P-au-P, 23 déc. 2016 [AlterPresse] --- Des organisations de droits humains ont exprimé leurs vives inquiétudes face au déroulement du processus de vérification de 12 % des procès-verbaux de la présidentielle du 20 novembre au Centre de tabulation des votes (Ctv), dans des interviews accordées à AlterPresse. La situation devient « de plus en plus compliquée », affirme la directrice nationale de la Commission épiscopale (catholique romaine) Justice et paix (Ce/Jilap), Jocelyne Colas Noël.

Elle pointe du doigt le comportement excessif des représentants des partis contestataires, qui rendent la situation plus difficile.

Elle les appelle à privilégier l’intérêt du pays avant leurs ambitions personnelles, en faisant preuve de dépassement de soi.

De sérieuses négociations s’imposent, en vue de sortir le pays de l’impasse dans laquelle il se trouve, estime-t-elle.

Les représentants des partis contestataires ont quitté, le jeudi 22 décembre, les lieux de la vérification débutée depuis mardi 20 décembre, en signe de protestation contre une décision du Bureau du contentieux électoral national (Bcen) qui les interdit de ne plus toucher aux procès-verbaux, ni d’émettre leurs commentaires, ceux-ci devant être présentés lors d’une plaidoirie.

Les partis exigent le retrait des dispositions prises par le Bcen.

Pour accélérer le processus, le Bcen a décidé d’appliquer l’article 77 des règlements du contentieux électoral qui imposent des restrictions sur le maniement des procès-verbaux.

Pour observer le document, les observateurs des partis politiques doivent désormais se tenir dernière un juge électoral ou un technicien du Ctv, selon cette décision.

Pour sa part, Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), estime que la vérification doit continuer dans la sérénité, pour trouver une entente avec tous les partis politiques contestataires.

Le changement proposé par le tribunal du contentieux électoral devrait être discuté avant le démarrage du processus de vérification au Ctv, regrette-t-il.

Suite à des délibérations du tribunal, présidé par la conseillère Josette Dorcelly, le Bcen avait ordonné la vérification au Ctv d’un échantillon de 12% des procès-verbaux, soit au total 1,560 procès-verbaux de la présidentielle.

 

Les opérations de vérification qui ont débuté très tard en fin d’après-midi du mardi 20 décembre, suite aux demandes du parti Fanmi lavalas, de la Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation haïtienne (Lapeh) et la plateforme Pitit Dessalines se sont poursuivies au Ctv, le jeudi 22 décembre.

En milieu d’après-midi, on a appris que 122 procès-verbaux ont été examinés par les juges électoraux sur près de 400 ciblés par les partis contestataires, en dehors des 12% à vérifier sur une base aléatoire.

Certains procès-verbaux analysés présentent des anomalies alors que d’autres sont correctes, indique Pierre Espeerance.

Ces procès-verbaux avaient : soit déjà été mis de côté, soit comptabilisés, lors de la tabulation, effectuée préalablement par le Ctv.

D’aucuns craignent un report de la date de la publication des résultats de la présidentielle, préalablement fixée le 29 décembre 2016, au regard des derniers développements électoraux.

Jointe au téléphone par AlterPresse, la porte-parole du Cep, Nicole Siméon, soutient que la date du 29 décembre est toujours maintenue par le Cep pour la publication des résultats définitifs de la présidentielle.

Par ailleurs, au niveau des contestations pour les élections législatives, les juges électoraux ont terminé avec la phase d’audition et des vérifications sont également en cours au Ctv.

Aucune date n’est encore prévue pour la diffusion des résultats qui seraient issus des délibérations.

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