Jeannot Jean , Antonal Mortime, Lucien Jura, Antoine Auguste, Guichard Dore, Gedeon Jean, Serge jean Louis,Jean Monard Metellus

Le sénateur de l’Ouest qui est un mordu du carnaval et qui s’y connait aussi avait décidé de ne pas y prendre part cette année. Avait-il l’esprit averti (prémonition) ou son jugement et sa décision étaient-ils motivés par le contexte de crise politique actuelle qui pourrit l’atmosphère et le paysage du centre-ville avec des manifestations çà et là et certaines, particulièrement celles des étudiants (pour une baisse substantielle du prix de l’essence) sont souvent violentes.

On en sait rien. Tujours est-il que le parlementaire n’avait pas voulu s’étendre trop là-dessus hier à cette émission de Ranmase, question de laisser les parents effondrés par la disparition de leurs proches dans de telles circonstances, d’enterrer les victimes en toute dignité, tranquillité et dans la paix. Mais, le parlementaire n’a quand même pu s’empêcher d’entrer dans certaines considérations sur les causes du drame et aussi sur les grandes carences et lacunes qui lui ont permis d’avoir la dimension tragique qu’il a eue.

Steven Benoit se souvient, dans le temps, au carrefour difficile de Air France (zone très exigüe), lorsqu’ on avait tendance à ne plus opouvoir respirer à cause justement de la concentration de la foule dans cette zone peu spacieuse, on pouvait trouver un exit du côté du Ciné Triomphe ou à côté  de Air France mais, depuis l’arrivée de Martelly au pouvoir, avec son stand imposant à ce carrefour, ces deux possibilités de sortie  n’existant plus, les carnavaliers sont plus que jamais exposés d’autant qu’avec une trentaine d’hommes armés devant le stand du chef de l’Etat, le carrefour est devenu une zone à gros risque ou seuls ‘’les gros ponyet’’ ont droit de citer.

Avant, sous les administrations des présidents Duvalier, Aristide et Préval, ou bien, un stand était  construit  sur la Cour du palais ou bien ces chefs, particulièrement le premier, font un petit tour sur le parcours du carnaval avant l’arrivée de la grande foule et des groupes musicaux. Steven Benoit croit que si le stand n’était pas aussi imposant à ce carrefour précisément, il y aurait eu certainement de meilleures possibilités d’évacuation et on n’aurait certainement pas autant de morts dans ce drame. Le parlementaire croit même que les hommes de la sécurité de Martelly auraient même frappé des gens qui tentaient de trouver refuge à côté  du stand présidentiel.

Serge Jean Louis du MOPOD va même plus loin pour indiquer que les agents de l’USGPN assurant la sécurité du stand auraient tiré sur la foule qui tentait de s’en approcher. L’ancien député croit que le bilan de 17 morts avancés par le pouvoir est très loin de refléter la réalité du drame. ‘’Il y a eu certainement plus de morts et certains le sont par balles’’, a-t-il encore dit renforçant ainsi Anthonal Mortime de la POHDH qui avait souhaité que l’autopsie des cadavres soit réalisée pour dissiper tous les doutes.

Le porte-parole de la présidence a indiqué que l’autopsie a bel et bien été réalisée. Mais, le dirigeant des droits humains a repris pour indiquer que l’autopsie doit aller au chef du parquet pour les suites légales. Me Gédéon Jean dit s’étonner de la rapidité avec laquelle cette autopsie a été faite (3 jours pour 17 cadavres) alors qu’on n’avait pas pu faire celle du juge Jean Serge Joseph. Anthonal Mortimee est revenu à la charge pour dénoncer le tempérament autoritaire du chef de l’Etat qui a choisi de prendre sous sa responsabilité l’éviction de certains groupes racines et Rap du défilé du Carnaval depuis plus de trois ans violant ainsi les droits d’expression et économique des artistes victimes.

Doré Guichard a tenté une maladroite explication sur l’absence de certains groupes au défilé du carnaval sous prétexte que le comité du carnaval aurait eu toute sa latitude pour décider et que c’est sous la base de ces critères bien établis qu’ils auraient été absents. Le panel qui a niaisé sur l’intervention de M. Guichard lui a quand même rappelé que le président Martelly avait lui-même expliqué une fois pourquoi il n’avait pas accepté Brother’s Possee à ‘’son carnaval’’.

Jean Robert Argant, ancien président de la Chambre de Commerce d’Haïti et membre fondateur du Collectif 4 Décembre a déploré les défaillances au niveau organisationnel à la base du drame du 17 Février dernier au Champ de Mars. ‘’Ce n’est pas possible que l’on continue à utiliser le même parcours pour le carnaval alors qu’au début on avait une capitale a 300.000 habitants et aujourd’hui, on est à plus de 3 millions d’âmes’’. Antoine Auguste du même Collectif a fait une analyse succincte pour bien montrer que ce qui se fait en Haïti est peut-être tout, sauf du carnaval et il a pris l’exemple des pays comme le Brésil ou Trinidad pour justifier ses dires. Il préconise une privatisation du Carnaval (dans le bon sens, pas comme cela se fait aujourd’hui) pour désengager l’Etat et en même temps résoudre cet esprit paternaliste qui caractérise nos chefs de l’Etat et en particulier Martelly. Le collectif avec ses membres présents et organisations partenaires (Gédéon Jean, Antoine Auguste e

t Jean Robert Argant) en a profité pour inviter la population à cette marche de protestation et de recherche d’identité face à l’affront (un nouveau) de la République dominicaine la semaine à venir.  Et, la grande curiosité et nouveauté de l’émission était la présence du directeur du Cimetière de Port-Au-Prince pour expliquer, comme Serge Jean Louis l’avait souhaité) la présence d’un stand du cimetière de Port-Au-Prince sur le parcours du Carnaval. Lilianne Pierre-Paul a appelé à l’émission pour s’en prendre au directeur pour ses tentatives de justification de ce fait qui est, d’après la grande vedette du journal de 4hPm sur Kiskeya, un non-respect pour les morts et un fait inqualifiable qu’on ne saurait tolérer. 

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