Jeannot Jean , Pierre Esperance,Antoine Joseph, Marie Yolene Gilles, Jacques Sauveur Jean,Joseph Joel Louis, Edwige Lalanne, Jean Monard metellus, Ives Marie Chanel

Le principal responsable du Réseau National de Défense des Droits de l’Homme était monté au créneau  samedi pour s’en prendre à ce  pouvoir qui ne respecte pas les droits humains et qui d’ailleurs fait tout pour que la situation soit la plus pourrie que possible, a-t-il indiqué en citant pour exemple la situation qui prévaut depuis quelque temps dans le plus grand bidonville de la région métropolitaine et du pays.

‘’La bataille rangée des gangs qui a fait déjà fait beaucoup de victimes dans la cité est en grande partie imputable à l’Administration Martelly qui se comporte de plus en plus en pouvoir délinquant’’, a dit Pierre Esperance, toujours aussi franc et direct dans ses critiques. Ce franc-parler contrastait cependant avec la volonté délibérée de Jacques Sauveur Jean (Jackito) et du Dr Antoine Joseph de défendre le pouvoir à tous les coups même quand ils semblaient ne plus disposer d’arguments pour leur projet.

‘’Tu me connais trop bien M. Esperance pour croire que je serais venu aujourd’hui à Ranmase défendre un pouvoir délinquant ; je ne sais pas si Tet Kale a des agissements et des pratiques assimilables à un pouvoir voyou’’, a dit le Dr Pierre, coordonnateur du parti Tet Kale. Jackito a même essayé de faire la leçon au RNDDH en indiquant que si cet organisme de défense de droits humains veut qu’on prenne son travail au sérieux, il doit commencer par se respecter lui-même et ne pas se comporter en parti politique de l’opposition. Pierre Esperance de même que Marie Yolene Gilles (venue elle-même pour un autre dossier à l’émission) ont assisté sans broncher aux attaques des deux défenseurs de Tet Kale et le premier a repris sans désemparer la parole pour enfoncer le clou un peu plus profondément dans la plaie.

‘’Un criminel de grand chemin était arrêté en Novembre de l’année dernière et le palais National l’a fait libérer en Janvier de cette année et l’a armé (lourdement) et aujourd’hui, il est responsable de la plupart des crimes à Cite Soleil’’. Dr Antoine a tenté une justification maladroite qui a  fait rire le panel. ‘’Ça arrive des fois que l’on soit obligé de faire appel à un homme qui connait bien le terrain pour avoir été membre des gangs là-bas pour aider la police à mettre la main aux collets de ses anciens associés’’.

Le dirigeant des droits humains a sauté sur l’occasion pour faire remarquer au responsable du parti Tet Kale qu’implicitement il admet que le gouvernement qu’il défend est un pouvoir délinquant. Edwige Lalanne qui était là en sa qualité de conseiller du premier ministre Evans Paul (mais il n’a toujours pas signé son contrat) dit mal comprendre que le palais national soit vraiment mêlé à une histoire aussi sordide.

Concernant la violence à Cité Soleil et l’arrestation suivie de bastonnade de l’étudiant Chedler Guilloux, des camarades de promotion de ce dernier de même que Lelène Gilles étaient venus dénoncer cette grave violation des droits de la victim. L’ambassadeur Lalanne dit ne pas ne pas croire que le pouvoir soit derrière tout cela et il demande que le ministre de la Justice Pierre Richard Casimir intervienne rapidement pour que l’étudiant soit non seulement soigné mais aussi libéré si aucune charge n’est retenue contre lui.
Sur le dossier de la République dominicaine, sujet dominant du débat, Me Gervais Charles a dénoncé l’hypocrisie des dirigeants haïtiens qui, entrés en compromission avec les dominicains, ne peuvent aujourd’hui regarder les dominicains en face pour défendre la situation de nos migrants en territoire voisin. En témoigne, se souvient-il, la gestion calamiteuse du dossier de l’arrêt 168-13 ou la Communauté Internationale s’était emparée de la question pour faire une grande solidarité avec les haïtiens mais, Port-au-Prince avait préféré rapatrier le sujet et en faire un dossier de discussion bilatérale. Edwige Lalanne se souvient aussi et a encore critiqué ce choix qui nous a fait perdre un bel momentum.

Pendant que deux représentants du Collectif 4 Décembre (Jean Robert Argant et le professeur d’Histoire Joseph Joël Louis) s’enorgueillissent autour de la table du succès de la marche du 25 Février dernier, Jacques Sauveur Jean a déploré une certaine hypocrisie du côté haïtien car, “à bien des égards, les dominicains sont beaucoup plus coopératifs que nous autres haïtiens”.  “Il y en a qui ont offert de financer ma campagne pour le sénat du Nord-est, aucun haïtien ne le ferait’’, a dit le chanteur comme si lui qui vit sur la frontière était tombé en admiration pour ceux-là mêmes que nous critiquons avec tant de hargne et de dégout.

Yves Marie Chanel, journaliste qui connait bien le pays voisin pour y avoir vécu constate avec amertume la dégradation des rapports et surtout de la différence de niveau et de vie des deux côtés de la frontière. ‘’Dans les rues dominicaines, la plupart des mendiants que l’on croise sont des haïtiens et des femmes haïtiennes allaitent leurs enfants sur les trottoirs ; ce sont des images qui ont plutôt tendance à nous faire passer pour un peuple à problème dont il faut se débarrasser à tout prix”.

Les dirigeants haïtiens ne font rien pour freiner le flux de compatriotes qui traversent continuellement la frontière pour aller vivre dans la honte et l’humiliation là-bas’’. Edwige Lalanne et le Dr Antoine Joseph n’étaient eux-mêmes pas d’accord avec l’idée des gens de la société civile haïtienne (150 personnalités d’horizons divers) d’écrire une lettre à l’ancien président Leonel Fernandez pour le forcer à se positionner par rapport à cette campagne extrémiste anti-haïtienne.

‘’Il n’est plus au pouvoir ; j’aurais mieux compris si  la letter était adressée au président Danilo Medina’’, dira Lalanne alors que le Dr Joseph croit que cette démarche restera aussi vaine qu’inutile. Ce dernier a avancé que la République dominicaine essaie de nous faire payer les 21 ans d’occupation sous Boyer mais, le professeur Joseph Joël Louis n’y croit pas.

 ‘’Si les dominicains le jugent ainsi c’est un déni d’histoire car, en fait, il ne s’agissait pas  d’une occupation puisqu’on ne leur avait pas imposé notre langue et ni le vodou non plus ; en plus des élus dominicains siégeaient dans notre parlement’’, a dit l’ancien député de Savanette, dans le plateau central.

En fin d’émission, tout un débat a opposé Lelène Gilles et Pierre Esperance venus contester la nomination de Josué Pierre Louis au poste de secrétaire général de la primature parce qu’il serait un prédateur sexuel et un immoral alors que Guy Delva (au téléphone), le Dr Joseph, Jackito et a un degré moindre Edwige Lalanne ont pris sa défense. Joseph Joël Louis croit lui-même que le pouvoir a fait preuve de légèreté en faisant ce choix parce que “le bonhomme, même s’il n’est pas condamné, est de moralité douteuse”. 

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