Evaliere Beauplan, ancien sénateur du Nord-Ouest

L’ancien sénateur du Nord-Ouestà la 48ème législature qui s’était volontairement abstenu de toute déclaration publique depuis le début de l’ère Martely et qui n’a refait surface que cette semaine a posé un problème auquel les panélistes n’ont pu trouver de référence juridique et constitutionnelle pour y répondre.  Comment, dit-il, des ministres démissionnaires qui n’ont pu obtenir décharge de leur gestion pour avoir été comptables de deniers publics, peuvent ils être reconduits sans problème dans un autre gouvernement dirigé par un autre premier ministre.

Le juriste Camille Leblanc, soutien voilé au premier ministre Evans Paul, est d’accord avec l’argumentaire de Evaliere Beauplan car, à son sens, le seul fait que le gouvernement est démissionnaire sous-entend déjà que les ministres n’ont plus de grandes responsabilités  et voilà que le nouveau PM est installé sans ses ministres, cela écarte totalement la thèse qu’ils n’ont jamais été mis à pied et qu’ils auraient été en charge sans discontinuité. 

Le sénateur Andrice Riche a soufflé le chaud et le froid sur l’émission et parfois on a peine à savoir s’il est du côté du pouvoir ou de l’opposition, un peu comme son parti (OPL). Tout en étant d’accord avec la position de son ancien collègue du grand corps, il a admis qu’un certificat de décharge délivré par le chef de l’Etat sur avis favorable du conseil des ministres aurait pu faire l’affaire mais, le hic, c’est qu’il ne pouvait y avoir de réunion en conseil puisque les ministres sont démissionnaires. 

Le modérateur (Jean-Monard Metellus) a alors fait remarquer au panel qu’il intervient comme si tout était correct et comme si l’on n’avait pas affaire à un gouvernement de facto. En de telles circonstances, il est presque superflu de s’embarrasser de tant de scrupules et de procédures légales, on peut tout faire en considérant évidemment qu’on est dans un régime d’exception.

Dr Jean Enold Buteau a fait une analyse structurelle pour bien montrer l’origine du mal haïtien et l’hypocrisie d’une communauté internationale à l’aise pour imposer au pays ce qui n’est même pas envisageable chez elle.
‘’Aujourd’hui, quoi qu’il fasse, Martelly est un bon président aux yeux du blanc puisqu’il l’avait imposé et des collabos haïtiens (certains partis politiques), pour satisfaire de mesquins intérêts politiques nous diront pour ‘’sauver le pays’’, on a conclu des accords alors qu’en réalité, ces accords ne font que nous enfoncer un peu plus dans la situation de misère et de chaos dans laquelle pataugent nos malheureux compatriotes’’.

Il n’y a pas d’issue possible, pas d’autres alternatives si ce n’est le départ anticipé de Martelly car, l’on a vu justement avec El Rancho, Best Western et le dernier en date, ce sont des solutions de saupoudrage qui ne font que retarder l’échéance ineluctable, a poursuivi Dr Jean Enold Buteau.

Dieudonne Saint-Cyr, journaliste de formation, ex transfuge de INITE (qu’il dit justement avoir quitté pour ne pas renier ses convictions profondes et ne pas pactiser avec le mal comme le font ses anciens dirigeants pour répondre à Andrice Riche qui l’avait interpellé) a rejoint le Dr Buteau dans son analyse et sa conclusion. Evans Paul n’est pas le seul de facto des deux têtes de l’Exécutif, Martelly l’est aussi car, la Constitution n’avait pas prévu de situation où il dirigerait seul (sans le parlement), a-t-il martelé. M. Saint-Cyr prévoit que le mouvement de rue va finalement emporter le tandem Martelly-Paul pour remettre le pays sur les rails de la démocratie et du progrès.

Principal dirigeant du PONT depuis le retrait de Jean Marie Cherestal, Evaliere Beauplan s’est proposé de faire le pont entre un pouvoir qui n’a aucun repère et qui s’est engagé dans une bataille qui risque de lui être fatal (il n’a aujourd’hui pas de légitimité alors que la contestation s’amplifie dans les rues) et une opposition peut être trop radicale et qui doit apprendre à s’asseoir entre haïtiens pour discuter. Andrice Riché lui aussi est conscient de l’impasse, il préconise dès  mercredi un ‘’chita tande’’ entre tous les acteurs (Martelly, K-Plim, opposition radicale et modérée) pour sortir un document qu’ils s’engageraient à respecter.  

Soutien subtil à Martelly mais déclaré à Evens Paul, Andrice est très évasif quand on lui demande si toutes les options y compris “tabula rasa” (départ de tout le monde pour des élections générales), l’homme est resté évasif dans sa réponse. Me Leblanc a voulu reconnaitre une certaine légalité au PM (et non pas à ses ministres) mais, il est vite pris à partie par Dieudonne Saint-Cyr qui rappelle à l’ancien ministre de la Justice que l’ancien maire de la capitale n’a pas eu la bénédiction du parlement pour occuper la fonction.  

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