Mirlande MANIGAT, Secrétaire Générale du RDNPChers compagnons de lutte,

En ce dernier jour de l’année 2011, permettez-moi tout d’abord de vous adresser mes voeux sincères pour vous et votre famille : travail, santé et bonheur. En Haiti et ailleurs dans le monde où le RDNP, grâce à vous, a planté sa tente dans le panorama politico-social de nos compatriotes, il m’est agréable de sentir autour de moi, cette chaleureuse solidarité qui est la marque distinctive de notre parti et qui me donne du courage pour continuer le combat, notre combat.

Mirlande MANIGAT, Secrétaire Générale du RDNPChers compagnons de lutte,

En ce dernier jour de l’année 2011, permettez-moi tout d’abord de vous adresser mes voeux sincères pour vous et votre famille : travail, santé et bonheur. En Haiti et ailleurs dans le monde où le RDNP, grâce à vous, a planté sa tente dans le panorama politico-social de nos compatriotes, il m’est agréable de sentir autour de moi, cette chaleureuse solidarité qui est la marque distinctive de notre parti et qui me donne du courage pour continuer le combat, notre combat.

Je reconnais qu’il y a bien quelques mois depuis que vous avez reçu une lettre circulaire. Je ne m’en excuse pas, mais je vous dois quelques explications.Vous le savez sans doute, notre leader, Leslie, a été assez souffrant depuis quelques mois. Tout d’abord il a fait une chute et il s’est cassé le col du femur, ce qui a necessité une intervention chrurgicale et la pose d’une prothèse. Puis des complications urinaires ont rendu nécessaires deux autres hospitalisations. Il s’en remet et cela prend du temps et de la patience. Car ces épreuves l’ont laissé affaibli, abattu et nous ont causé, à moi et à tous ceux qui l’aiment, de profondes angoisses. Merci à tous ceux qui se sont preoccupés de sa santé et ont manifesté leur amitié.

Par ailleurs, j’ai repris mes activités académiques qui ont occupé une partie de mon temps entre cours, colloques et conférences.

Mais ces obligations familiales et universitaires ne m’ont pas empêchée d’assumer mes responsabilités comme Secrétaire Générale de notre parti. Nous avons en chantier quatre questions coordonnées :

La première concerne la recherche d’un local pour remplacer notre vaillant et inoubliable 234 route de Delmas englouti dans la tragédie du 12 janvier. Ce n’est pas facile car nous souhaiterions pouvoir disposer d’un espace accessible au plus grand nombre de nos militants et qui soit à notre portée au point de vue financier. Mais nous ne désespérons pas et très bientôt, je le crois, nous aurons, de nouveau, pignon sur rue. En attendant, nous fonctionnons sur le mode ambulatoire. Les réunions du CEN élargi se déroulent dans la maison accueillante de notre infatigable Nicole Nelson qui, aidée de sa soeur Liline, nous offre une hospitalité si généreuse que nous pouvons, chaque samedi après midi, joindre le sérieux et l’agréable.

En liaison avec le point précédent, nous sommes engagés dans une campagne de recrutement. Certes, nous avons enregistré des cas de découragement que nous devons comprendre, mais en même temps, des demandes d’adhésion surtout du côté de jeunes qui croient en nous, en la vitalité de notre parti et avec lesquels nous devons préparer l’avenir. L’absence d’un Bureau Central nous handicape mais ne freine pas cet enthousiasme que nous observons chez ceux qui veulent se joindre à nous. Il faut pouvoir les accueillir, les garder, les occuper. C’est un défi à relever et nous nous y attelons.

En troisième lieu, il nous faut organiser notre participation aux élections à venir, le tiers du Sénat et les collectivités territoriales. Un Comité est chargé de recueillir les candidatures, de les jauger afin de les soumettre au CEN.

Enfin, il y a la prochaine Convention Nationale et nous avons le projet de la tenir en 2012. C’est important pour toutes sortes de raisons, en particulier le renouvellement des cadres et la révision des Statuts. Dans ce cas aussi, un Comité est déjà à pied d’oeuvre et nous vous tiendrons informés.

