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Catégorie : Societe
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Les journaux de Port-au-Prince, et des provinces, ont une fois de plus donné une volée de bois vert aux comportements malsains, agaçants et angoissants, des représentants de la Minustah en Haïti. Et les Uruguayens, ceux par qui le scandale arrive, jouissant de la raison du plus fort, ont toutefois juste eu le temps d’échapper à la rage populaire.

Les journaux de Port-au-Prince, et des provinces, ont une fois de plus donné une volée de bois vert aux comportements malsains, agaçants et angoissants, des représentants de la Minustah en Haïti. Et les Uruguayens, ceux par qui le scandale arrive, jouissant de la raison du plus fort, ont toutefois juste eu le temps d’échapper à la rage populaire.

Les journaux rapportent, presque tous, en tout cas, qu’un groupe d’homosexuels, des brigands de grand chemin, membres actifs de la Minustah, ont sauvagement violé, sodomisé un jeune garçon de 18 ans, à Port-Salut. Une ville côtière, dans le département du sud d’Haïti, merveilleuse et tranquille, entourée de belles plages, et dont la nature sereine, séduisante et féerique, attirait autrefois un nombre inouï de touristes.

A en juger par le vidéo-clip diffusé sur internet, à en juger par les complaintes et les témoignages des habitants de la région, ces bandits ont forcé le jeune garçon à se mettre à plat ventre, et, tour à tour, l’auraient sodomisé comme des animaux sauvages : sans honte, sans le moindre gêne, sans le moindre souci pour le renom de l’organisation qu’ils représentent. Ils se sont même contentés de filmer, de « vidéotaper », l’une des scènes les plus bestiales du crime, sous la huée, le fou rire, de leurs associés qui, agités comme des gorilles affamés, attendaient impatiemment leur tour,semble-t-il.

L’organisation des nations unies (L’ONU) est réputée pour l’utilité, le courage et le rôle de sa mission dans le monde : à côté de sa tâche, noble et difficile, d’assurer la paix dans le monde, elle est appelée à aider les plus faibles, à protéger les valeurs humaines, inconditionnellement, et donc à renforcer le respect des droits inaliénables des individus.

Comment diable les responsables de cette organisation se sont-ils trompés dans le choix de leurs représentants à l’extérieur, surtout en Haïti où on a besoin de l’amour plus que des fusils, du pain plus que des canons, du respect plus que des excuses ? Comment ont-ils pu laisser, après tout, s’immiscer parmi eux ces animaux malades de la plus rare espèce de la peste : L’Inhumanité dont la seule cure connue est la désanimalisation » ? Réhumaniser »des féroces en vue d’une réinsertion dans la société n’est cependant pas toujours facile ; souvent il est plus fiable, plus viable, de les encelluler, les isoler de la société.

Les haïtiens attendent impatiemment que ce crime crapuleux, triste et honteux, délibérément commis par des représentants de la Minustah, soit jugé et puni! Si les dirigeants haïtiens, pour une raison ou une autre, sont incapables de contrôler les animosités répétées des membres de la Minustah dans le pays, les instances internationales qui se prétendent être les défenseurs des droits humains et des vertus démocratiques dans le monde devraient prendre des mesures urgentes et adéquates pour éteindre, à temps, ce grand feu que les représentants de Minustah attisent.

Comme les qualifie un habitant de Port-Salut, ces va-nu-pieds qui sont censés venir en aide à Haïti deviennent eux-mêmes des éléments nuisibles, gênants et avilissants. Le mot est peut-être trop fort, trop émotionnel, car l’on note aussi de bons grains parmi eux ; mais il traduit l’expression du mécontentement populaire. Le scandale de Port-Salut est manifestement le plus honteux enregistré, mais il n’est pas le premier et le seul, ni le plus triste, dans lequel des membres de la Minustah sont impliqués. Une enquête sérieuse révèlera certainement des atrocités allant de simples abus de pouvoir aux viols des mineurs jusqu’à des crimes jusqu’ici cachés, étouffés.

Où sont les journalistes de cette presse internationale qui s’est toujours montrée intéressée à la cause haïtienne ? Aux images de la pauvreté dégradante ? Où sont ces voix politiques qui chérissent le courage des héros de la première république noire indépendante du monde ? Condamnent-ils cet acte criminel, barbare, ou choisissent-ils le silence, le camp adverse, celui des violeurs, celui des bandits ?

Les pouvoirs accordés à ces bandits oiseux et couteux en Haïti sont tellement illimités, nous confie Georges Dumas, qu’ils ne se contentent pas seulement de se livrer à des actes illicites et préjudiciables, mais souvent de les assumer explicitement, usant de leur immunité comme un Bullet proof veste, pour défier les autorités haïtiennes : la preuve, pour prolonger leurs plaisirs malsains, ils ont délibérément enregistré la scène du viol à Port-Salut. Voilà comment des pouvoirs illimités, incontrôlés, et surtout l’absence d’autorité dans un pays, peuvent abêtir des gens, et du coup, les porter à vomir les valeurs humaines!

Rappelons, pour la mémoire, que la Minustah, Mission de Stabilisation des Nations Unies en Haïti, a été créée en juin 2004. Pourquoi ? Après le départ forcé du président Jean-Bertrand Aristide pour l’exil, l’ONU a pris la décision, en un certain accord avec des représentants haïtiens, d’envoyer une force multinationale intérimaire en Haïti pour dévier, contrecarrer, un certain conflit armé susceptible de se produire en Haïti, selon des prévisions politiques exclusivement vagues, non justifiées ni justifiables jusqu’à présent.

A supposer que l’intention de venir en aide à Haïti fût justifiée, justifiable et louable, le conflit armé prévu n’ayant pas eu lieu, ou qu’il eût été dévié, ou contrecarré, qu’est-ce qui justifie aujourd’hui encore la présence des peacekeepers en Haïti ? Peut-être le conflit armé qu’ils espéraient viendrait-il d’eux-mêmes ? Haïti, faut-il bien le leur rappeler, depuis Boukman (1791), Toussaint (1803), Dessalines (1804), Pétion (1802), Charlemagne Péralte (1915) et les autres, fut et resteune terre glissante, et souvent sanglante. Donc, malheur à ceux par qui le scandale arrive!