Ranmase : le vote de la loi à la Chambre des députés, résultat d’un deal politique, selon le sénateur Lambert
L’influent sénateur de l’Artibonite qui participait à l’émission “Ranmase” de samedi dernier sur Caraïbe FM ne s’est pas fait prier pour critiquer la décision qu’il a jugée scandaleuse et absolument  indécente des députés de se plier aux quatre volontés du président de la République en votant “tête baissée” et sans se soucier des points de vue légaux et constitutionnels une loi sur l’Etat d’urgence qui consacre la mise sous tutelle du pays. 

Ranmase : le vote de la loi à la Chambre des députés, résultat d’un deal politique, selon le sénateur LambertL’influent sénateur de l’Artibonite qui participait à l’émission “Ranmase” de samedi dernier sur Caraïbe FM ne s’est pas fait prier pour critiquer la décision qu’il a jugée scandaleuse et absolument  indécente des députés de se plier aux quatre volontés du président de la République en votant “tête baissée” et sans se soucier des points de vue légaux et constitutionnels une loi sur l’Etat d’urgence qui consacre la mise sous tutelle du pays.

Le professeur Rosny Desroche de l’Initiative de la Société civile, lui aussi présent sur le plateau de l’émission en compagnie des juristes Osner Févry et Reynold George, du pasteur Edouard Paultre, du professeur Jean Garry Denis et (plus tard) de l’ambassadeur Edwige Lalanne n’en reviennent pas devant le cynisme des autorités qui, sans se préoccuper du mécontentement quasi-générale provoqué par le projet foncent à tombeaux ouverts sur la voie de la forfaiture.

Rosny Desroches est tout aussi révulsé devant le comportement “Konzé” des députés qui “livrent  la cité sans combattre” dans le seul but d’obtenir du pouvoir la possibilité qu’ils soient réélus. A ce point de vue, le sénateur a confié que le “deal” a eu lieu la veille du vote au palais national et a profité pour questionner la stratégie défaitiste des parlementaires qui renoncent à leur autorité de contrôle de l’exécutif sous prétexte que celui-ci va leur garantir la possibilité de revenir dans la prochaine législature. “C’est à ne rien comprendre”, a commenté le président de l’Ayiti en Action qui dit avoir déjà constitué un bloc de 13 sénateurs pour faire ééhec au projet présidentiel. “René Préval sait qu’il ne dispose de majorité au sénat, il doit me dire comment il compte s’y prendre pour faire passer sa loi”, a ajouté le sénateur Latortue qui est aussi entré dans une guerre d’interprétation de la loi avec le président de la chambre basse, Levaillant Louis Jeune qui avait appelé (par téléphone) pour défendre le vote qualifié d’illégal et inconstitutionnel par le confrère de la chambre haute. “La chambre des députés a outrepassé ses prérogatives lorsqu’elle a voté le renouvellement de la loi alors que cette étape aurait du être du ressort de l’assemblée nationale”, a accusé le sénateur Latortue qui s’est entendu répondre par le président Levaillant que l’assemblée des députés avait tout à fait le droit de le faire provoquant ainsi l’étonnement de tout le panel et de l’assistance nombreuse aux abords de la tente de Caraïbe où se déroulait l’émission.

Me Osner Févry, après avoir fourni un luxe de détails sur le carractère illégal de la loi et la grave erreur des députés qui l’ont votée  s’est adressé à Levaillant en ces termes: “Mon père m’avait toujours dit que je pouvais persister à chercher à convaincre un ignorant mais, qu’il était inutile de le faire avec ceux qui sont animés de mauvaise foi et qui refusent de comprendre malgré l’évidence et la pertinence de la thèse”. Me Févry est allé jusqu’à s’interroger sur les circonstances qui ont conduit un homme comme Levaillant à la tête d’une institution aussi prestigieuse que la chambre des députés. Osner Févry et son organisation politique, la CONACED en ont profité pour sonner le “lambi du rassemblement” devant le sénat mardi prochain pour appuyer, dit-il, les sénateurs et soutenir l’idée d’un nouveau leadership pour le pays car, a t-il confié, René Préval a échoué.

Me Reynold George dont le franc-parler n’est plus à démontrer croit qu’on peut pas passer par quatre chemins et qu’on devra dire haut et fort qu’aucune élection n’est possible avec René Préval au pouvoir. “J’avais bien averti le peuple bien avant la dernière présidentiele que René Préval était le piège à éviter à tout prix; ils ne m’ont pas écouté et voilà le résultat aujourd’hui”. Edouard Paultre qui est revenu sur le vote de la loi par la chambre basse a indiqué qu’il n’était ni étonné, ni surpris pour avoir fait l’expérience de ces députés à l’oeuvre. “Ils sont inféodés au pouvoir et sont prêts à tout pour faire plaisir au palais national”, a dit le pasteur Paultre qui estime que l’heure est à la mobilisation pour éviter ce coup.

Le professeu Jean Garry Denis a rappelé l’histoire de certains grands parlementaires haïtiens dans le temps qui avaient su tenir tête à l’exécutif pour faire passer des lois en faveur du pays ou aussi pour empêcher l’adoption de certaines autres qui seraient pas dans l’intérêt collectif. “Il est clair que ces députés eux-mêmes vont rentrer dans l’histoire la tête baissée”, a averti le professeur Denis qui s’en est aussi pris au chef de l’exécutif pour sa gestion calamiteuse de la crise post-séisme. L’ambassadeur Edwige Lalanne a pour sa part dénoncé le manque de vision de l’exécutif qui aurait, selon lui, pu faire passer la commission intérimaire sous forme d’accord simplifié avec la communauté internationale sans avoir recours au parlement pour la ratification.

 

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