Le président Martelly en campagne à Miragoane

Le président Michel Martelly, en campagne électorale à Miragoâne, a fait une nouvelle sortie fleurie. Avec des mots crus, le président de la République a, sur scène, micro en main, devant une foule de ses partisans réunis, avili une courageuse femme qui avait osé dire ce dont la ville a besoin. « Pute…», « trouve-toi un homme… », « va te faire prendre derrière le mur…», « cesse de parler… », ont été, entre autres, les expressions fortes et blessantes lancées par le président de la République d’Haïti pour faire taire une femme seule dans la foule qui demandait plus pour sa ville.

Entouré de sa sécurité, de ses amis, de ses candidats, de ses partisans et des curieux accourus pour voir un président en campagne, Michel Martelly, plus Sweet Micky que jamais, a mis les rieurs de son côté. Il avait en plus les haut-parleurs pour lui. Avec l’argent de l’Etat, la force publique de l’Etat en appui, son statut de président en poche, notre ineffable premier bandit légal national a cru mieux faire en passant par l’insulte au lieu de faire dans la pédagogie. Miragoâne méritait mieux. Le président pouvait offrir mieux. Les blasés diront : « Chassez le naturel, il revient au galop », d’autres pour rester dans la couleur locale : «Pran bourik, benyen li, mete rad ak pafen sou li, kou l midi, l ap ranni kanmenm».

En un mot comme en cent, le président Michel Martelly n’étonne plus personne quand il cherche à confirmer qu’il ne changera jamais et qu'il restera ce personnage brut de décoffrage qui a forgé sa popularité sur la transgression permanente. Haïti méritait mieux, mais, comme d’habitude, nous n’avons que ce que nous méritons : un président qui préfère satisfaire ses bas instincts avant tout, avant les demandes de la population. Car ce n’est pas parce qu’on a construit une place publique à Miragoâne que les habitants de la ville n’ont pas le droit de réclamer de l’eau potable, de l’électricité, des écoles ou du travail. D’ailleurs, si la place publique a été érigée avant que ne soit résolu les problèmes essentiels, c’est bien le signe d’une mauvaise gouvernance.

 En fait, Michel Martelly ne s’est pas énervé devant les propos de la dame inconnue de Miragoâne, mais s’est fâché en constatant l’incompétence de son régime qui, en cinq ans, n’a pas pu résoudre les problèmes, mais a surtout su saupoudrer le pays de réalisations pour la plupart inutiles. L’injure faite par le président à une femme seule a demandé moins de courage, beaucoup moins qu’il n’en faut pour prendre les bonnes décisions dans la gestion d’un pays. Michel Martelly a été à 100% Sweet Micky à Miragoâne, comme lors de sa période 100% c.c.

FRANTZ DUVAL
LE NOUVELLISTE

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