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Catégorie : Sports
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Fritz André Plantin et Donet Désilus, anciennes gloires nationales de la défense centrale de l’Aigle Noir, ont dû, dimanche après-midi, jouir avec parcimonie et ahurissement de la victoire 2-0 obtenue par leur Aigle Noir chéri aux dépens du Racing, ennemi nécessaire, sous les yeux d’à peine un millier de spectateurs, eux qui en leur temps labouraient les émotions nationales à l’approche de cette affiche toujours trop grande pour le stade Sylvio Cator.

Fritz André Plantin et Donet Désilus, anciennes gloires nationales de la défense centrale de l’Aigle Noir, ont dû, dimanche après-midi, jouir avec parcimonie et ahurissement de la victoire 2-0 obtenue par leur Aigle Noir chéri aux dépens du Racing, ennemi nécessaire, sous les yeux d’à peine un millier de spectateurs, eux qui en leur temps labouraient les émotions nationales à l’approche de cette affiche toujours trop grande pour le stade Sylvio Cator.

Sur le terrain, Souffrant et Jean Paul, arrière centraux du Racing, Roberto Jean Louis, milieu de terrain, ont du coffre pour rappeler les susnommés ou un Marc Antoine Moïse. Dans le camp de l’Aigle, Johnny Joseph et Jacques Montilas ne souffriraient pas de la comparaison athlétique avec des illustres devanciers comme Gérald Romulus, Fritz Bobo ou William Beaudin. Techniquement, les Tom Pouce, Théo Jean-Baptiste, Antoine Toussaint « Pa Kolé » n’ont pas d’héritiers.

Un peu de qualité quand même

N’empêche que certains gestes techniques et mouvements collectifs prouvent qu’on n’assiste pas à un match de football entre Porto-Ricains et Dominicains. Le Racing s’assure une domination territoriale mais platonique durant la 1re mi-temps, comme un prétendant auquel les parents de la bien-aimée permettent de s’asseoir au salon, chacun occupant un sofa différent, et les amabilités ne devant guère dépasser le baisemain de l’accueil et de l’au-revoir.

Fritzgerald Alliance et Delva, arrières latéraux du Racing, ne sont jamais arrivés à la hauteur de la surface de réparation de l’adversaire, et l’attaquant Simon n’offrit jamais le point d’ancrage aux milieux de terrain Jonas Dor, Rodney Zil et Jean-Louis pour porter le danger devant le but du jeune Yves Cadet. Et l’Aigle Noir, progressivement, abandonna son option de lancer systématiquement des balles vers Montilas en privilégiant la remontée collective, ce à quoi participèrent avec efficience les milieux Joseph, Desrosiers, le jeune Horat, mais aussi les latéraux Delsa et Hérode, ce dont manquait justement le Racing. Le premier but (32e ) vint d’ailleurs de l’une des manœuvres collectives bélairiennes à laquelle ont participé pas moins de six joueurs, dont les trois derniers furent Horat, Montilas et Prophète, celui-ci buteur donc, qui aggravera la marque en 2e mi-temps. Avant cela, Montilas, dans un angle légèrement difficile, avait écrasé son tir sur le portier du Racing.

Le Racing déjà condamné !

Une minute ne s’était pas écoulée à la reprise que Montilas trouva le poteau gauche du Racing sur un coup de tête. Et comme pour illustrer la variété des formes en football, Delsa s’avisa de trouver Montilas sur une longue balle aérienne que celui-ci détourna vers Prohète qui loba astucieusement pendant que Jean Paul,  Souffrant et Baptiste, le portier du Racing, s’étaient emberlificotés dans leur placement et sortie (2-0).

Le jeune Makenson, entré en jeu, freluquet mais habile, a beau multiplier les initiatives, le Racing restera infertile. Jonas Dor vendangea deux de ses passes. Le milieu de terrain tira une fois sur le poteau, une autre fois rata piteusement sa reprise. Alliance entra au milieu du terrain ; Jairzinho Saint Louis remplaça Eveillard « Izolan », mais le Racing ne chercha jamais les couloirs, et l’Aigle sut bien peupler l’axe.

Il n’y a que le titre de champion qui soit plus beau que battre le Racing aux yeux des fans de l’Aigle. Par cette défaite, le Vieux Lion s’enfonce dans le classement de la Division 1 tandis qu’au même moment le compère Violette gagnait contre Source Matelas 4-0, mais en Division 2, où il est relégué depuis une saison. Les quolibets des loustics de l’Aigle Noir à la fin du match, goguenards,  tournaient autour des deux rivaux, le Racing, d’après eux condamnés à rejoindre le Violette en Division 2 pour y organiser le derby de Port-au-Prince, et l’Aigle s’ériger en unique grand de la capitale au sein de l’élite.

Patrice Dumont

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