Funérailles symboliques ce mardi pour Marc Louis Bazin, figure controversée de la politique haïtienne des trois dernières décennies
Décédé mercredi dernier au matin d'un cancer à sa résidence à Thomassin, au haut de Pétion Ville (Est de la capitale), Marc Louis Bazin (78 ans) a eu des funérailles symboliques ce mardi à l'église St Pierre de Pétion Ville où tout le gratin ou presque de la politique haïtienne était venu lui rendre un dernier hommage.

Funérailles symboliques ce mardi pour Marc Louis Bazin, figure controversée de la politique haïtienne des trois dernières décennies
Décédé mercredi dernier au matin d'un cancer à sa résidence à Thomassin, au haut de Pétion Ville (Est de la capitale), Marc Louis Bazin (78 ans) a eu des funérailles symboliques ce mardi à l'église St Pierre de Pétion Ville où tout le gratin ou presque de la politique haïtienne était venu lui rendre un dernier hommage.

On a remarqué entre autres personnalités, l'ancien premier ministre Jacques Edouard Alexis avec qui il a partagé des réflexions sur la difficile conjoncture socio-politique et en compagnie des autres anciens chefs de gouvernement vivants ou toujours en possession de leurs moyens depuis le 12 Janvier ou l'actuel ministre des Affaires Sociales Yves Cristalin. Aimé, admiré, choyé à un moment; honni, détesté, conspué à un autre, Marc Bazin n'aura laissé personne indifférente et restera dans les mémoires comme un personnage extrêmement controversé.

En effet, si en 1990, lors des premières élections vraiment démocratiques de l'après-Duvalier, il était perçu comme le candidat des américains, la chance à saisir pour éviter que le pays ne bascule à gauche, avaient dit certains, des décisions pour le moins surprenantes qu'il allait prendre par la suite auront convaincu quelques uns de ses plus conservateurs partisans qu'il n'était sans doute pas l'homme de conviction que l'on croyait. Les militants du MIDH (son parti) et de l'ANDP (regroupement formé avec le PANPRA de Serges Gilles et du MNP-28 de Déjean Bélizaire) s'attendaient à ce que M. Clean (surnom qu'on lui a donné lors de son passage au ministère des Finances sous Jean Claude Duvalier) allait s'organiser en véritable chef de l'opposition au pouvoir de Jean Bertrand Aristide pour se présenter en véritable alternative à la défaillance du pouvoir lavalas,  celui-là, sans doute trop impatient de goûter aux délices du pouvoir, s'était offert aux  militaires pour jouer le rôle de premier ministre d'une transition marquée du sceau de l'isolement diplomatique après le coup d'Etat qui avait renversé le prêtre-président. Jouant au plus malin, M. Bazin aurait, dit-on, fait des promesses aux deux camps pour finalement se retrouver seul au monde. A l'armée, il se serait engagé à faire lever l'embargo américain pour faire reprendre la vie dans le pays et à Jean Bertrand Aristide, il aurait promis de travailler à le faire revenir au pouvoir. Un bon matin, les petits soldats du palais auraient  fait leur révolte en empêchant à M. Bazin de rentrer sur la cour donnant accès à son bureau.

La suite de la carrière de l'homme au discours facile n'allait pas être des plus brillantes. Il était devenu ministre sans portefeuille et sans autorité de Jean Bertrand Aristide alors revenu d'exil et réélu lors d'une élection contestée et le comble était atteint pour ses rares partisans restés fidèle de l'ère ANDP lorsque, au siège même de la Fondation Aristide pour la Démocratie, il avait lancé sa campagne à la présidence. Marc Louis Bazin avait signé, ce jour-là et sans le savoir peut-être, sa mort politique puisque le plus grand monde ne l'avait pris au sérieux. Cet intellectuel de belle  lettre, ancien cadre de la Banque Mondiale, fils de l'aristocratie haïtienne  n'avait vraiment rien à voir avec la classe des déshérités du sort qu'il  prétendait  représenter à ce scrutin en qualité de candidat lavalas.  Le fiasco était inévitable. Marc Bazin n'avait alors à faire que des sorties sporadiques  dans la presse pour commenter quelques faits d'actualité sans créer un réel impact sur la marche des choses et sans vrai relief pour sa personnalité qui était plus marquée par ses choix politiques suicidaires du passé que par un avenir dans le débat pour changer le pays. Quoi qu'il en soit, le pays retiendra de lui une grande figure qui n'a pas échoué mais, qui n'a pas réussi non plus.

 

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