Le Président Martelly, par l'intermédiaire de ses conseillers, aurait présenté une lettre de démission sans date au Premier Ministre désigné pour qu'il y appose sa signature. Ce dernier ne l'aurait pas acceptée. Ainsi le Président tenterait d'assujettir et d’obtenir une totale allégeance de ce Premier Ministre au cas où il passerait le cap de sa ratification au parlement.

Le Président Martelly, par l'intermédiaire de ses conseillers, aurait présenté une lettre de démission sans date au Premier Ministre désigné pour qu'il y appose sa signature. Ce dernier ne l'aurait pas acceptée. Ainsi le Président tenterait d'assujettir et d’obtenir une totale allégeance de ce Premier Ministre au cas où il passerait le cap de sa ratification au parlement.

Cette bourde qui a fuité dans les media haïtiens semble confirmer les pressions exercées par la dite « communauté internationale » pour la désignation de Mr Gary Conille comme Premier Ministre et l'embarras du Président Martelly qui constate de plus en plus les limites de ses marges de manœuvres, car ne bénéficiant ni d'une majorité parlementaire ni de l'appui d'une large base sociale dans la population. En effet, la popularité de l'artiste ne se traduit pas toujours en popularité politique.

Il est donc aujourd'hui l'objet de pression et de chantage de la part de cette dite « communauté internationale » auxquels il tente de répondre lui aussi par des manœuvres et du chantage cette fois sur ses compatriotes et partenaires de circonstances. Malheureusement, les conditions dans lesquelles se fait la prise de pouvoir conditionnent et déterminent souvent son exercice...

Le Président tente maintenant de contourner le régime démocratique mixte inscrit et prôné par la constitution de 1987 qui limite ses pouvoirs et prérogatives par cette fameuse lettre de démission anticipée présentée au Premier Ministre désigné. Avec la constitution de 1987, nous ne sommes plus en régime présidentiel. Cela a été sciemment fait pour renforcer les institutions politiques en particulier les partis et regroupements politiques afin de favoriser et de pousser au compromis politique, au dialogue, à la tolérance et à l'équilibre des forces. Il faut donc abandonner les vieux réflexes dictatoriaux liés à l'exercice du pouvoir personnel et développer ceux de la démocratie participative, représentative et inclusive qui s'efforce de n'écarter aucun secteur en poussant au dialogue permanent et aux compromis politiques…

C’est la raison pour laquelle nous recommandions et recommandons encore l’élaboration et la rédaction d’un pacte de gouvernabilité, sorte d’engagement mutuel entre les parties, capable d’éviter ce genre de chantage politique, car ce dernier, loin d’arranger les choses, fausserait plutôt le jeu institutionnel au lieu de le promouvoir. Suite à l’élaboration de ce pacte, le profil d’un Premier Ministre et un programme consensuel de gouvernement seraient beaucoup plus facile à dégager.

Le moment est venu pour le Président Martelly d’élargir sans démagogie la base sociale de son pouvoir en s’appuyant sur les forces sociales et politiques haïtiennes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du parlement pour construire une alternative à cette intrusion impériale irrespectueuse de certains étrangers dans les affaires internes d’Haïti par le compromis et donner du même coup une réponse haïtienne et concertée à ces intolérables agissements de cette dite « communauté internationale ».

Ainsi, nous retournerions à la bonne et franche coopération internationale bien comprise et le Président Martelly gagnerait en autonomie, en pouvoir et capacité de négociation pour le pays, en sympathie auprès des institutions haïtiennes et de la population dans son ensemble, si tels sont ses véritables motivations et objectifs.

Dunois Erick Cantave

Port-au-Prince, le 13 septembre 2011


 

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