Me Danton Léger

L’ancien député de Léogane à la 49e législature qui n’est pas candidat à sa succession (mais qui envisage de briguer le sénat aux élections du dernier tiers l’année prochaine) s’est dit scandalisé par le comportement de ceux qui nous gouvernent, particulièrement le président Martelly qui fait preuve d’incompétence et d’amateurisme dans le dossier de la République dominicaine et dans la dévaluation accélérée de la monnaie nationale (la gourde).

Le juriste est aussi très remonté contre le gouverneur de la Banque centrale qui devrait, selon lui, jeter l’éponge car, ses propos, teintés d’une arrogance cynique, ne rassurent pas le marché contrairement à ce qu’il pouvait espérer.
Doré Guichard évidemment n’est pas de cet avis ; il croit au contraire, dans cette crise des devises, Charles Castel est intervenu en “chef” et a annoncé les mesures qui s’imposent en pareille circonstance. S’il faut chercher un responsable (un bouc émissaire), l’on doit aller de préférence du côté des banques commerciales privées qui ont réalisé un bénéfice net de 25% dans une économie aussi stagnante que la notre alors que les meilleures banques Nord-américaines ne vont pas au-delà des 3 à 4%.

La vérité, dit le conseiller du président Martelly, c’est que les banques commerciales n’ont pas vendu sur le marché les 61 millions de dollars que la BRH avait injectés dans l’économie entre  Septembre 2014 à Mars 2015. Or, la même décision est prise pour calmer la tension et stabiliser le taux de change.

‘’La BRH doit tout mettre en œuvre pour s’assurer que les dollars sortis des réserves de la République aillent vraiment sur le marché et ne servent plus dans les activités d’achat et de vente de dollars des banques qui ont donc abandonné leur vocation première pour se substituer aux banques de change’’, s’est emporté Doré Guichard.

Moyse Jean Charles se frotte les doigts, lui qui avait longtemps annoncé cette décote record de la gourde qui est provoquée, selon lui, par les désordres de l’équipe Tet Kale dans les finances du pays et la panique qui gagne le camp des grecs (les proches du régime). ‘’Ils sont inquiets car, ils ne savent pas qui va succéder à Martelly mais, ils sont certains que leur famille politique a échoué et n’a aucune chance de se perpétuer au pouvoir ; d’où la course aux dollars pour assurer leurs arrières’’, a dit le sénateur candidat à la présidence.  ‘’Pas la peine de se donner la voie M. Doré, cette équipe n’a pas les moyens ni la volonté de résoudre cette crise’’, a dit le dirigeant de la Plateforme Pitit Dessalines.

André Michel qui n’a pas échangé trop de civilités avec son ancien collègue de l’opposition à Martelly (M. Jean Charles) s’est lui aussi montré très critique vis-à-vis de l’équipe au pouvoir et de la Banque Centrale. ‘’C’est drôle de le dire et j’ai même honte mais, je ne crois pas du tout dans les chiffres communiqués par le gouverneur sur les réserves nettes en devises, je préfère m’en tenir à ceux de Eddy Labossière et l’approche proposée par celui-ci et qui  est plus à même de nous sortir de manière momentanée en attendant d’engager les réformes structurelles qui viendraient stabiliser le taux de change.  
Antoine Auguste dit comprendre le sens de l’intervention du gouverneur mais, doute de l’efficacité des mesures annoncées et ne croit surtout pas que la situation va se calmer de sitôt.

 

Sur le dossier de la République dominicaine, Jean Robert Argant du Collectif 4 Décembre et Philippe Jean Thomas du GARR se sont évertués à expliquer les raisons pour lesquelles il doit prendre part en masse à la marche annoncée pour le mardi de cette semaine et dire non à la xénophobie des dominicains, à leur barbarie et leur cynisme contre nos compatriotes. Jean Robert Argant est d’accord avec Jean Danton Léger pour dire que la diplomatie haïtienne a échoué dans cette question, contrairement à Doré Guichard qui avait voulu voir de la clairvoyance dans le changement de cap de la diplomatie avec d’abord une approche bilatérale pour ensuite ramener la question sur un plan multilatéral lorsque les autorités haïtiennes ont vu la preuve de la mauvaise foi des dominicains.
Evidemment, cette position a fait sourire Me André Michel qui croit que nous avons perdu cette bataille avant même l’arrêt 168/13, précisément la veille de l’investiture de Martelly quand celui-ci, alors président élu, avait signé avec Jean Max Bellerive et Lamothe des accords bidons totalisant 500 millions de dollars avec les dominicains pour leur donner des contrats sans appel d’offre etc..

Moyse Jean Charles croit qu’il y a une complicité haïtienne au plus haut niveau dans cette affaire, ajoutée à la conjoncture électorale dominicaine qui force le pays voisin à nettoyer sa liste électorale de potentiels électeurs noirs susceptibles de voter pour le parti du feu Francisco Pena Gomez.

 

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