Combien étaient-ils hier samedi au studio de Caraïbes FM ou au téléphone pour faire face à la conseillère Marie Carmelle Paul Austin,  courageuse et imperturbable qui n’a pas hésité devant une seule question et qui a aussi été assez honnête pour reconnaitre les failles du processus à la base de certaines erreurs au niveau de la liste définitive des candidats agréés. Par exemple, Mie Carmelle Paul Austin regrette que certains BEDs aient eu à apprécier ou juger certains documents présentés par des candidats alors que ce n’est pas dans leur attribution.

Elle regrette aussi les mésinterprétations suscitées au niveau de l’article du décret électoral traitant du dossier du certificat de la nationalité que doit délivrer le service de l’Immigration et d’Immigration.

‘’Je ne suis pas le CEP ; je ne suis qu’1/9 du conseil ; je ne pourrai pas toute seule annoncer ce qui va se faire’’ ; cela sous-entend que les candidats écartés à cause des erreurs du système seront repêchés, s’ils ne le sont pas déjà ce dimanche, même si elle ne le dit pas clairement. L’ancien député des Verettes, Vickens Dérilus et Harold Domont (Carrefour) écartés tous deux pour question de certificat de nationalité n’ont même pas eu à forcer leur talent pour faire accepter à la conseillère Paul Austin que l’erreur ne vient pas d’eux puisqu’elle le leur a concédé d’entrée de jeu ; de même que l’ancien ministre (Défense), et ancien président de l’Assemblée Nationale, Rodolphe Joasil dont son parti avait plusieurs candidats rejetés pour ce même motif. Ils en sont sortis satisfaits ; tout au moins pour la concession faite par l’officiel du CEP. Le cas de Nawoom Marcelus était un peu plus complexe car, le candidat au sénat du Nord (Bouclier) était maire dans le Nord, il y a plus d’une vingtaine d’années et qu’il n’a pas présenté de certificat de décharge.

‘’Je l’ai présenté pour la députation et j’étais même élu ; lors des dernières sénatoriales, le CEP dont l’actuel président était directeur général avait jugé qu’il n’était pas nécessaire et je ne vois vraiment pas la raison pour laquelle je devrais le présenter encore pour le scrutin de 2015’’, a dit M. Marcelus et Mme Austin a précisé pour le concerné qu’on est en 2015 et qu’il y a un nouveau décret électoral qui le prévoit. En bon juriste, Me Gervais Charles a fait remarquer à Marie Carmelle Paul Austin qu’il y a prescription dans ce cas au niveau de la Cour des Comptes et il couvre une période de 20 ans. Cet argumentaire devrait donner raison à l’ancien maire et député de la Grande Rivière du Nord.

Le cas de l’ancien ministre de l’Agriculture et transfuge de l’OPL est complexe et délicat et suscite une réflexion humaine douloureuse même  pour un citoyen qui avait choisi de servir son pays en toute bonne foi et qui se retrouve avec un fardeau dont il ne peut s’en défaire. Sa candidature au sénat du Sud-est est rejetée presque de manière légitime même à cause d’un certificat de décharge qu’il n’a pu soumettre. Mais est-il responsable ?  Grald Mathurin était ministre de l’Agriculture sous la première administration du président Préval ; il a démissionné (chose rare en Haïti) parce qu’il n’était pas d’accord avec certaines orientations de ce régime. Il n’a pas sollicité de décharge parce qu’il pense que ce n’était pas le bon moment pour le faire, déclare-t-il à l’émission. ‘’Préval et toute cette famille politique contrôlait tout à ces époques’’ ; il l’a alors fait en 2012 mais, là, avec l’incendie du ministère, la Cour des Comptes n’a rien pu trouver comme dossiers pour auditer et le président du sénat actuel (du moins ce qui en reste), Andrice Riché lui a donné un certificat de carence qu’évidemment le CEP a jugé insuffisant au regard de la loi. 

