Dans une lettre adressée au président de la république, Michel Joseph Martelly, le président du sénat, Simon Dieuseul Desras, tire la sonnette d'alarme sur les  nombreuses affaires qui font partie, depuis quelques semaines, du lexique politique haïtien: "la scabreuse affaire des « cartes de la présidence », la lenteur délibérée du processus électoral, la mort subite, et empestée de toutes les suspicions, d’un juge porteur d’un dossier sensible ...".

Dans une lettre adressée au président de la république, Michel Joseph Martelly, le président du sénat, Simon Dieuseul Desras, tire la sonnette d'alarme sur les  nombreuses affaires qui font partie, depuis quelques semaines, du lexique politique haïtien: "la scabreuse affaire des « cartes de la présidence », la lenteur délibérée du processus électoral, la mort subite, et empestée de toutes les suspicions, d’un juge porteur d’un dossier sensible ...". Tout en suggérant au Chef de l'Etat d'initier des consultations avec le représentants "des secteurs vitaux de la nation en vue de ramener la cohésion nationale", le sénateur Desras déclare "qu’il est totalement contre-indiquéde jouer sur le temps, les hasards et les distorsions du jeu politicien, pour fragiliser le Parlement,et  l’assujettir".

La lettre dans son intégralité:

Son Excellence

Michel Joseph MARTELLY

Président de la République d’Haïti.

En ses Bureaux

Monsieur le Président de la République,

 

Mon statut de Président de l’Assemblée Nationale m’autorise, àce carrefour crucial de la vie nationale, àvous adresser cette correspondance pour vous faire part du souci et de la détermination du Pouvoir Législatif de sauvegarder les acquis démocratiques et de contribuer àla consolidation et àla pérennitédes institutions républicaines.

 

Monsieur le Président,

La Nation toute entière est consciente depuis quelque temps de son enlisement dans une zone de turbulence infestée d’interrogations angoissantes, de doutes et de rumeurs délétères, minée d’alarmes de dangers imminents, de tensions sociales, de crises de méfiance, dont la persistance peut être infiniment préjudiciable àla paix publique et àla stabilitépolitique.

Certes, il n’est pas utile de dresser ici l’inventaire exhaustif des drames qui empoisonnent cette conjoncture. Force est de reconnaître toutefois que la scabreuse affaire des « cartes de la présidence », la lenteur délibérée du processus électoral, la mort subite, et empestée de toutes les suspicions, d’un juge porteur d’un dossier sensible…tout cela entretient un climat de défiance impropre àune communication saine et fructueuse entre les Grands Pouvoirs de l’État, conjointement engagés dans la gouvernance démocratique de notre pays.

En ce qui nous concerne directement en tant que Pouvoir législatif, nous déclarons qu’il est totalement contre-indiquéde jouer sur le temps, les hasards et les distorsions du jeu politicien, pour fragiliser le Parlement,et  l’assujettir .Un tel projet, d’ailleurs tout prémédité, ne saurait réussir, parce qu’il met d’abord en jeu la responsabilitédu Président de la République aux termes de l’article 136 de la Constitution de 1987 amendée ; il serait en outre arbitraire, voire totalitaire, àl’ère de la globalisation et de l’universalisation de la démocratie, àlaquelle  Haïti a choisi d’être partie prenante et intégrale.

Fort du principe de légalité, notamment de la superlégalitéconstitutionnelle, indiscutable dans son application et ses enchaînements…et investi de prérogatives de puissance publique, dans la gestion des dossiers d’intérêt national, le Parlement vous invite, Monsieur le Président, àmettre en branle les mécanismes de dialogue nécessaires au consensus, àla concertation et àl’harmonisation des rapports entre les Grands Pouvoirs de l’État. Par ailleurs, il vous suggère d’initier des consultations avec les secteurs vitaux de la nation : La Sociétécivile, les Partis politiques, les organisations de Droits humains, le monde des affaires, les syndicats, le secteur féminin, le secteur paysan, etc. afin de ramener la cohésion nationale et de lever, notamment, toute hypothèque ou ambigüitémettant en question la tenue immédiate des élections, l’indépendance et l’équilibre des Pouvoirs, le respect absolu du mandat des élus, comme du vôtre propre.

Dans la mouvance actuelle de  reconstruction et de refondation nationales, le pays a besoin de paix et de sérénité. Il nous incombe ànous tous, dirigeants et gouvernés, d’y contribuer àla mesure de notre civisme et de la sincéritéde notre amour pour la Patrie commune.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Caveant Consules !

 

                                                            Simon Dieuseul Desras

                                                            Président du Sénat de la République

 

 


 

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