Le représentant de Léogane à la Chambre basse qui a toujours revendiqué une certaine affinité pour le chef de l'Etat est venu lui-même porter l'estocade à l'émission Ranmase ce samedi en déclarant haut et fort qu'il prévoit une fin anticipée de l'expérience Martelly au pouvoir car, dit-il, tous les signes de la chute sont là et le chef ne fait pas grand chose pour les enrayer.

Le représentant de Léogane à la Chambre basse qui a toujours revendiqué une certaine affinité pour le chef de l'Etat est venu lui-même porter l'estocade à l'émission Ranmase ce samedi en déclarant haut et fort qu'il prévoit une fin anticipée de l'expérience Martelly au pouvoir car, dit-il, tous les signes de la chute sont là et le chef ne fait pas grand chose pour les enrayer.
"Au plus fort de la tempête sur la nationalité étrangère supposée du président Martelly, j'avais dit à celui-ci que ce n'est pas cette affaire qui va finir par avoir raison de sa présidence mais, plutôt les flatteurs qui sont à ses côtés et qui lui décrivent une situation rose dans le pays alors que tout va très mal", a encore dit le député Léger qui voulait sans doute s'en prendre au secrétaire d’Etat de la Communication du gouvernement, Guyler C. Delva qui a compris le message et a immédiatement contre-attaqué en indiquant que le pouvoir est conscient que tout n'est pas parfait et qu'il reste beaucoup à faire.

Dans une tentative d'explication des réalisations du pouvoir Martelly (aéroport de Port-Au-Prince rénové, nouvelles écoles construites ou des aéroports en construction dans plusieurs ville du pays), le secrétaire d'Etat s'est trouvé en porte-à-faux avec l'ensemble des panélistes à commencer par Me Léger qui s'est inscrit en faux contre des écoles annoncées en construction dans une localité de sa circonscription (Léogane) alors que le pouvoir n'aurait rien à y voir.  "L'étranger qui finance directement la construction de ces écoles et j'ai en ligne les habitants de la localité qui souhaitent démentir publiquement M. Delva", a réagi Me Danton Léger.

Le sénateur Steven Bénoit dit comprendre mal que M. Delva se soit jugé apte à intervenir sur toutes les questions alors qu'il ne maîtrise aucun des sujets sur lesquels il veut se prononcer. "Par exemple, sait-il, qu'à partir de Janvier, il pourrait ne plus être secretaire d'Etat car, il fonctionne en dehors de la loi, sans attributions connues et le parlement qui devrait lui donner une existence légale (idem pour plusieurs autres secrétaireries d'Etat) ne s'est même pas encore penché sur ces cas". Guyler Delva a rétorqué qu'il n'est pas accroché au poste au point d'en être obsédé. "Je suis là pour aider le président Martelly mais, non pas parce que j'aurais la folie d'être secrétaire d'Etat; même si je dois perdre le job demain; cela me serait égal".

Danton Léger met la responsabilité sur le parlement qui est d'accord pour que son pouvoir et sa mission soient vassalisés par l’exécutif.  "Il n'aurait jamais pu faire tous ces désordres; nommer des secrétaires d'Etat illégalement ou prendre des taxes sur des appels et des transferts de l'étranger sans une loi si le parlement avait conscience de son rôle et de sa mission", a accusé le député Léogane.

Me Osner Févry, pour une fois très critique à l'égard du pouvoir n'a rien pardonné au secrétaire d'Etat Delva accusé d'agresser l'intelligence des gens par une propagande malhonnête et improductive qui rappelle étrangement un certain Toto sous la dictature des Duvalier.

L'agronome Jean André Victor, jusque-là très discret, a fait une sortie remarquée en comparant la situation actuelle d'Haïti à celle qui avait prévalu dans le Rwanda d'avant génocide pour attirer l'attention des autorités sur le danger d'une catastrophe aux conséquences incalculables. Guy Delva a voulu prendre le contre-pied de cet argumentaire en indiquant qu'il n'existe pas de divisions ethniques en Haïti quand il est stoppé en plein vol par Me Févry qui dit partager presque totalement les points de vue de l'agronome Victor et signaler à l'attention de M. Delva que "nous n'avons certes pas de conflits ethniques mais, d'autres divisions sociales qui peuvent nous conduire à des crises aux fâcheuses conséquences".  

Cependant, Guy Delva et Danton Léger allaient se retrouver du même bord (sans doute Osner Févry aussi qui s'était déjà exprimé sur le dossier au dernier Ranmase) dans le dossier à scandale concernant le viol présumé qu'aurait commis Me Josué Pierre Louis. M Delva, quoique soutien déclaré au président contesté du CEP a néanmoins nuancé ses propos en déclarant attendre que la justice se prononce sur le cas; il a toutefois botté en touche quand on lui a demandé d'opiner sur l'appel à la démission de Me Pierre Louis réclamé par l'ambassadeur français en Haïti. "Je ne veux pas commenter une déclaration que je n'ai pas écoutée", a dit un Guy Delva étonnement prudent et réservé; lui qui, d'ordinaire, est assez volubile (et abondant) sur tous les sujets.

Le député Aklush Louis-Jeune n'a pas manqué de remarquer ce changement d'attitude chez le secrétaire d'Etat et il dit aussi avoir compris. " Didier Lebret est le porte-parole non officiel du pouvoir du président Martelly; sa déclaration signifie que Josué Pierre Louis est livré en pâture et que ses jours sont comptés au CEP et dans l'équipe au pouvoir aussi", a encore dit le député de Dame-Marie (Grand'Anse) qui est très critique vis-à-vis de l'ancien ministre de la justice dont l'affaire Bélizaire lui est restée au travers de la gorge.

Danton Léger ne tient plus rigueur à Me Pierre Louis d'autant qu'il avait conclu son rapport d'enquête sur la question par un cinglant: "le président Martelly était le principal responsable car, c'est lui qui avait donné l'ordre d'arrêter le député Bélizaire". Alors, Me Danton Léger souhaite que la chancellerie haïtienne rappelle à M. Lebret ses obligations de réserve dans un pays souverain conformément à la Convention de Vienne sur les Relations diplomatiques et qu'il s'abstient à l'avenir de déclarations du genre au risque d'être déclaré "persona non grata". Steven Bénoit est lui d'avis, comme Aklush Louis-Jeune, que M. Pierre Louis démissionne pour permettre à la justice de faire son travail en toute indépendance.

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