtienne, techniquement appréciable mais lestée d’une certaine lenteur, donc de prévisibilité, d’autant plus que les passes de rupture d’Esso, Horat, ou Maurice, étaient manifestement téléphonées. Et pourtant, au fil des minutes, s’est formée dans les esprits la conviction que les Haïtiens sont supérieurs aux Américains. Les échanges haïtiens sont plus longuement construits, et les fautes techniques individuelles moins fréquentes chez les camarades de Maurice, le meilleur homme de l’après-midi. Si Walberne Augusma et Esso Amicy Joseph s’expriment avec moins d’aisance que d’habitude, Horat prend de l’initiative par des passes profondes et des tirs audacieux. Jean Dany Marice, sur son côté gauche, ne perd pratiquement jamais le ballon. Le coup était jouable. La grande faiblesse à corriger : un manque flagrant de tonicité sur le flanc gauche où pourtant rayonnait Jean Dany Maurice. Les décalages réalisés sur ce bord n’étaient pas suivis de combinaisons tranchantes. Nous agissions comme si nous devions attendre que les Américains aient le temps de se replacer.  

Le grand paradoxe de ce match aura été qu’Haïti a laissé s’aggraver son déficit au score quand il commençait à montrer que son niveau de jeu n’était point inférieur à celui de son homologue, et ce à tous points de vue, sauf peut-être de la psychologie. Car, depuis fort longtemps, pour la première fois, il était clair que les Américains n’étaient pas plus puissants que les Haïtiens. Notre faiblesse en balle aérienne paraissait peu, et personne ne serait assez fou pour s’imaginer un instant que les deux latéraux américains, Boy Okwonu et Javan Torre, pourraient trouver place dans l’équipe haïtienne tant ils parurent faibles techniquement et peu engageants sur le plan athlétique. Leurs camarades Stanko, O’Neill, Rodriguez, Trapp, Gil, Joya, Villareal, moins maladroits techniquement, ne savaient point exploiter nos  fautes directes. Okwonu du côté droit de la défense américaine et Evens Saint Jean dans la même position devant le but d’Elusma exposaient leurs faiblesses. Mais si les Américains comptaient sur Cuevas pour exploiter les nôtres, Estama, Alexandre ou Johnley Chéry marmottaient leur football. Maurice hésitait trop à provoquer, donc à passer au mode de la percussion.

Le banc haïtien avait peut-être lu les deux situations curieusement identiques du match : les deux meilleurs joueurs, chacun dans une équipe, jouent à gauche, Daniel Cuevas et Jean Dany Maurice; les deux plus faibles - et ce n’est pas seulement parce qu’ils avaient fort à faire – Okwonu et Saint Jean, occupaient le poste d’arrière droit. Dès la reprise, le latéral gauche du Valencia de Léogâne fut autorisé à se délier de sa dose de prudence. A la 49e minute, il transforma Okwonu en éther et tira dans un angle fermé avec une telle puissance qu’on eût cru que ses jambes d’apparence si frêle étaient des barres d’acier actionnées par un moteur de millions de chevaux-vapeur, et que la vaine détente de Cropper était plus un sursaut sous l’effet d’une bombe qu’une réaction pleinement consciente (1-2).

Les Haïtiens prirent le match en main. Ils forcèrent à l’approximation les Américains qui bottaient en corner à tout bout de champ, y compris par leur gardien qui a failli se faire surprendre sur une balle en lob. Tour à tour, Chéry, Joseph, et même Maurice, furent tout près d’inscrire le but du 2-2. En même temps, reconnaissons-le, Voltaire avait fauché Cuevas en plein 16, 50 mètres sur une action de 3-1, et Élusma, notre portier, colmatait les brèches sans qu’on eût la sensation d’un réveil américain réel. De fait, était possible le 3-1 parce qu’Haïti poussait inconsidérément. L’était tout aussi le 2-2, voire le 3-2, tant la maîtrise du match fut nôtre dans le désordre tactique qui caractérisa le combat durant les 25 dernières minutes. Les deux équipes s’étaient étirées, les Américains à cause de la débauche d’énergie en 1e mi-temps, les Haïtiens parce que mobilisés entièrement par la nécessité de chercher l’égalisation face à un adversaire dont on peut tout dire, sauf qu’il est est supérieur à nos compatriotes. Le 1-2 demeura jusqu’au coup de sifflet de l’arbitre panaméen Japhet Perea.

Dans un groupe de 3 où deux équipes iront en quart de finale, une défaite d’une différence d’un but n’enraie point les espoirs si on peut obtenir au moins un nul face au prochain adversaire, le Costa-Rica en cette occurrence dès ce mercredi. Au-delà de leurs qualités intrinsèques que nous évaluerons ce mercredi, l’avantage des Ticos réside dans le calendrier qui les place au dernier match du groupe contre les Américains. Non seulement ils seront plus frais que les Haïtiens, mais encore eux et les Américains sauront ce qui manque à leur qualification. Autant dire que le mieux est de gagner la prochaine fois, ce qui, en cas de victoire costaricaine audit dernier match, fera la différence aux buts marqués et encaissés, ou même au tirage au sort si les trois matchs se terminent par une victoire 2-1 de chacune des trois équipes.          

Patrice Dumont

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