Me Bernard GousseLe sénat de la république a rejeté mardi soir (peu après 10 heures) le choix de Me Bernard H. Gousse au poste de Premier Ministre au terme de plus de 7 heures de débats opposant le bloc majoritiare GPR à la minorité au grand Corps conduite par les sénateursYouri Latortue, François Yanick Joseph, Andris Riché, Steven Benôit et Edmonde Supplice Beauzile. Les 16 sénateurs ont voté contre le choix de Me Gousse alors que les 14 autres ont pratiquement boudé le vote, ce qui a provoqué une sorte de cafoullis à la fin de la séance.

Me Bernard GousseLe sénat de la république a rejeté mardi soir (peu après 10 heures) le choix de Me Bernard H. Gousse au poste de Premier Ministre au terme de plus de 7 heures de débats opposant le bloc majoritiare GPR à la minorité au grand Corps conduite par les sénateursYouri Latortue, François Yanick Joseph, Andris Riché, Steven Benôit et Edmonde Supplice Beauzile. Les 16 sénateurs ont voté contre le choix de Me Gousse alors que les 14 autres ont pratiquement boudé le vote, ce qui a provoqué une sorte de cafoullis à la fin de la séance.

L'ancien ministre de la justice et de la sécurité publique (204-2005) a donc connu le même sort que l'homme d'affaires Gérard Daniel Rouzier le 21 juin dernier. Plus de 6 semaines après son investiture comme président, Michel Martelly devra désigner un/e premier ministrable à Jean-Max Bellerive qui serait, de l'avis de plusieurs observateurs politiques, candidat à sa propre succession.

L'ancien premier ministre désigné a réagi au voute du sénat dans une lettre ouverte adressée au peuple haïtien.

 

Chers Amis Compatriotes,

Le Sénat a pris une décision qui met malheureusement fin au cheminement qui devait me permettre de me mettre au service de mon pays. Malheureusement … mais momentanément.

Ma désignation a soulevé un débat public salutaire où les forces saines de la population se sont exprimées en faveur du bien, de la vie, de l‘éducation, contre le mal absolu incarné dans une barbarie s’étant abattue éhontément sur les bébés, les femmes âgées, les petites marchandes et les ouvriers.

Je remercie Monsieur le Président de la République, Michel J. Martelly, d’avoir désiré m’associer à l’œuvre de son mandat populaire.
Je remercie les parents et amis qui n’ont jamais fléchi dans leur support. Je remercie surtout les anonymes rencontrés dans les rues, sur les places, qui, discrètement mais chaleureusement, m’ont encouragé dans un combat qui était devenu le leur.
Je remercie aussi mes compatriotes sénateurs du groupe des 16 pour la publicité faite autour de mon nom avec un zèle quotidien dont n’aurait pu faire preuve la meilleure agence de publicité. J’ai pu grâce à eux me prouver à moi-même et démontrer à mes compatriotes mon endurance à garder le font haut et la tête altière, le regard porté vers un destin collectif de grandeur, indifférent aux crachats et aux vulgaires piaillements. Je ne manquerai donc pas de leur faire parvenir leurs honoraires s’ils me soumettent une facture pour un travail décidément bien fait.

Le débat parlementaire du 2 août 2011 a permis que des sénateurs désintéressés défendissent le droit et les valeurs morales avec une opiniâtreté, un panache et une éloquence pour lesquels je les félicite. Ils n’ont pas été vaincus et ont, j’espère, suscité des vocations de parlementaires valeureux, nourris de courage et de science. La défaite fut celle, éphémère, du droit, et celle, peut-être définitive, de l’honneur du Sénat, alors que languissent sous les tentes et dans les masures, dans les écoles comme dans les conseils d’administration, dans une patience de plus en plus ténue, les espoirs déçus d’une Haïti studieuse, travailleuse et reconstruite.

Le combat dans lequel je suis engagé dépasse désormais ma personne ; je ne peux l’abandonner. L’horizon de ce combat ne s’arrête pas à la question de premier ministre. Le temps est venu pour que la dignité, le travail honnête et l’éducation soient les valeurs proposées en exemple et récompensées, pour que soient vaincues l’immoralité, la corruption, les richesses spontanées et l’arrogante ignorance.

La vie publique bien conçue, en dépit de ses vicissitudes, mérite que l’on s’y consacre quand la guident l’accès généralisé aux services sociaux de base, la modernisation de l’Etat, la libération des énergies créatrices et surtout le regain de la dignité nationale.

Je resterai donc parmi vous

Au revoir GPR, Gousse Pi Rèd.

Bernard Gousse
 

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