Je souligne avec force et conviction que, malgré les déceptions et les préoccupations légitimes, notre parti n’est pas resté inactif. Je dois mentionner le succès extraordinaire des “Cours d’été du RDNP” que nous avons organisés. Il s’agissait non d’offrir un programme académique mais de compléter certaines formations. Cette année ils se sont déroulés sur deux mois, au local de l’Ecole de Jean Marie Joseph que nous remercions pour son hospitalité. Deux categories ont retenu notre attention. Tout d’abord, à l’intention des étudiants finissants, un séminaire sur la méthode de préparation d’un Mémoire de sortie. J’en ai assumé la responsabilité et le séminaire de 15 heures a accueilli 150 étudiants répartis en deux groupes. Puis, nous avons offert des cours réunis sous le label “Les métiers du batiment”(plomberie, maçonnerie, électricité, charpente en bois et charpente métallique). Des ingénieurs en ont assumé la direction. Au total, nous avons delivré quelques 300 certificats à de jeunes plus que reconnaissants et nous sommes assaillis de demandes pour des reprises, particulièrement en province, ce que nous envisageons.

De manière plus politique, le samedi 17 décembre, à l’émission Ramase de Radio Caraibes, j’ai inauguré ce que nous organiserons sous le label “Les devoirs de l’Opposition”. Il s’agit pour nous, régulièrement, d’exprimer le point de vue du RDNP sur les grandes questions de l’heure, de prendre position par rapport à la politique en cours et de souligner un point de vue qui sera la marque de nos interventions :

Si nous étions au pouvoir, nous aurions agi différemment et nous aurions fait mieux.

Pour cette première, j’ai abordé durant les deux heures pendant lesquelles j’étais seule dans le studio avec le présentateur, plusieurs questions et j’ai particulièrement développé les suivantes :

1) La révision constitutionnelle. Je m’étais déjà exprimée à ce sujet, mais maintenant que des voix, tant haitiennes qu’étrangères, s’expriment pour presser Michel Martelly de publier le texte de la Constitution amendée, il parait utile de souligner que, pour nous, la procédure de révision est close et qu’il ne saurait être question d’un rafistolage effectué avec la complicité de l’Exécutif et du Parlement pour corriger on ne sait quelle erreur involontaire (ou faute délibérée) commise en mai dernier. Le texte de l’amendement a été envoyé par le Bureau de l’Assemblé Nationale au Président Préval, il a été signé par tous les Ministres et acheminé aux Presses Nationales aux fins de publication dans Le Moniteur. Après, des protestations se sont élevées pour crier à la manipulation. On a essayé de rapiécer des documents audio-visuels pour rétablir l’authenticité de ce qui avait été voté, cela dans une opacité voulue, à l’insu du public, qui fait douter de la bonne foi des participants à ce brigandage juridique. En aucun cas Martelly n’est concerné par la procédure de révision. Pour nous, celle-ci est forclose et il faudra attendre la fin de la Législature présente pour réamorcer une nouvelle procédure plus ouverte et crédible. Il est regrettable que trois nouveautés de cette révision soient devenues caduques : la double nationalité, le Conseil Electoral Permanent et le Conseil Constitutionnel.

Une fois de plus, le RDNP se range du côté de la loi et des exigencies de l’état de droit.

Si nous étions au pouvoir, nous aurions agi différemment et nous aurions fait mieux.