‘’Je me sens humilié ; je suis comme un élève qui n’a pas réussi ses examens ; j’ai le sentiment que je suis condamné puisque je n’ai aucun moyen d’obtenir ce certificat de décharge et de fait, je suis exclu de toute vie politique active et aussi privé de mes droits civils alors que j’ai sans doute le dossier le plus vierge de l’Administration publique haïtienne ; je ne suis pas en train de crier pour un poste de sénateur ; loin de là mais, je constate amertume que je suis traité comme un moins que rien ; ça me perturbe énormément’’, a déclaré agronome Maturin provoquant une certaine désolation et même de la tristesse au panel y compris chez la conseillère qui indique que pour avoir elle-même servi l’Etat à différents échelons, elle comprend l’ex ministre Mathurin et elle est désolée que cela se passe ainsi. Les représentants du pouvoir, Guichard Doré et Kedlair Augustin, même s’il n’est plus dans l’équipe, soutiennent l’argumentaire selon lequel le CEP aurait du évoquer la théorie des actes impossibles pour admettre ces candidats sans décharge (ils ne sont pas responsables). Hugue Célestin, ancien député de la 48e législature et Vickens Derilus de la 49e disent voir clairement ou les défenseurs du pouvoir veulent arriver : le décret présidentiel de décharge pour des anciens ministres et premier ministre comme Lamothe par exemple.

‘’Je vous aurais vivement conseillé de ne même pas y penser’’, a averti M. Célestin. Assad Volcy de Pitit Dessalines, avec son ton toujours aussi acide contre le régime Tet Kale, s’était montré très préoccupé par rapport au sort des ‘’exclus’’ de sa formation aux prochaines compétitions électorales et en particulier pour Timothé Rony (candidat à la députation de Delmas rejeté pour titre de propriété). Stanley Lucas et le Dr George Michel sont inquiets pour le processus électoral ; l’un et l’autre ne sont pas d’accord avec la décision du CEP d’écarter la candidature de Sophia Martelly au sénat de l’Ouest. Pour M. Lucas, c’est un signal de rejet envoyé a la diaspora alors que pour M. Michel qui, depuis la Constitution de 1987 (d’ailleurs, il ne reconnait pas l’amendement) était contre l’exclusion de Boulos dans la dernière législature, ceci peut entraver la tenue des élections et jeter un gros doute sur la crédibilité des conseillers ; ‘’on dit déjà que c’est un carnet politique’’. Me Gervais Charles qui dit ne pas voir l’utilité d’un autre débat sur le cas Sophia Martelly est d’accord avec la décision du BCEN et maintient sa confiance au CEP.

Sur la visite de François Hollande et de l’accueil de Martelly, alors que Doré Guichard et Kedlair Augustin, question de convenance diplomatique, ont estimé que tout s’était plutôt bien passé, Hugue Célestin, Vickens Derilus, Assad Volcy (l’oubli sur Dessalines particulièrement) et Me Charles croient eux-mêmes que c’était un véritable fiasco et que le président Martelly a raté l’occasion d’essayer de cicatriser une plaie historique en l’évoquant justement. ‘’Pas étonnant que l’esprit de Dessalines ait fait tomber Hollande’’, a dit avec humour Gervais Charles. George Michel refuse lui-même de parler de dette de l’Indépendance mais, plutôt de dette françaises créant un certain étonnement au panel. Sur l’intervention (par téléphone de Lucien Jura) pour annoncer que le président de la République a fait un don d’un million de dollars au peuple népalais frappé la semaine dernière par un terrible tremblement de terre, Me Charles, tout en saluant le geste, dit espérer que Michel Martelly l’a fait sur son propre compte et non sur celui de l’Etat. Et l’ancien député de Torbeck, Guy Gérard George, était passé pour dénoncer la situation critique de la Côte Sud du pays qui ne reçoit deux heures de courant électrique que lorsque le Real Madrid ou Fc Barcelone jouent en Espagne.  

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