Adieu Port-au-Prince
Le séisme du 12 janvier 2010 a touché violemment l’aire métropolitaine de Port-au-Prince dans  sa matrice profonde à travers les institutions nationales les plus représentatives: le palais national, le palais législatif, le palais des ministères, le palais de justice, le ministère des affaires étrangères,  la direction générale des impôts, pour ne citer que ceux la .

Adieu Port-au-Prince
Le séisme du 12 janvier 2010 a touché violemment l’aire métropolitaine de Port-au-Prince dans  sa matrice profonde à travers les institutions nationales les plus représentatives: le palais national, le palais législatif, le palais des ministères, le palais de justice, le ministère des affaires étrangères,  la direction générale des impôts, pour ne citer que ceux la .

On peut noter également les institutions religieuses telles :la cathédrale et l’archevêché de Port-au- Prince, les Eglises de Notre  Dame du Perpétuel secours, de St joseph, de Ste Anne, de St Paul, de Ste Trinite, le Temple Adventiste (rue de la réunion) et l’Auditorium de la bible au champ de mars . Les etablissements scolaires les plus réputés du pays se sont effondres .C’est le cas de St Louis de Gonzague (rue  du centre ) du Collège St Pierre, du Petit Séminaire Collège St Martial, de St Jean l’Evangéliste, de l’école nationale Mère Louise, de L’Externat la Providence, de Dominique Savio, de Tertulien Guilbaud, de Jean Marie Guilloux, etc .

.Cette ville une fois en difficulté, Haiti est paralysée. La situation impensable, inimaginable provoquée par ce séisme est considérée par certains comme un châtiment divin . D’autres nostalgiques des années passes dissent « Adieu Port-au-Prince »  N’y-a-t’il pas lieu de dire aussi « Adieu à la république de Port-au-Prince pour une nouvelle Haïti décentralisée. Une opportunité n’est-elle pas offerte à tous les secteurs de la vie nationale aux forces vives de la nation et à la communauté internationale ?

Il convient de faire brièvement l’histoire de la naissance de Port- au- Prince, de ses belles années et un arrêt analytique sur la république de Port-au-Prince .

 PORT – AU – PRINCE , SA NAISSANCE

Suivant les données recueillies de l’ouvrage du professeur de sociologie Michel Acacia,l’endroit  Initial de Port-au- Prince était l’emplacement appelle hôpital par les français entre 1737 à 1743. Par la suite, les ordonnances du 6 Février, 3 Juin,et 29 Octobre 1743 poseront l’acte de fonda tion de Port-au-Prince qui le 26 Novembre 1749 deviendra la capitale des îles sous le vent .La dernière ordonnance parue le 13 Juin 1749 est retenue définitivement comme date de référence de la fondation de Port- au Prince .

Port-au-Prince n’a pas été dès sa naissance la première ville du pays .Sous le gouvernement  de Jean Jacques Dessalines (1804- 1806) l’empereur faisait de Marchand , sans argument vala  ble , la première ville d’Haïti . La constitution de 1816 a été la première à désigner Port-au –Prince comme capitale d’Haïti. Cet  acte constitutionnel contraste au fait qu’il y a eu scission gouvernementale à l’époque dans le pays. Le gouvernement de Pétion siégeant à Port-au-Prince (1806-1818)et celui d’Henri Christophe au Cap Haïtien (1806-1820). C’est sous le gouvernement de Jean Pierre Boyer que Port-au-Prince deviendra la capitale de l’ensemble du territoire national .

PORT-AU-PRINCE ET SES LUSTRES D’ANTAN

Port-au-Prince aujourd’hui la « peine des Antilles » était la perle des Antilles. Son doux climat , ses  côtes faisaient les délices des visiteurs et attiraient les touristes du monde entier. Ville hospitalèere et magnifique où l’on observait le déplacement des citadins vers la campagne en périodes estivales, un menu dominical débutant au rex théâtre,en passant aux groupes à pieds comme le Mini-minuit du Bel-air, le Peuple s’amuse, Lobodya, Pipirit,et le Grappe plaisirs »  pour terminer au rythme des mini jazz :DP Express, Scorpio, Bossa Combo dans des kermesses au Casino, au  Simbi Continental etc.

