Le 19 février, vers 8 heures du matin, un camion de l’armée s’est arrêté devant l’entrée du batey Libertad, près de la ville de Mao, dans le nord de la province de Valverde, en République dominicaine. Les militaires ont demandé à un groupe de jeunes qui se trouvaient là de présenter leurs papiers d’identité. Wilson Sentimo, un Dominicain d’origine haïtienne, était le seul à ne pas les avoir sur lui.

Il a dit aux soldats qu’il était Dominicain, mais ceux-ci l’ont interpellé et l’ont forcé à monter dans le camion en lui disant qu’il était « Haïtien ». Il a tout d’abord été envoyé au poste militaire de Mao, puis dans la ville frontalière de Dajabon, en compagnie de 30 autres personnes. Tous ont été expulsés vers Haïti. Wilson Sentimo a passé la nuit dans la ville frontalière haïtienne d’Ounaminthe, où il a été hébergé dans une famille. Le 20 février, il a pu regagner Dajabon, de l’autre côté de la frontière, mais il ne peut toujours pas rentrer dans sa ville natale, parce qu’il n’a pas de papiers d’identité.

Wilson Sentimo est né en décembre 1989 à Esperanza, ville située dans le nord de la province de Valverde, de parents haïtiens. Sa mère a déclaré sa naissance, enregistrée à l’état civil dominicain en juillet 1990, et on lui a remis un certificat de naissance dominicain. Malgré de multiples demandes, il n’a jamais obtenu de carte d’identité dominicaine. Il détient une copie de son certificat de naissance, qui prouve qu’il est né en République dominicaine, mais les militaires ne lui ont pas laissé la possibilité de montrer ce document. Il a vécu toute sa vie en République dominicaine et n’a aucune attache à Haïti. Wilson Sentimo a des problèmes de vue et n’avait pas ses lunettes au moment de son arrestation.

Depuis une dizaine d’années, la majorité des Dominicains d’origine haïtienne sont systématiquement privés de leurs papiers d’identité et deviennent apatrides du fait de la décision rendue en septembre 2013 par la Cour constitutionnelle dominicaine. Cependant, face à la pression nationale et internationale, en mai 2014, le Congrès a adopté une loi (Loi 169-14) qui dispose que les enfants nés dans le pays de parents étrangers sans papiers, dont la naissance avait déjà été enregistrée à l’état civil dominicain, doivent être « accrédités en tant que citoyens dominicains » et recevoir des papiers d’identité. À la connaissance d’Amnesty International, seule une minorité de personnes ont bénéficié de cette loi.

Lire l'article sur le site de Amnesty International de la Belgique

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