Le président Obama à Boston ce 12 Juin pour supporter la campagne d'Ed MarkeyLes démocrates souffrent-ils toujours du « syndrome de  Scott Brown » ? Trois ans après la surprenante victoire de ce républicain (venu de nulle part) sur la très populaire (attorney general) Martha Coakley pour remplacer l’ancien sénateur Edward Kennedy, l’une des figures emblématiques de la politique américaine, les démocrates ont bien appris leur leçon en mobilisant, cette fois,  ressources financières et capital humain pour donner la victoire le mardi 25 juin prochain à leur poulain Ed Markey et garder ainsi le siège de John Kerry qui a succédé, il y a quelques mois, à Hillary Clinton à la tête de la diplomatie américaine.

Le président Obama à Boston ce 12 Juin pour supporter la campagne d'Ed MarkeyLes démocrates souffrent-ils toujours du « syndrome de  Scott Brown » ? Trois ans après la surprenante victoire de ce républicain (venu de nulle part) sur la très populaire (attorney general) Martha Coakley pour remplacer l’ancien sénateur Edward Kennedy, l’une des figures emblématiques de la politique américaine, les démocrates ont bien appris leur leçon en mobilisant, cette fois,  ressources financières et capital humain pour donner la victoire le mardi 25 juin prochain à leur poulain Ed Markey et garder ainsi le siège de John Kerry qui a succédé, il y a quelques mois, à Hillary Clinton à la tête de la diplomatie américaine.

Après la Première Dame des Etats-Unis à la fin du mois de mai dernier, c’est le président lui-même qui a fait le déplacement aujourd’hui à Boston pour prêter main forte à la campagne d’Ed Markey (66ans), ce vétéran représentant le Massachusetts depuis 37 ans au Congrès, engagé dans une course au finish face à un néophyte politique, Gabriel Gomez (47 ans), d’origine colombienne, un ancien membre de la principale force spéciale de la marine de guerre des États-Unis (Navy Seal).

En effet, à moins de deux semaines du deuxième tour de ces élections spéciales, un sondage de Suffolk University, conduit les 5 et 6 juin dernier, donne le vétéran démocrate gagnant avec seulement 7 points (48-41) alors que le 4 juin l’écart était de 12 points selon un autre sondage de New England College. Au mois de mai, Ed Markey menait par 17 points. Qu’est-ce qui a changé en l’espace d’une semaine ? Gomez gagne-t-il du terrain ou la campagne de Markey a-t-elle baissé en intensité ? Les scandales à répétition à Washington (l’espionnage téléphonique sur le territoire américain conduit par la principale agence de sécurité des Etats-Unis, le scandale dans lequel est impliquée l’IRS, agence fédérale de collecte de l’impôt, les rebondissementsquasi mensulles de l’attentat contre l’ambassade américaine à Benghazi le 11 septembre 2012) ont-ils un effet démoralisateur sur l’électorat ?

Autant de questions auxquelles essaient de répondre les stratèges politiques du parti démocrate aux niveaux national et régional. «On ne saurait parler de panique mais nous devons agir en fonction de ces nouvelles données pour éviter le cauchemar de 2010 » nous a confié un cadre du parti démocrate aujourd’hui avant l’arrivée du « démocrate en chef des Etats-Unis » en début d’après-midi au Reggie Lewis Track and Athletic Center à Roxbury.

C’est donc un président Obama décontracté certes (chemise et cravate) mais portant des gloves de campagne qui a gravi peu après deux heures le podium de cet important centre sportif après les interventions du candidat Ed Markey et de Tom Menino, le populaire maire de Boston qui boucle au début du mois de novembre prochain ses 5 mandats à la tête de l’administration municipale.

Conscient des enjeux de cette élection pour son agenda national au cours de son second mandat*, le chef de la Maison Blanche est passé à l’attaque dès les premières minutes de son intervention pour dénoncer ce qu’il appelle « l’incapacité de Washington » (entendez par là  les républicains de l’opposition) à faire avancer les projets de loi sur les priorités de son administration.
« Pour faire avancer les choses à Washington, votre sénatrice Elizabeth Warren, a besoin d’un autre partenaire. Nous avons besoin d’un autre sénateur de la même veine » a martelé Barack Obama sous les applaudissements de milliers de supporteurs qui ont bravé la chaleur et attendu pendant des heures avant d’avoir accès  à ce rassemblement de campagne.

Le président Obama en campagne à Boston pour Ed Markey ce 12 juin 2013Dressant le bilan des travaux législatifs de son poulain, Barack Obama a notamment mentionné la bataille menée à la Chambre des Représentants par Ed Markey en faveur des législations sur  le contrôle des armes automatiques, les programmes sociaux et financier pour supporter «nos anciens combattants », la protection de l’environnement, la couverture universelle des soins de santé, la couverture numérique des zones rurales, etc ….

«De Ted Kennedy à John Kerry et depuis quelques mois Elizabeth Warren, les sénateurs du Massachusetts trainent derrière eux l’histoire de travailler avec passion et détermination pour améliorer le cadre de vie des travailleurs, de leur famille et de leurs enfants. Ils n’ont pas peur de Wall Street et de ses groupes d’intérêt qui inondent notre système politique avec leurs millions »  a lancé d’autre part le président américain qui se dit confiant dans la capacité d’Ed Markey à apporter ce « même enthousiasme et cette même détermination  au sénat des Etats-Unis ».

