Ranmase du 6 Décmbre 2014 au Môle St-Nicolas

Huit heures d’horloge, voilà le temps qu’il nous a fallu vendredi pour arriver dans ce petit bijou, cet Oasis situé dans un désert (pour répéter Saurel Yacinthe) en allusion à cette ville chaleureuse et accueillante qui avait déployé ses mille couleurs pour recevoir l’émission du samedi matin sur Caraïbes FM, Ranmase, le show haïtien le plus chaud sur la bande FM et aussi le plus suivi au pays et dans la diaspora haïtienne dans le monde entier.

Une route escarpée et très dangereuse qui nous conduit tantôt au sommet des collines, tantôt dans des champs de cactus (j’avais même dit à mes accompagnateurs, le chauffeur, le photographe et le technicien que si jamais la voiture devait nous jeter au fond de ces précipices, l’on ne retrouverait pas nos restes, il faudrait que les funérailles se fassent sur place) ; Dieu soit loué, il n’avait pas tombé une goutte de pluie sur cette route (puisqu’il convient quand même de l’appeler ainsi), et, avec des nerfs fatigués et un moral pas du tout au beau fixe, au bout de tant de gymnastiques d’un conducteur épuisé, nous avons pu apercevoir la lumière  (les lampadaires) installés a l’entrée de la ville et, en dépit du fait que nous avions encore du chemin à faire, nous avions vite compris que nous étions au bout de nos peines puisque depuis que nous avions laissé Jean Rabel, nous n’avons remarqué pas une seule maison, même pas un taudis.

Evidemment, l’on s’est dit aussi qui serait assez fou pour habiter sur ces terres ou aucune herbe, même sauvage n’avait poussé ; un constat quasi identique pour plusieurs régions de ce département du Nord-Ouest, en proie à de grandes difficultés pour assurer leur survie (l’on a aussi compris pourquoi  on disait si souvent que certains habitaient du Nord-Ouest en sont souvent arrivés à consommer de la terre). Moi, à la différence de mes amis, dans ce véhicule, je me réjouissais de pouvoir voir cette misère et ce drame de près ; instinct de journaliste oblige car, c’est après tout une manne d’information pour moi qui n’avais jamais mis les pieds auparavant dans cette région du pays. 

5 minutes après notre arrivée, l’on avait déjà oublié nos déboires sur la route (l’on avait eu  aucune panne) car, c’est une ville souriante et belle qui nous a accueillis et le Columbus, hôtel de plage ou nous avions établi notre quartier général (que nous n’avions d’ailleurs jamais quitté)  était un vrai paradis avec un PDG (Rodolphe ‘’Roro’’ Nemorin) qui s’est converti en simple serveur pour rendre ce court séjour inoubliable. Sans faire de jalousie, mes collaborateurs et moi avions conclu que nous n’avons vu ce cadre nulle part ailleurs dans le pays (pas les chambres et le personnel car, l’hôtel n’est même  pas encore inauguré mais, l’environnement, la plage, la cour de l’hôtel et la piscine).

 Alors que l’on revoyait avec les autres camarades de la Télévision Caraïbes arrivés eux-mêmes la veille pour assurer la retransmission des cérémonies dans le cadre de la patronale de la ville le film de notre journée et de notre voyage, on a appris que nous aurions pu laisser notre peau sur la route que nous avons choisie de faire (le bord de mer) avec des hommes en armes qui ont l’habitude de venir se cacher dans les buissons en quête d’éventuels débarquements de cargaisons de cocaïnes par hélicoptère. L’on mettra 5 heures pour revenir à Port-au-Prince, le surlendemain (dimanche) car, cette fois-ci, nous avons été encadrés par d’autres véhicules avec des gens habitués de la région et qui ont fait le ‘’ceinturon’’ avec nous (une toute voie ou nous avons évité Gros-Morne, Port de Paix, Bassin bleu, Chansolme et Jean Rabel de l’arrivée et faire cette fois-ci Bombardopolis, Mar Rouge, Baie-de-Henne et ANSE Rouge).

Sur l’émission en elle-même  (un colossal succès, dira tout le monde), on a eu un Steven Benoit déterminé et fonceur, un Saurel Yacinthe, mordant et perspicace, un Acluche Louis-Jeune direct et franc, un Eloun Doreus bien dans son costume de hôte de l’évènement et qui n’a quand même pas oublié ses gants de boxe pour acculer le pouvoir, un agronome William Michel qui a eu le mérite de faire le déplacement pour nous et qui a essayé de concilier les positions même s’il continue de garder une certaine affinité pour le pouvoir Tet Kale, un Cholzer Chancy coincé dans sa position à cause de sa très grande amitié avec le trio Saurel-Acluche-Eloun et son léger penchant naturel pour le régime au pouvoir, un Pierre Martin Tatoune (député de Chansolme-Bassin Bleu), nouveau  dans ce rôle de débatteur et qui a essayé tout comme les autres élus du département de défendre sa région ; le sénateur Melius Hypolite a été sobre et calme dans son intervention (il devait nous laisser pour se rendre à la messe du jour) et le porte-parole de la primature était seul, du moins presque, face à tous pour se défendre et défendre le pouvoir face aux assauts répétés  des opposants ; alors que l’ancien ministre de l’Agriculture, Joanas Gay qui semble prendre gout dans la politique active (même s’il n’a pas de militance connue dans un parti quelconque) a apporté de grands éclairages sur plusieurs sujets abordés  tels  la pêche inexploitée ou mal exploitée (presque seule grande ressource de la zone), la problématique de ‘’Trois Rivières’’ qui représente pour le Nord’Ouest ce que Le Nil symbolise pour l’Egypte, le maillage routier qui était le grand rêve de René Préval et qui n’a pas été suivi pour le Nord’Ouest et sur un le plan national, il a démontré l’effet nocif que peut avoir le très mauvais classement d’Haïti dans le rapport  de Transparency International ; en fait, il voulait trancher entre Steven Benoit qui acculait le pouvoir pour ce classement de la honte et Me Kedlair Augustin qui avait essayé de se chercher des excuses dans le retard mis par le parlement (la chambre des députés avec sa majorité PSP) à voter la loi sur la corruption et le blanchiment des avoirs. Saurel Yacinthe a eu, pendant plusieurs minutes, des échanges pimentés avec Me Augustin, sur l’oubli total dont est victime le Nord’Ouest et particulièrement en matière infrastructurelle (routes, hôpitaux etc..). 

Le sénateur Benoit était lui aussi très remonté pour les 325 millions de dollars octroyés aux 4 firmes du sénateur Bautista  pour la construction de plusieurs édifices publics dont le ministère des Affaires Etrangères et qui risquent d’être anéantis avec la perspective de l’arrestation du parlementaire dominicain dans son pays. Il est tout aussi scandalisé par le nombre ahurissants de véhicules tout terrain  blindés achetés par le pouvoir alors que cet argent aurait bien pu servir à construire une bonne partie de la route reliant Mole St Nicolas, la première ville du pays. Et Lamothe dans tout ça ? Ils étaient très peu, si ce n’est Kedlair Augustin seul, à croire qu’une solution peut être trouvée avec l’actuel premier ministre toujours aux commandes. Chapeau pour l’accueil au Mole St Nicolas, chapeau pour le député Eloun Doreus et le PDG de Hôtel Columbus Beach Resort, Rodolphe (Roro) Nemorin.

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