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Catégorie : Societe
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Après des évènements de ce genre, il est difficile d’éviter le ``moi`` égoïste, convaincu peut-être, qu’il faille décrire mes souffrances pour que l’on comprenne mes propos.J’ai versé en un jour le contenu des larmes de plusieurs années. J’ai d’abord pleuré pour n’avoir pas pu protéger ma femme, j’ai pleuré de la savoir ailleurs que dans mes bras, j’ai encore pleuré de nous savoir aimés devant tant de témoignages de solidarité. J’ai pleuré de joie, quand j’ai pu la revoir, j’ai pleuré surtout de n’avoir pu que pleurer.

Vous comprendriez qu’il me serait impossible de remercier dans une lettre toutes celles et tous ceux qui nous ont accompagnés dans cette épreuve pour cela, tout un tirage du nouvelliste ne suffirait pas, même en utilisant toutes les pages; Je ne pourrai d’ailleurs jamais quitter ce pays dans lequel, sans le savoir nous avons tissé tant d’amitiés.

Que cette lettre soit considérée comme un message particulier à chacune et chacun d’entre vous, en témoignage de notre reconnaissance. Mon émotion est telle que pour la traduire j’emprunte cette figure à Cyrano pour vous dire : si la gratitude est un sentiment que l’on peut exprimer par écrit, lisez-moi avec votre cœur.

Je m’en voudrais de ne pas témoigner du professionnalisme de la P.N.H, du savoir-faire et de l’engagement de nos jeunes policiers. Du commissariat de Pétion-Ville qui a diffusé les premières informations, en passant par la brigade spécialisée de la DCPJ, qui m’ont assisté et ont mené, malgré la précarité des moyens dont ils disposent, l’enquête qui a permis le dénouement heureux, sans oublier les unités du BRI, du SWAT et de la DCPJ qui au cours des opérations, ont  eu à deplorer  des victimes dans leurs rangs, du sous commissariat de la Salines et du commissariat de Port-au-Prince qui ont su apprécier  les informations qui leur ont permis de récupérer ma femme.

A la Police Nationale d’Haïti en général et, à ces unités particulièrement, l’ancien militaire que je suis et dont je revendique le statut avec fierté, crois opportun de vous saluer militairement et patriotiquement en espérant que beaucoup sauront apprécier le symbolisme et la portée du geste.

A mes confrères de la presse, je leur prie de croire que je leur suis reconnaissant de la solidarité qu’ils m’ont tous témoigné  et, leur confirme mon engagement à œuvrer pour une réelle collaboration entre la police et la presse pour qu’ensemble nous puissions œuvrer  à construire un pays nouveau.

A toutes celles et tous ceux qui, même de l’étranger, à  des milliers de kilomètres, étaient à nos côtés… A Dieu surtout, A Dieu d’abord puis, à toutes celles et à tous ceux qui ont cru aux pouvoirs des prières, notre reconnaissance leur est éternelle….

Ashley Laraque

26 février 20116