Cependant, Barack Obama a rappelé aux démocrates présents à Roxbury cet après-midi que la route qui conduira leur candidat au sénat passe par des efforts  constants de mobilisation de la base du parti pendant les prochains jours.
« Il faut aller frapper aux portes, appeler vos amis au téléphone vos amis, vos collègues de travail, visiter les centres communautaires. Vous avez, à partir d’aujourd’hui, la tâche de faire passer ce message : nous avons besoin d’Ed Markey à Washington pour rejoindre l’équipe » a conclu le démocrate en chef des Etats-Unis.

Les messages de la campagne
Pour contrer la stratégie du camp républicain qui veut faire passer Gabriel Gomez pour un centriste supportant notamment le droit à l’avortement, ouvert à des concessions sur un projet de loi sur l’immigration légalisant les 12 millions de « sans-papier » vivant sur le territoire américain et partisan de projets de loi pour protéger l’environnement, Ed Markey et les démocrates du Massachusetts continuent de présenter leur adversaire comme un républicain comme les autres supportant l’agenda national du parti sur les plans économique, social et culturel. C’est cette tâche qui était confiée aujourd’hui pendant le rassemblement en faveur d’Ed Markey à deux étoiles montantes du parti : la sénatrice du Massachusetts, Sonia Chang-Diaz, d’origine hispanique et la très éloquente Ayanna Pressley, la première femme de couleur à être élue au Conseil municipal de Boston. Sur un ton à la fois agressif et moqueur, ces deux élues démocrates ont fait comprendre à l’assistance que Gabriel Gomez ne saurait défendre les intérêts des femmes au sénat des Etats-Unis à cause de ses liens étroits avec Wall Street et les grandes enterprises.

Le président Obama à Boston ce 12 Juin pour supporter la campagne d'Ed Markey«Il y a tout un fossé entre porter un nom espagnol et supporter nos valeurs » a lancé dans la langue de Cervantes, représentante du 2ème district de Suffolk au sénat de l’Etat du Massachusetts.
« Moins d’armes, moins de morts. C’est un postulat assez logique, n’est-ce pas?  Pourtant Grabriel Gomez  est supporteur zélé de la NRA (National Riffle Association),  le puissant lobby des armes aux Etats-Unis » s’est lamentée Ayanna Presley.

De son côté, le néophyte politique Gabriel Gomez a centré ses attaques, dès les premiers jours du deuxième tour de la campagne au début du mois de mai, sur l’impopularité de la branche législative fédérale en associant son adversaire Ed Markey à l’establishment politique de Washington, « ces politiciens de carrière partisans du statu quo » comme il les appelle.
Il faut dire que le jeune louveteau n’est pas seul dans ce combat en vertu du caractère national de cette campagne pour occuper l’ancien siège de l’actuel chef de la diplomatie américaine John Kerry.

En effet, des poids lourds du parti républicain : le très respecté sénateur de l’Arizona, John McCain, candidat malheureux lors de la présidentielle de 2008 face à Barack Obama, l’ancien maire et ancien candidat à la présidence pour le GOP, Ruddy Giullani, sont venus chasser sur le territoire des Kennedy, de Deval Patrick et de Tom Menino à plusieurs reprises en participant à des activités de collecte de fonds et/ou pour accompagner leur poulain sur le terrain de la campagne.

Linda Dorcéna Forrry, sénatrice élue du MassachusettsA moins de deux semaines de cette élection, tout n’est pas encore joué. Un dernier sondage conduit par un institut proche du parti républicain donne Ed Markey gagnant avec seulement un point face à Gabriel Gomez, ce qui fait monter la tension dans le camp du parti démocrate qui compte investir plus de $600,000  à la télévision dans les jours à venir. On annonce même la visite prochaine dans le Massachusetts à Boston de l’ancien président Bill Clinton qui viendra présenter, comme il le fait si bien depuis son départ de la Maison-Blanche en Janvier 2001, les arguments de clôture avant le verdict du mardi 25 juin.

Même scénario dans le camp opposé, des figures nationales du parti républicain feront le déplacement dans le Massachusetts pour donner  de l’aile à la campagne de Gabriel Gomez. On annonce qu’un PAC (Comité d’action politique) républicain récemment créé, va investir enivron $700,000 pour acheter des spots à la télévision.

Dans un état où il y a trois (3) fois plus de démocrates que de républicains, Ed Markey reste le favori pour cette élection du mardi 25 juin mais la machine du parti démocrate dans le Massachusetts doit fonctionner à plein rendement pour faire sortir les votants dans les principales villes où résident les fidèles du parti : Boston, Worcester, Springfield, Lowell, Cambridge, New Bedford, Brockton etc …..
Et si le dernier des trois (3) débats organisé par un consortium de médias prévu pour le mardi 18 juin prochain  débouche sur un KO ?
Interdit aux cardiaques.

* Le sénat compte 52 démocrates, 46 républicains et 2 indépendants
 

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