« Un consensus national pour le relèvement national » c’est le titre d’un document publié à Port-au-Prince aujourd’hui par trois (3) partis politiques : Organisation du Peuple en Lutte (OPL), la Fusion des Socio-Démocrates et KONTRAPEPLA.
Dans ce document, les signataires plaident en faveur d’un dialogue national devant aboutir à un accord politique dont ils définissent les grandes lignes. Cet accord, lit-on, dans ce document incluera « la mise en place d’un gouvernement de sauvetage national dirigé par un Premier Ministre de consensus jusqu’à la fin du mandat président.

« Un consensus national pour le relèvement national » c’est le titre d’un document publié à Port-au-Prince aujourd’hui par trois (3) partis politiques : Organisation du Peuple en Lutte (OPL), la Fusion des Socio-Démocrates et KONTRAPEPLA.
Dans ce document, les signataires plaident en faveur d’un dialogue national devant aboutir à un accord politique dont ils définissent les grandes lignes. Cet accord, lit-on, dans ce document incluera « la mise en place d’un gouvernement de sauvetage national dirigé par un Premier Ministre de consensus jusqu’à la fin du mandat président.

Le document dans son intégralité.

Un consensus national pour le relèvement national

Contexte

Avec un passé  très lourd de conséquences : colonie, société esclavagiste, guerre de la terre brulée pour arracher son indépendance, absence de cadres pour faire fonctionner le nouvel État, mise en quarantaine par les puissances coloniales esclavagistes, spectre de retour de l’ancienne métropole battue par l’armée indigène, occupation militaire américaine directe pendant près de vingt ans, diverses formes d’ingérence et de mise sous tutelle internationale, Haïti, après 210 ans d’existence, traîne un douloureux héritage et n’arrive pas encore à sortir du bourbier. Au contraire, les dernières décennies ont vu cette situation se détériorer complètement. À la perte quasi totale de tous les attributs de souveraineté, à l’approfondissement d’une misère abjecte dans laquelle végète la grande majorité de la population, est venu se greffer le risque d’un chaos généralisé remettant en cause la survie même de cette entité nationale, déjà qualifiée au titre du chapitre VII  de la Charte de l’ONU, de menace pour la paix et la sécurité internationales.

Aujourd’hui, le pays  atteint un niveau de délabrement plus qu’alarmant après tant de décennies perdues dans des brigandages politiques à répétition, de soumission avilissante au diktat étranger, de violences fratricides gratuites, de gabegies administratives, de corruption, de formes rétrogrades de gouvernance autoritaire et parasitaire. Cette situation qui fait douter plus d’un de la capacité des élites haïtiennes à prendre en main la destinée de leur nation est sur le point de contredire la vielle formule : un pays ne meurt jamais.

Après deux siècles de mauvaise gouvernance, l’échec frappe à nos portes et nous devons tous payer la facture. Après plusieurs années de troubles politiques, le pays bascule totalement dans l’amateurisme et l’irresponsabilité. Le comportement délétère du pouvoir en place pousse une bonne frange du secteur politique et de la société civile à sortir de la stratégie de l’accommodement pour poser de façon sérieuse et définitive le problème de la reconstruction/refondation de l’État-Nation. En un mot, comment sortir Haïti de l’indignité pour en faire un pays où il fait bon vivre pour toutes et pour tous ?

Ce tableau alarmant doit nous interpeller et certainement nous conduire à l’élaboration et à la signature d’un accord global et national. Le président Martelly semble prendre conscience de la nécessité d’un dialogue; ses visites auprès des partis politiques laissent augurer une ère de recherche de compromis.  La Commission de la Conférence Episcopale pour la médiation s’est proposée comme facilitatrice dans le cadre d’un dialogue entre les différents secteurs/acteurs politiques.

Nous, signataires du présent engagement, croyons fermement que chaque secteur de la vie nationale aurait donc intérêt  à  utiliser la voie du dialogue et à accepter de faire des sacrifices  dans la recherche d’un consensus minimal visant la construction d’une nouvelle Haïti.

CONTENU DE L’ACCORD POLITIQUE GLOBAL

L’Accord politique devra aborder, entr’autres, les questions fondamentales suivantes :

•QUELLE HAITI POUR QUELS CITOYEN ET CITOYENNE ?

•QUELLE ECOLE  POUR QUELLE SOCIETE?

•COMMENT AMENAGER LE TERRITOIRE NATIONAL DANS L’INTERET DE LA POPULATION ?

•QUELLE POLITIQUE ENVIRONEMENTALE,

•COMMENT DIVORCER DE FAÇON DEFINITIVE D’AVEC LES ELECTIONS FRAUDULEUSES, VERITABLES SOURCES DE DESTABILISATION DU PAYS ?

•QUEL TYPE DE GOUVERNANCE ?

•QUEL CHOIX ECONOMIQUE ?

•QUELLE POLITIQUE ENERGETIQUE ?

•QUELLE POLITIQUE DE L’HABITAT ?

•QUELLES POLITIQUES PUBLIQUES ?

•QUELLE POLITIQUE ETRANGERE

•COMMENT GARANTIR L’ACCORD ?

