NeymarNeymar n’a pas encore le taux d’efficacité de Messi, ni son niveau de dangerosité. Entendez par là, d’une part, la capacité de marquer des buts à tout moment du match et en des situations de jeu aussi diverses que difficiles et celle non moins importante de déstabiliser l’adversaire par un, deux, trois dribbles, voire plus, consécutifs et profonds, ou des passes aiguisées dans le sens de la demande du partenaire dans des intervalles compliqués à force d’être réduits et doublés, ou sur la tête de défenseurs, pourtant bien placés, grâce à des ballons hyperboliques.

NeymarNeymar n’a pas encore le taux d’efficacité de Messi, ni son niveau de dangerosité. Entendez par là, d’une part, la capacité de marquer des buts à tout moment du match et en des situations de jeu aussi diverses que difficiles et celle non moins importante de déstabiliser l’adversaire par un, deux, trois dribbles, voire plus, consécutifs et profonds, ou des passes aiguisées dans le sens de la demande du partenaire dans des intervalles compliqués à force d’être réduits et doublés, ou sur la tête de défenseurs, pourtant bien placés, grâce à des ballons hyperboliques.
Faire état de ces éléments que répète chaque semaine l’Argentin de Barcelone en relation avec le jeu de Neymar implique qu’ils font aussi partie de la panoplie du Brésilien de Santos, mais dans un dosage moins concentré et une fréquence moins élevée.

En revanche, en ce qui a trait à la variété des formes d’apprivoisement du ballon, et de sa transformation en objet de prestidigitation, donc de la faculté de produire l’étonnement, futile souvent, utile parfois, mais toujours classe, Neymar prend place parmi les artistes les plus réputés, de Garrincha à Zidane, de Jay Jay Okocha à Ronaldinho. Sa panoplie de prestidigitateur est tout aussi riche d’éléments rivelinesques ou romariesques.

Plaire au public en se plaisant exige  beaucoup de pied qu’on acquiert sur les terrains vagues lors de matchs interminables, entraînements personnels de jongleries, répétitions des morceaux de maîtres et de ceux que son esprit artistique invente à affiner sans cesse lors de concours entre potes du quartier. À ce compte, a-t-on le droit de rétorquer, tous les terrains d’Afrique, d’Amérique latine et des Caraïbes pulluleraient de virtuoses du genre des pratiquants de Street ball capables de jongler avec le ballon du talon, couché, du dos etc. Ce sont des virtuoses du ballon, pas du football. Et un virtuose du football a non seulement des pieds habiles mais aussi un corps et des jambes aussi toniques que souples. C’est Neymar la gazelle.

De Zidane, Neymar a la souplesse ligamentaire exceptionnelle des genoux et des chevilles. Il peut donc comme le Français allonger les jambes, les raccourcir, obtenir un angle de 90 degrés avec la jambe et le pied tourné vers l’extérieur pour un dribble ou une passe improbables, une semelle, deux consécutives suivies d’un râteau; un double, triple, quadruple passement de jambes. Il se détend en déséquilibre apparent, amortit quand même de la poitrine et retombe en équilibre, possesseur de son ballon.

De Garrincha, il a hérité le coup de rein de la feinte démarrage -  frein – redémarrage. Comme la légende de Botafogo, il raffole hypnotiser un défenseur. Ça peut durer dix longues secondes au cours desquelles les 20 autres joueurs sont littéralement spectateurs du dresseur et du cobra. Quand celui-ci tente de piquer…le ballon, celui-là se projette vers l’avant et sur un côté, le ballon collé au pied. Et les dribbles s’enchaînent.

De Ronaldinho, Neymar a le sens du geste original, d’essence récréative, à objectif utile. C’est le déhanchement du Gaucho qui précède un pointu pour marquer contre Milan avec Barcelone en Ligue des Champions. C’est le tunnel-goal, donc entre les jambes d’un défenseur, que réalise samedi dernier Neymar contre Sao Bernardo en compétition brésilienne.

 Un défenseur de  Fluminense a goûté mercredi soir à un numéro inédit du virtuose.

En cette occurrence, Neymar atteint un niveau de ludisme inaccessible dans une activité aussi sérieuse qu’un match de football professionnel. Faisons comme si nous sommes au stade. Que voyons-nous? Neymar a exécuté un corner côté droit ; un mauvais dégagement dirige le ballon vers lui en même temps qu’un défenseur se précipite sur lui. A la chute du ballon, le défenseur est à 1, 50 mètre du prodige ; on s’attend à un contrôle et un enchaînement en dribble, mais non, la semelle droite fait rebondir le ballon sur la pelouse devant le défenseur lobé sur le coup : un sombrero somptueux mais surtout inédit. 

De Jay Jay Okocha. Neymar a le sens inne du geste impossible. Que dites-vous d'une pelle pour un sombrero avec un ballon  a peine mouvant"?  Et cet art du contrepied : translation du ballon par le pied droit derrière le gauche, suivi non d’un contrôle de l’extérieur du gauche comme le font les plus grands maîtres dans ce domaine, mais d’un blocage de la semelle déconcertant et un râteau médusant, clef d’un boulevard au cœur du milieu adverse.

Rivelino est son grand-père et Ronaldinho son père par le dribble du flip-flap ou l’élastique. Et en Romario, si on peut se rappeler le double chapeau à Brown taillé en finale de Copa America 1989, on comprendra ceux de Neymar dont se coiffent régulièrement ses adversaires.  

Le garçon n’a que 21 ans. Le  risque n’est pas trop grand de croire qu’il ne sera jamais aussi « tueur » que Messi. Celui-ci, son aîné de quatre ans, lui cèdera peut-être un jour le sceptre mondial avec moins de titres individuels, mais le bon peuple du football ne se plaindra pas de s’ennuyer d’un virtuose dont le répertoire semble infini.

Patrice Dumont

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.   

  

Infohaiti.net Tous Droits Reservés | cmosaique@aol.com (508) 498-0200 | midy2midy@aol.com (617) 470-1912 | Login

Site conçu et dessiné par : Yves Cajuste (Haitian Media Network)