Quel triomphalisme hier à l’occasion de la remise du rapport de Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale au président provisoire en présence de nombreux représentants de la florissante industrie de la démocratie .  Alors que les principales recommendations de cette commission circulaient déjà  à “Livres en Folie” à la fin de la semaine écoulée., tout  a été mis en oeuvre pour faire de cette simple cérémonie un événement à nul autre pareil. Officier de liaison entre la Commission et le Secrétariat de la Présidence. “Entretien  préalable avec son Excellence Monsieur Jocelerme Privert aux fins de l’informer personnellement de la teneur dudit rapport”.  Le président provisoire avait déjà qualifié depuis jeudi dernier le 30 mai de “Journée historique”.

Une journée de profondes réflexions serait peut être plus appropriée dans la mesure où les irrégularités et les fraudes massives découvertes par l’équipe de M. François Benoît prouve encore une fois que nos élites sont incapables d’organiser de bonnes élections. En 30 ans, seuls deux anciens Présidents de la Cour de Cassation Me Ertha Pascal Trouillot et Me Boniface Alexandre/Latortue ont gagné ce pari. Martelly n’a été qu’un mauvais élève en voulant dépasser ses prédécesseurs et tenter “yon sel kout kle” avec un sympathique inconnu.

Le plus ulcéreux dans tout ce vacarme autour de la remise d’un rapport d’une commission, si importante soit-elle, c’est que  les débats seront centers, à partir de ce mardi, sur le calendrier électoral et l’organisation de nouvelles élections présidentielles. Certains partis politiques vont contester certes les recommendations de la de Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale en proposant l’option ZERO, c’est à dire, demander  l’annulation pure et simple de toutes les élections (législatives et municipales) organisées par le CEP de Pierre-Louis Opont.

Quel sera le sort réservé aux artisans, bénéficiaires des fraudes et aux fraudeurs ?  Ils n’ont pas à s’inquiéter  dans cette république de petits coquins où les morts signent des contrats avec l’Etat et sont présents dans les bureaux de vote en nombre imposant pour exercer leurs droits civiques. Singulier petit pays.

Entre-temps, le pays fait face à des crises aussi importantes que l’impasse électorale: le choléra qui refait surface dans plusieurs régions du pays, la faim qui tenaille aujourd’hui encore des millions de nos compatriotes et  des centaines de malades privés de soins de santé (même primaires)  dans les principaux hôpitaux publics du pays depuis deux (2) longs mois. La santé relevant du social ne fait pas partie des priorités de ceux qui prétendent gouverner ce pays. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer les crédits budgétaires alloués aux secteurs politiques c’est à dire la Présidence, la Primature, la Justice et le Parlement.

Les témoignages de quatre (4) patients dont trois (3) à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti et une jeune dame à l’Hôpital Isaie Jeanty sis à Chancerelles mettent au grand jour  le niveau de dénuement de nos installations hospitalières, le peu d’importance  que l’Etat haïtien accorde aux vies humaine et le niveau d’irresponsabilité de nos dirigeants. L’exécutif et le législatif se lancent  des “toyas” (blêmes) alors que des centaines de patients sont abandonnés à leur sort. La semaine dernière, c’est le bouillant président de la Commission de Santé, Dr Carl MUrat (faites attention à la lettre U) Cantave qui dénonçait la nonchalance de la Ministre de la Santé Publique, Dr Daphnée D. BENOIT DELSOIN, “qui préférait faire le déplacement à Genève pour participer à une conférence au lieu de consacrer du temps à un dossier aussi important que la grève  dans les hôpitaux publics du pays”.

Messieurs les dirigeants, imaginez l’un de vos proches cohabiter avec des mammifères rongeurs et des moustiques sur un lit dans une salle nauséabonde de l’hôpital général et de Chancerelles deux (2) mois après avoir subi chacun une intervention chirurgicale. C’est ça le calvaire d’une mère d’une cinquantaine d’années opérée d’un cancer du sein, de Félix Jean-Daniel (27 ans) un étudiant de l’HUEH, Marc Junior (25 ans) opéré lui aussi depuis d’une appendicite et de Manise Dieu, une jeune femme dans la trentaine qui  fait ses besoins physiologiques  dans la souffrance et la gêne.  Tous, ils ont lancé le même message à vous les dirigeants de ce pays “FAITES CE QUE VOUS POUVEZ POUR METTRE  FIN  A LA GREVE DES RESIDENTS” après avoir siroté, bien sûr, votre Beaujolais, votre Bordeaux  Bordeaux avec  vos amis de l’industrie de la démocratie.

 

 

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