Comment oublier le Carnaval des Fleurs, les papillons la St Jean, un rendez des Trios V :  Victory – Violette- un Vendredi au stade Sylvio Cator pour parodier le légendaire  chroniqueur sportif Jean Claude Sanon. Que dire des vendredis de volley ball au collège St   Pierre  qui était le rendez- vous de la jeunesse estudiantine . Au niveau scolaire, de jeunes écoliers de familles défavorisées, friands du savoir, se regroupaient le soir sous l’éclairage des pilonnes électriques pour étudier, échanger leurs point de vue, leur savoir  dans des dé bats interminable. Comme lors du procès des timbres, les  envolées de l’avocat de la défense Me Rodrigue Casimir et de Frantz Leroy faisaient actualité et incitaient les jeunes à l’apprentissage du droit . Il régnait dans le milieu scolaire haitien, un respect mutuel, une ambiance fraternelle, une compétition entre élèves des lycées et des collèges privés sur la performance scolaire au baccalauréat  et dans les clubs littéraires. Entre jeunes une cigarette était fumée clandestinement jusqu’à la plus simple expression du mégot.

PORT-AUX-PRINCES comme écrivait souvent le regretté Carlo Midy : « ville pimpante, tu ne renaitras plus de tes cendres, je t’aime trop pour te mentir ». Ceux qui ont connu Port-au Prince ont ressenti aux vues du séisme à la télévision, le sentiment  d’une mère qui vient de perdre son enfant. La mort dans l’âme, la douleur au ventre, ils ont assisté à l’effondrement de la ville qui leur a vu naitre

LA REPUBLIQUE DE PORT-AU-PRINCE

Port-au-Prince, centre d’attraction de la république d’Haiti ne tardait pas à devenir en raison de  certaines opportunités le refuge des paysans en quête de mieux être .L’inégal développement entre ville et campagne a pour corrélation la concentration de la population, la bidonvilisation  des villes à l’agglomération de Port-au-Prince . L’ère de la décentralisation s’impose aux diri –geants qui ne se sont jamais montrés à la hauteur de ce défi .Comme ils n’ont pas pu diminuer la déperdition scolaire, l’inégalité des chances de réussite scolaire, le chômage, la faim en Haïti,  ils ne sont pas non plus parvenus à sortir le pays du premier PMA de l’hémisphère, libérer le budget  national de la dépendance étrangère, résoudre les différends diplomatiques entre le république  d’Haïti et la république de St Domingue et stopper la fuite des cerveaux haïtiens vers l’étranger. Faute de vision, la constitution haïtienne ne fait pas encore digestion de la double nationalité, Dommage .

Le séisme du 12 Janvier 2010 est une catastrophe naturelle qui provoque un retour provisoire en force vers la campagne. Ce retour pourrait être définitif si la décentralisation sort du discours et de la virtualité pour devenir réelle. La décentralisation que la nation haïtienne réclame doit être l’oeuvre d’une politique de planification, de l’organisation, d’un programme .Elle doit être accompagnée d’une gestion rationnelle  des ressources disponibles, de vision claire des objectifs a atteindre et des moyens à mettre en  oeuvre pour les réaliser. « Adieu à la République de Port- au- Prince »  est une démarche  visant la mobilisation nationale pour mettre fin à la politique mesquine, rétrograde de nos dirigeants. Dans son agonie, la république de Port-au-Prince va-t-elle aboutir à l’effondrement de l’état national ?

 

Infohaiti.net Tous Droits Reservés | cmosaique@aol.com (508) 498-0200 | midy2midy@aol.com (617) 470-1912 | Login

Site conçu et dessiné par : Yves Cajuste (Haitian Media Network)