À deux journée de la fin du Championnat national, le Valencia de Léogane est sacré champion grâce à sa victoire 0-1 remportée à Port-au-Prince dimanche soir aux dépens de l’Aigle Noir.
Depuis l’été de 1972 qui a vu la fondation du Valencia de Léogane par les René Antoine, To Coimin, Rodrigue Rousseau et autres Ducarmel Dorélien, que de déboires ce club a endurés avant ce sacre.

À deux journée de la fin du Championnat national, le Valencia de Léogane est sacré champion grâce à sa victoire 0-1 remportée à Port-au-Prince dimanche soir aux dépens de l’Aigle Noir.

Depuis l’été de 1972 qui a vu la fondation du Valencia de Léogane par les René Antoine, To Coimin, Rodrigue Rousseau et autres Ducarmel Dorélien, que de déboires ce club a endurés avant ce sacre. Les nombreuses descentes en Division 2 et leur lot de problèmes économiques, de désaffection populaire, de fuite des joueurs de valeur, ont validé ce vieil adage, idoine dans le cas du Valencia : « ce qui ne tue pas renforce ».

On en a eu une idée au stade Sylvio Cator verdi par les drapeaux, maillots, ballons de baudruche portés exhibés, arborés par les quelques 1000 fans léogânais qui ont défié le temps pluvieux et son passage mortifère de Carrefour à Mariani pour, en pèlerin pieux et fidèle,  occuper Sylvio Cator, antre habituel de l’Aigle minoritaire chez lui donc, une fin de saison calamiteuse, sans conséquence cependant sur le maintien en division supérieure, étant toujours refroidissante. Le blanc accompagnateur du vert, qui aurait été noir si c’était du fait de l’Aigle Noir, a donc parlé aux fans neutres sur l’identité des auteurs  de l’animation à l’entrée Nord-Ouest du stade. Un point suffisait au bonheur des Valencistes. Ils en prirent trois, et le titre avec.

Les premières minutes du match témoignent de la volonté de jeu au sol si vanté par les fans durant toute la saison. De la ligne arrière d’où commence tout, Montrévil le portier a su évaluer les phases de relance courte ou longue.

Longue, Valencia avait en Amy un attaquant qui dialoguait souvent avec succès avec les Gaye pay, Paulin Jean, Diego Andréis. Et Géraldy Joseph ou Mèmèy souvent présents sur les deuxièmes balles, complétaient l’exercice de possession de balle.

Courte, Capois, petit mais expérimenté et technique, la relaie avec précision vers ses latéraux Mentor, en progrès technique, ou Giordani aussi fin par le corps que par la technique, une incarnation de Xavier Célestin, l’ancien arrière gauche de la deuxième moitié des années 70 du Zénith et du Violette, voire Makenzie Duverger, athlète massif, pas connu pour sa fluidité technique  mais pour sa rudesse.

Pourtant à la 88e minute, l’ancien défenseur de Tempête a été capable d’adresser une passe précise de 25 mètres, dans la verticalité, vers Walson Augustin, lui-même cuistot d’une déviation prête à consommer par Géraldy Joseph opportuniste des largesses de Hérode, trop gourmand dans ses montées offensives, pour se diriger vers la ligne de fond et centrer tendu au profit d’André Amy accouru dans les six mètres paniquer Jonas Désiré. Sur la reprise d’Amy, le portier de l’Aigle s’est mêlé les doigts en y mettant tant d’ardeur qu’à la stupéfaction des fans et de ses partenaires, le ballon franchit la ligne de but et Sylvio Cator vit les espoirs de Valencia se transformer en bonheur intégral. Aznavour chantait au stade « Bon Anniversaire ». Et le millier de Léogânais présents applaudirent pour 20 000.

Il ne restait plus que deux tours d’aiguille de secondes à jouer. Il arrive que l’ivresse de la victoire embrouille les esprits jusqu’à rendre mirage des scènes pourtant bien vivantes. Comme la bataille technique livrée  par Baptiste, Desrosiers, Wedson « Suker» Anselme du côté de l’Aigle ; Choupy Alliance, Géraldy Joseph, Harold Sanon du côté des Léoganais. Du côté de l’Aigle, Desrosiers, surnommé Dunga, trébucha plusieurs fois inexplicablement, mais quel sens du jeu de milieu défensif! Ronald Baptiste, à ses côtés, sait qu’il ne sait pas courir : donc il réceptionne et passe avec justesse, veille à son placement, colmate les brèches autant que possible. Suker, on ne le présente plus : une allure classieuse de maestro, deux passes perforantes au dosage de pharmacien expérimenté pour Richie, le petit attaquant râblé venu de Carrefour, qui n’a su quoi faire de tels trésors. Chez les champions, Harold Sanon met en exergue ce qu’on ne voit pas : une sobriété imperturbable, garantie de précision dans les passes, de la générosité dans l’effort, de la justesse dans l’orientation du jeu ; Géraldy Joseph semble souffrir de super activité qu’il met au service d’un pied gauche enjoué; Choupy Alliance a appris à discipliner son jeu avec l’âge : sa technique de passe s’en trouve bonifiée.

Dans ces conditions, Gabeau, Emerson Mèmèy Michel, et sa feinte du « Coup du sabot »  et  André Amy sont servis en bons ballons, mais les tirs ne sont pas aussi précis que les combinaisons, et les trois arrières centraux du Bel-Air, Diego Andréis, Gaye pay et le capitaine Paulin Jean, au sommet de son art défensif, celui-ci, font bonne garde. Les gâchis de Richie  déjà mentionnés, intéressant d’observer les progrès techniques de l’avant-centre junior de l’Aigle Johnley Chéry.

Sur le plan tactique, l’Aigle a souffert de l’incapacité de ses latéraux, Hérode et Stanley Jean à trouver le dos de Mentor et Giordani alors qu’ils se portaient en attaque sans arrêt. Du coup, son 5-3-2 était enrhumé tandis que les demis-ailiers du Valencia, Gabeau, Augustin le remplaçant de celui-ci, et Mèmèy, ont pu trouver les intervalles et combiner dans la zone de vérité. L’inefficacité de Richie, attaquant de l’Aigle, malgré les bons ballons dont il a hérité, a simplifié les problèmes du Valencia, car il a paru que le jeune Robenson Valciné entré à la place de Richie a les qualités, certainement pas l’expérience, pour mener le jeu, ce qui avait permis à Wedson Suker Anselme de passer en pointe, ce qui aurait aussi poser un peu plus de soucis à l’arrière-garde valenciste.

Dans l’ensemble, il a manqué de la vitesse au jeu. Ce déficit pourrait laisser croire que les joueurs revenaient épuisés d’un long effort physique. Et légitime est cette question : à un rythme plus élevé, les qualités techniques individuelles exposées dimanche soir peuvent-elles s’exprimer de manière aussi nette ?

De toute façon, le Valencia de Léogâne n’en a cure. Un titre national dans la besace, un deuxième pour la ville après celui de 2008 du voisin honni, le Cavaly. Quand on ajoute l’Interrégional de 1981, c’est plus dans les proportions d’une ville de tradition footeuse qui va trouver dans la vaillance et la technique du Valencia une autre source d’inspiration dans la lutte de reconstruction engagée depuis cette trop triste fin d’après-midi du 12 janvier 2010.

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