Evans PaulL'ancien maire de la capitale qui est passé maitre dans l'art de l'ironie ou de l'euphémisme a commenté à sa façon la commémoration du 2e anniversaire de l’avènement au pouvoir du président Michel Joseph Martelly au Champ de Mars et particulièrement la prestation des députés du PSP (majorité présidentielle) qu'il a jugée indigeste et indigne du grand pouvoir qu'ils ont entre leurs mains sans s'en rendre compte peut-être.

Evans PaulL'ancien maire de la capitale qui est passé maitre dans l'art de l'ironie ou de l'euphémisme a commenté à sa façon la commémoration du 2e anniversaire de l’avènement au pouvoir du président Michel Joseph Martelly au Champ de Mars et particulièrement la prestation des députés du PSP (majorité présidentielle) qu'il a jugée indigeste et indigne du grand pouvoir qu'ils ont entre leurs mains sans s'en rendre compte peut-être.
"J'étais resté abasourdi et désorienté en écoutant le bilan de l'Administration Martelly-Lamothe de la bouche des députés qui me décrivaient un pays de rêve avec des réalisations partout et franchement, si j'étais un bahaméen en quête de vie meilleure, Haïti serait alors la première destination qui me viendrait en tête", a dit un Evans Paul tout aussi contrarié par le fait que les députés qui ont un pouvoir de contrôle sur l'Exécutif aient choisi de se convertir en agents de celui-ci pour faire son bilan à sa place.

Quelle infamie ! Quelle honte ! S'est exclamé l'ancien candidat à la présidence qui a trouvé l'adhésion de tout le panel et surtout d'un Sauveur Pierre Etienne qui s'est souvenu de plusieurs cas de flatterie tout aussi exceptionnels, si ce n'est plus que ceux auxquels on a assisté au Champ de Mars. "Qui peut oublier un Dr Gérald Gilles, pourtant issu d'une famille assez respectée pour sa culture et son rang dans la Grand'Anse (son père était commissaire du gouvernement) qui avait indiqué à la face du monde qu'il ne remerciera jamais assez Jn Bertrand Aristide qui l'avait fait sénateur de la République".  Le Coordonnateur de l'OPL se rappelle aussi du cas du président Sténio Vincent qui était en visite dans le Nord'est du pays quand un fanatique plus que zélé en l'accueillant eut à déclarer: "Dieu a dit, laissez venir à moi les petits enfants, vous, excellence, vous êtes venu à la rencontre de vos enfants; donc, vous êtes plus grand que le Christ lui-même".

Edwidge Lalane, Sauveur Pierre Etienne, Evans Paul et Jean Monard Metellus (photo de Wilner St-Val)A ces mots, raconte le principal dirigeant de l'OPL, le président Vincent s'est agenouillé aux pieds du "flatteur" comme pour lui demander d'oublier ce qu'il avait dit. Sauveur Pierre Etienne qui considère comme excessivement grave le geste des députés du PSP le 14 mai au soir est venu avec d'autres anecdotes vécus pour expliquer le comportement des gens gravitant autour du pouvoir et qui font tout, absolument tout pour rentrer dans les bonnes grâces du chef. Tout comme l'avait fait Anthony Barbier (Fusion des Socio-Démocrates), le responsable de l'OPL a pris ses distances par rapports au député de Ouanaminthe qui s'était agenouillé au pied du président Martelly. "Il n'est pas des nôtres", dit SPE, démentant les premières informations véhiculées dans la presse; le sociologue Barbier dira de même ajoutant que c'est l'ancien sénateur Rudolphe Boulos qui était venu avec lui; "à ce moment, Boulos n'était plus avec nous à la Fusion, il avait déjà rejoint l'OPL".

Evans Paul est le seul à reconnaître une part de responsabilité dans le choix de ce candidat qui était en fait de l'Alternative (Fusion, OPL et KID). "J'étais dirigeant du regroupement et avant même de déclarer ouvertement que nous n'allions pas participer à ces élections, il y avait des candidats désignés et le fameux Luckner Noel en était un mais; je ne le connaissais pas personnellement. Ils ont tous délibérément choisi de participer au scrutin sans le soutien ni l'aval du directoire de l'Alternative", a reconnu beau joueur Evans Paul.

Le sénateur Moyse Jn Charles croit que les actes posés par des parlementaires  dans les coulisses du pouvoir sont encore plus graves que le geste de Luckner Noel mais, il n'a pu s'empêcher de s'adresser au représentant du Cap-haïtien à la Chambre basse (Kenson Jn Baptiste) qui était maitre de cérémonie lorsque, sous l'Administration du président Préval, les travaux de construction de l'aéroport de la 2e ville du pays étaient lancés et c'est ce même Kenston, une fois devenu député aujourd'hui, qui est fier de mettre « cette réalisation et tant d'autres sous le compte du président Martelly ».

"Quelle indécence !", dénonce le parlementaire qui se rappelle qu'au départ de René Préval du pouvoir 1.9 mds de dollars étaient restés dans les réserves de l'Etat si bien que le sénateur Anacasis avait insisté pour qu'une bonne partie de ces fonds soient engagés dans des contrats avec des firmes et ainsi de démarrer des travaux dans l'intérêt de la collectivité, le Chef de l'Etat avait alors dit qu'il préférait ne pas embarrasser le nouveau locataire du palais national et lui laisser toute sa latitude pour identifier les secteurs qu'il jugera opportun de financer.

Jean Monard Metellus, Evans Paul, Anthony Barbier et Moyse Jean-Charles (photo de Wilner St-Val)"Aujourd'hui, la majeure partie de ces fonds sont volatilisés et le peuple ne comprend toujours pas que le président Martelly nous emmène en bateau", a encore dit Moyse Jn Charles qui se souvient aussi que « le Venezuela avait annulé la dette de 800 millions de dollars du programme de Petrocaribe après le tremblement de terre; cette dette, en très peu de temps, est remontée à plus d'un milliard de dollars et le chef de l'Etat continue la descente », déplore le parlementaire lavalas qui fournit des indications sur la provenance des fonds qui ont servi à financer les festivités du 14 Mai: les fonds des Collectivités territoriales.

D'ordinaire plutôt réservé et prudent, à cette émission Ranmase du samedi 18 Mai, l'ambassadeur Edwidge Lalanne a étonné plus d'un par un style direct, froid et mordant. Pour lui, il n'y a pas de doute, les députés du PSP qui ont été faire serment d'allégeance au chef sont des responsables criminels d'une situation qui ne peut plus durer. "Je ne veux leur reconnaître aucune circonstance atténuante, ils ont fait du tort à la démocratie et au pays; ils sont des parias qui mettent en danger le principe de la séparation des pouvoirs".

Edwidge Lalanne définitivement très remonté à cette émission est aussi contre l'idée que ce pouvoir est d'inspiration duvaliériste. "Ce sont des rejets du duvalierisme qui constituent l'ossature du pouvoir de Martelly" établissant au passage une différence entre le règne de François Duvalier dont il se réclame et celui du fils qui était jouissif et sans relief. La première partie de ce Ranmase spécial était concentré sur le symbolisme du drapeau et les péripéties dans les différents changements de ses couleurs et aussi quelques petites anomalies de la célébration à l'Arcahaie où par exemple la montée du bicolore a eu lieu à 9h15, au lieu de 8 hres comme le veulent la tradition et le rituel. 

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