2) La rentrée scolaire. A son habitude, le régime en place a organisé un veritable tam-tam au sujet de ses initiatives qui ont plutôt semé la consternation et l’inquiétude. Qui pourrait être contre la scolarité universelle comme ideal et comme commandement constitutionnel ? En tout cas pas nous du RDNP qui avons inscrit depuis des années la nécessité de la priorité à accorder à l’éducation comme base essentielle du développement durable. Mais nous ne nous gargarisons pas de slogans faciles et trompeurs. Pour nous cette question s’inscrit dans une approche générale car l’éducation englobe diffférents maillons d’une chaine qui commence avec le primaire, se poursuit avec le secondaire et arrive à l’universitaire et au professionnel. Sans oublier la tare à réparer des plus de 50% d’analphabètes, des catégories qui réclament un traitement spécial (les enfants des rues, les enfants en domesticité). Il n’est pas question et il est nocif de détailer ainsi les contraintes de l’éducation qui requiert avant tout une planification sérieuse à partir d’un inventaire de nos besoins, de la pression démographique, des nécessités liées à l’implantation territoriale (10 Départements, 132 communes, 572 sections communales, plus de 12.000 habitations, lakous et localités qu’il s’agit d’identifier), une population scolaire de 4 millions, le rallongement de l’âge scolaire dù au fait de l’entrée tardive, du redoublement (environ 10% de l’effectif) l’évidence que chaque année, 200.000 enfants ont 6 ans, le bilan qui souligne que la déperdition scolaire est effarante, car sur sur 100 enfants qui intègrent le premier cycle, seuls 60 parviennent à la 6ème année fondamentale, 40 à la neuvième et seulement 25 au baccalauréat avec un bagage qui se dégrade progressivement. Pour nous, la solution est une question de méthode et de planification qui, en l’occurrence, incluent un certain nombre de paramètres : les locaux, les maitres à former, des programmes adaptés, un curriculum à revoir à tous les niveaux, des livres accessible et modernes, des débouchés à envisager, l’utilisation des nouvelles techniques de communication au service de la diffusion du savoir, une synergie avec le secteur privé qui assume 80% de l’offre scolaire et qui devra aussi intervenir, par exemple, au niveau universitaire, dans deux domaines : l’évaluation des besoins de notre dévelpoppement et la question du crédit universitaire. Tout ceci réclame du sérieux et non des gesticulations médiatisées.

Si nous étions au pouvoir, nous aurions agi différemment et nous aurions fait mieux.

3) La question de la rareté du dollar. Elle a surgi brutalement, sans préavis, en pleine période de préparation des fêtes de fin d’année, ce qui a déclenché une vague d’inquiétudes d’autant plus qu’il a été annoncé, puis annulé, que les transferts venus de l’extérieur seront désormais payés non en dollars mais en gourdes, une mesure qui est conservée comme projet. Des specialistes de la question n’ont pas été pris de court, nous non plus. J’ai écouté les responsables financiers du pays qui ne nous ont pas tout dit. Ce qu’il faut retenir est que cette mini crise était prévisible, aussi il fallait adopter des moyens preventifs pour en diminuer les effets dommageables pour le public et surtout pour les secteurs fragiles de notre population qui vivent des variations de change. Il faut souligner et traduire dans les faits que le dollar haitien n’existe pas, que notre monnaie est la gourde et qu’une éventuelle dolarisation juridique serait préjudiciable pour notre économie. Il n’y a pas suffisamment de numéraire nous claironne-t-on. Or, dans le pays, il y a 2 milliards de dollars dans le circuit bancaire et le pays dispose de 1,5 milliards auprès de la Federal Reseve américaine. Mais le gouvernement n’a pu “importer” que 40 millions de cash car les opérateurs étrangers exercent une vigilance sur la politique monétaire du pays et, en 2008 déjà, il avait été sermonné pour cause de mauvaise gestion. Pour nous du RDNP, le point essential est d’avoir une politique économique dont la gestion monétaire est une dimension. Le pays ne peut pas se payer le luxe d’une politique dispendieuse, avec des ponctions effectuées en gourdes et en dollars sur le trésor public car nous avons une équipe gouvernementale particulièrement gourmande en termes de voyages aux frais de l’Etat, 400 millions de gourdes distribuées aux municipalités auxquelles on recommande d’offrir ce bouillon populaire historiquement si classique, associé à la néfaste trilogie électorale “bouillon, tafia, tambour” et si méprisant en guise de politique sociale; 80 millions partagées parait-il avec des parlementaires pour leur “petit Noel” et sans doute pour s’assurer de l’oubli de leurs devoirs. Que font le Parlement et la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif au vu de tells débordements ? Pendant ce temps, 66% du Budget national dépend de l’aide étrangère. Nous nous sommes engagés à appliquer une politique de réduction progressive de cette dépendence outrageuse et dangereuse. Cela est possible lorsque l’on prend la gestion du pays au sérieux.

Si nous étions au pouvoir, nous aurions agi différemment et nous aurions fait mieux.

Chers compagnons de lutte, votre Secrétaire Générale tient à vous renouveler son engagement pour notre cause juste car elle concilie, envers et contre tout, la construction de la démocratie, la justice sociale et le développement durable.

L’optimisme est un choix et le courage consiste à aller de l’avant, malgré les difficult2s conjoncturelles.

Ensemble, ensemble, ensemble, jusqu’à la victoire finale !

Miami, le 31 décembre 2011

Mirlande MANIGAT


 

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