STRATEGIE DE MISE EN OEUVRE

nt compte de l’état de dislocation de toutes les institutions du pays, il serait utopique de rechercher maintenant un consensus national sur l’ensemble des points qui composent l’Accord. Nous pensons qu’il y a lieu de choisir une stratégie en trois étapes : à court, moyen et long termes.

•A COURT TERME

Conscients de la gravité de la crise politique et institutionnelle que traverse notre pays ;

Convaincus qu’il faut prendre toutes les dispositions qui s’imposent pour engager des discussions sérieuses entre des acteurs politiques et des organisations de la société civile ;

Considérant qu’il importe de préserver la stabilité politique du pays ;

Considérant les retards successifs enregistrés dans la tenue des élections ;

Considérant que le président de la République a la responsabilité constitutionnelle de garantir le bon fonctionnement des institutions du pays ;

Considérant que les dispositions nécessaires n’ont pas été prises à temps afin de réaliser les élections visant à remplacer le premier tiers du Sénat arrivé en fin de mandat et tous les membres des collectivités territoriales ;

Considérant que l’actuelle machine électorale souffre d’un énorme déficit de crédibilité;

Considérant qu’il importe de préserver ou de créer un climat d’apaisement favorable à la réalisation de bonnes élections ;

Considérant que la signature et le respect d’un Accord Politique constitue une urgente nécessité pour atteindre ces objectifs ;

Considérant  l’absence d’une alternative nationale et solide capable de prendre en main la direction du pays afin d’éviter le  chaos qui servira de prétexte à un durcissement de la tutelle internationale ;

L’ACCORD POLITIQUE #1 porte sur les mesures à prendre pour la tenue d’élections à la fin de l’année 2014. Dans cette optique l’Accord incluera :

A.

La mise en place d’un gouvernement de sauvetage national  dirigé par un Premier ministre de consensus jusqu’à la fin du mandat présidentiel.

Ce gouvernement sera composé de personnalités connues et crédibles du monde politique (partis politiques), de la société civile, du secteur des droits humains, le secteur femme, le secteur paysan. Ce nouveau gouvernement aura une feuille de route avec quatre objectifs principaux :

1. Combattre la corruption ;

2. Harmoniser  les rapports entre les trois pouvoirs de l’État ;

3. Créer les conditions pour la réalisation de bonnes élections inscrites dans le cadre de la quête de la souveraineté nationale pour les 2/3 du Sénat, le renouvellement de la chambre des députés et des membres des collectivités territoriales à la fin de l’année 2014 ;

4. Mettre en place les mécanismes en vue de la convocation des États Généraux de la Nation.

A.

La mise en place d’un Conseil Électoral Provisoire de consensus qui aura la responsabilité de l’organisation des élections au mois d’octobre 2014.

B.

La mise en place dans les trois (3) jours suivant la signature de l’Accord d’un Observatoire National chargé du suivi de l’application du présent Accord.

•MOYEN TERME

L’Accord # 2 portera sur les questions suivantes :

1. L’Elaboration d’un pacte de gouvernabilité ;

2. La mise en application des résolutions du Sénat de la République relatives au départ de la MINUSTAH ;

3. La recherche d’un consensus pour la préparation d’un nouvel amendement constitutionnel.

•LONG TERME

L’Accord # 3 ou final  portera sur les questions d’ordre structurel par :

La convocation des États Généraux en vue de la Refondation de l’Etat-Nation  impliquant :

1. La recherche d’un consensus national sur la reconstruction  d’Haïti ;

2. Le débat national sur l’aménagement du territoire ;

3. L’adoption d’une nouvelle politique de l’habitat ;

4. Le choix d’une nouvelle politique économique et sociale ;

5. Le choix d’une politique énergétique,  etc.

En guise de conclusion :

POUR ASSURER LA REUSSITE DE CE GRAND PROJET DE SAUVETAGE NATIONAL, LES PARTIES SIGNATAIRES DE L’ACCORD POLITIQUE GLOBAL DOIVENT METTRE EN PLACE UN OBSERVATOIRE NATIONAL CHARGÉ DU SUIVI DES ENGAGEMENTS PRIS. CETTE INSTANCE SERA COMPOSÉE DE PERSONNALITÉS DU SECTEUR RELIGIEUX,  DE DIFFÉRENTS SEGMENTS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE ET DU SECTEUR PRIVÉ DES AFFAIRES.

SA MISSION PRINCIPALE CONSISTERA A :

•OBSERVER LE COMPORTEMENT DES SIGNATAIRES DE L’ACCORD POLITIQUE GLOBAL ;

•RAPPELER AUX PARTIES LES ENGAGEMENTS PRIS CHAQUE FOIS QU’IL Y A DÉRIVES ;

•RAMENER LES PARTIES A LA TABLE DE CONCILIATION.

 

Fait à Port au Prince, le 14 janvier 2014

Pour l’OPL                              Pour la Fusion                                   Pour KONTRAPEPLA

Sauveur P. Etienne                  Edmonde S. Beauzile                         Jean William Jeanty

Vasco Thernelan                     Rosemond  Pradel                               Rudolph Prudent

Francois A. Joseph                  Victor Benoit                                       Maxime Magloire

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