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Catégorie : Politique
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Comme annoncé, le Premier ministre Enex Jean-Charles, accompagné des ministres de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, de l’Économie et des Finances et des Travaux publics, Transports et Communication, a répondu à la convocation du Sénat de la République sur les questions relatives à la gestion post-cyclonique. Cette séance de convocation semble mettre à nu l’incapacité du gouvernement à gérer la situation.

Car le Premier ministre ainsi que ses ministres n’arrivaient pas à convaincre les sénateurs sur la gestion faite de la catastrophe. Un peu révulsés, les pères conscrits ont clairement formulé certaines recommandations avec menace d’interpellation du gouvernement dans les semaines qui viennent s’il ne met pas son devoir au propre.

 « Malgré les efforts consentis, selon les estimations, le bilan est lourd », a d’entrée de jeu lâché le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, François Anick Joseph, avant de présenter le bilan officiel de la catastrophe aux sénateurs. À en croire le ministre Joseph, le bilan n’a pas encore évolué. Il fait toujours état de 473 morts, 75 disparus, 339 personnes blessées et plus de 175 500 personnes hébergées dans des abris provisoires. Pour le moment, ditil, plus d’un million sept cent mille personnes sont en situation difficile et il convient de les secourir.

 Pour le moment, François Anick Joseph a informé que les priorités du gouvernement demeurent la distribution d’eau potable, de nourriture et de médicaments aux sinistrés. En ce sens, le Programme alimentaire mondial (PAM), en concertation avec la protection civile, a déjà acheminé pas moins de 195 tonnes métriques de produits alimentaires dans le Sud et 126 tonnes dans la Grand’Anse. Le gouvernement avait également reçu quelque 5 000 sacs de riz qui ont été distribués. Parlant de distribution de riz, le sénateur des Nippes, Francenet Dénius, fustige la façon dont la distribution se fait. Son département, dit-il, aurait reçu environ 500 sacs de riz pour 250 000 personnes sinistrées! Une belle plaisanterie, à son avis.

La guerre de chiffres continue. Le bilan présenté par le gouvernement ne passe pas. Il a été rejeté d’un revers de la main par les pères conscrits. Le sénateur du Sud, Fritz Carlos Lebon, qui avait visité toutes les communes du Sud après le passage de l’ouragan a fait savoir qu’il serait difficile, à partir de son constat, d’évaluer le nombre de morts. Car, dit-il, la situation est vraiment catastrophique. Pour au moins une fois, les sénateurs (anti et pro du gouvernement) sont unanimes à reconnaitre que le gouvernement a mal géré la situation. Acculé de part et d’autre, Enex Jean-Charles a avoué que, compte tenu de l’ampleur des dégâts, le gouvernement n’est pas encore en mesure de fournir un bilan exhaustif de la catastrophe.

Les sénateurs agités ont cloué au pilori le Premier ministre et ses ministres présents pour la gestion faite de la situation. Pour eux, ce gouvernement serait incapable d’adresser la question. Sur la proposition du sénateur de l’Artibonite, Youri Latortue, la séance de convocation a failli se transformer en une séance d’interpellation. Le président de la commission voulait fixer les responsabilités de chaque membre du gouvernement dans le cadre de la gestion de l’Ouragan Matthew en sanctionnant, dit-il, les ministres qui n’ont pas produit de résultats. Dans cette perspective, l’assemblée des sénateurs a formulé certaines recommandations relatives à la gestion de cette période. Ils enjoignent au gouvernement de produire un bilan chiffré sur l’aide reçue dans le cadre de la catastrophe. Ils exigent aussi un plan sur les mesures pérennes pour préparer la reconstruction des zones touchées de façon durable.

En outre, la commission sénatoriale spéciale chargée de contrôler l’Exécutif dans la gestion de la catastrophe entend travailler avec la commission interministérielle post-Matthew. Selon les dires du Premier ministre Enex Jean-Charles, cette commission n’est pas encore formalisée. D’après ce qui a été décidé en conseil des ministres, la commission interministérielle devrait prendre fonction dans les quinze jours qui suivent la catastrophe. Les sénateurs, très insatisfaits de la performance du gouvernement, ont menacé de le censurer à travers une séance d’interpellation.

Noclès Débréus

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