José Mourinho semble avoir trouvé l’équilibre nécessaire entre les ingrédients qui concourent à la construction d’une grande équipe de football. Dimanche, après tant d’autres, sous le soleil de midi madrilène Osasuna en a fait l’amère expérience : 7-1 à la fin du match.

José Mourinho semble avoir trouvé l’équilibre nécessaire entre les ingrédients qui concourent à la construction d’une grande équipe de football. Dimanche, après tant d’autres, sous le soleil de midi madrilène Osasuna en a fait l’amère expérience : 7-1 à la fin du match.

D’abord, c’est évident, le travail technique a trouvé plus de place à l’entraînement. La vitesse des échanges n’entraîne pas de cafouillage dans les travaux d’approche comme c’était le cas il y a un an. On sait que le meilleur footballeur du monde se doit de faire ses gammes techniques tous les jours, individuellement et collectivement, sur espace limité qui reproduit les conditions réelles de jeu. Stratège et tacticien obstiné, pas étonnant que l’année précédente le Portugais ait un peu négligé la technique dans son cursus. Le Real fluidifie son jeu en y maintenant un niveau de vitesse impressionnant. C’est la première marque d’une grande équipe.

La blessure de Carvalho paraît presque comme un heureux mécompte tant le replacement de Ramos dans l’axe renforce le fonds technique du bloc défensif, alors qu’Arbeloa titularisé à droite semble avoir trouvé le bon tempo pour être à la hauteur de l’ensemble de ses coéquipiers. N’empêche que du côté de Mourinho, se nourrissent les rumeurs de demande d’un autre arrière droit qui pourrait être Maicon. La blessure de Marcelo a permis à Coentrao de prouver que le Real possède deux des tout meilleurs arrières gauches du monde. Si l’un ou l’autre était droitier !

Pepe, s’il conserve la bonne agressivité qui sied à tout bon arrière central, ne cherche plus à détruire physiquement ses adversaires. On observe le même progrès chez Marcelo (absent dimanche). C’est donc une équipe rassérénée et pacifiée avec elle-même, qui ne paraît plus aussi paranoïaque, entourant l’arbitre et vociférant à tout arrêt de jeu. Mourinho s’est montré intelligent en reconnaissant ses fautes, sans l’avouer cependant, et en invitant ses joueurs à se concentrer sur le jeu, multipliant les séances parlementaires jusqu’à organiser un barbecue chez lui où tous les joueurs, sans exception étaient conviés. Le capitaine Casillas a aussi du mérite, lui qui n’a pas hésité à convoquer une rencontre privée entre les internationaux espagnols de Madrid et Barcelone. La paix était au centre des échanges. Obnubilé par la concurrence avec Messi, Christiano Ronaldo avait réduit son jeu en une machine à marquer des buts, ignorant souvent ses partenaires en meilleure position que lui pour marquer. Mourinho a dû lui expliquer calmement mais fermement, comme le Brésilien Didi, « jouez bien et le but viendra tout seul ».  Vu ses qualités, ses coéquipiers avaient le droit d’espérer davantage de lui. Avec 13 buts au compteur, il suit Messi (14) de près tout en sachant se rendre collectif.

Quand Osasuna égalisa dimanche à 1-1 sur un coup franc rapidement tiré alors que le Real dominait copieusement, la réaction collective fut de se diriger vers le centre pour la reprise du jeu. Et il n’y eut point de confusion entre vitesse et précipitation. Presque dans le même schéma que pour le premier but de Ronaldo, après seulement deux minutes, Pepe reprit victorieusement de la tête un centre de Di Maria devenu l’un des passeurs les plus affûtés de la Liga au point de servir dans un trou Higuain qui marquera d’une somptueuse frappe enroulée. Et de trois passes décisives pour l’ange. Christiano ajoutera deux autres buts, imité par Benzema, deux buts, entré en cours de jeu.

Kaka s’est à nouveau blessé, mais Mourinho a pris le temps qu’il fallait pour réhabiliter son jeu. À dose homéopathique il l’a utilisé jusqu’au moment où, aux yeux de tous, le Brésilien avait retrouvé au moins 75 % de son rendement habituel et digne d’une titularisation intégrale. Oëzil montre une légère baisse, mais Ronaldo flambe, on l’a vu. Il semble que si on dit autant de Benzema et Higuain personne ne contestera.

Un homme à l’air taciturne mais hâbleur sur le terrain, barbu presque roux, sobre et précis dans ses gestes, solide dans les duels, précieux sur les coups francs à deux temps, meilleure frappe de balle sur passe à longue distance en Europe, appliqué comme un chirurgien, Xabi Alonso, tient le gouvernail, un véritable adjoint. Khedira, à ses côtés fait figure de bûcheron. Et ce n’est pas mal. Il faut de tout… L’ensemble va vite, très vite. Quand tout ce monde s’installe dans la moitié de terrain de l’équipe adverse, il ne blesse pas, il écrase ; il n’écorche pas, il étouffe. Il compresse sans cesse.

Sans cesse ? C’est trop dire. Une relâche apparaît autour de la demi-heure. Face aux grosses armures telles le Barça ou les deux Manchester, le Bayern ou Milan, si le rouleau ne marque pas avant la 30e, les données seront différentes. Vite le 10 décembre. Question de ce jour : le rouleau blanco écrasera-t-il le bolide de Formule 1 blaugrana ?

Patrice Dumont

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