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Catégorie : Politique
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Politique/Elections Jacques Edouard Alexis : le choix de la déraison du président Préval
Hier après-midi, à la surprise quasi-générale, le président René Préval qui  aurait réuni la veille les conseillers électoraux (à l’exception de Jean Enel  Désir bien sûr) a informé les ténors de l’INITE de la désignation de Jacques  Edouard Alexis comme candidat à la présidence de la plateforme au pouvoir.

Politique/Elections Jacques Edouard Alexis : le choix de la déraison du président Préval
Hier après-midi, à la surprise quasi-générale, le président René Préval qui  aurait réuni la veille les conseillers électoraux (à l’exception de Jean Enel  Désir bien sûr) a informé les ténors de l’INITE de la désignation de Jacques  Edouard Alexis comme candidat à la présidence de la plateforme au pouvoir

La  nouvelle a eu l’effet d’une bombe dans la presse compte tenu du fait que  l’ancien premier ministre était donné comme perdant dans  son combat pour obtenir  le chapeau légal de l’INITE et aussi en raison du fait que le coordonateur  national du regroupement avait déjà donné le ton en indiquant dans la presse  quelques heures seulement plutôt que le candidat choisi serait du Sud-est du  pays laissant même entendre qu’il n’y aurait aucune possibilité, aucune chance  que celui-ci soit Jacques Edouard Alexis.

Joseph Lambert devait dans la même  journée avaler sa fierté et son orgueil pour se courber à la décision du chef de  l’Etat. Il a simplement confirmé le choix mais, il s’est refusé à tout  commentaire jusqu’à présent, de même que le président du Sénat qui était un  adversaire déclaré de l’ancien chef du gouvernement. Kelly C. Bastien, candidat  lui aussi à la candidature de l’INITE ne porte pas particulièrement  Jacques  Edouard Alexis dans son cœur et récemment, apprend-on, les deux hommes étaient à  deux doigts d’en venir aux mains dans un congrès qui s’est tenu sur la Côte des  Arcadins. Le sénateur Jean Hector Anacasis a du faire preuve de tout son sens du  compromis pour calmer les deux hommes mais, lui aussi, n’était pas favorable à cette désignation.

D’aucuns disent même que c’est parce que le parlementaire sentait venir ‘’le danger’’ qu’il avait précipité sa déclaration de candidature à la présidence sous la bannière de MODEJHA. Il est en froid avec le recteur de  l’Université Quisqueya et ne partage pas du tout le point de vue du chef de  l’Etat sur la question. Idem pour le sénateur Rodolphe Joasil de la Fusion et  proche de l’INITE qui a avoué publiquement à Intersection sur Caraïbes ce mercredi qu’il est absolument contre ce choix et que rien ni personne ne pourra  le forcer à endosser ce choix tout en se considérant toujours proche du chef de  l’Etat. ‘’Je ne ferai pas campagne pour lui dans mon département, le Nord-est et  je serais incohérent si je devais pactiser avec celui que j’avais contribué à  faire chuter comme premier ministre le 12 Avril 2008 lors de son interpellation  au sénat de la République’’, a dit le parlementaire. Le COREGA (Coordination  Resistance Grand’Anse), la plate-forme socioprofessionnelle et paysanne de la  Grand ‘Anse, membre de l’INITE était formellement opposé à ce choix et il  l’avait clairement dit.

De l’avis de plusieurs membres de la coordination du  regroupement, ce choix divise beaucoup plus qu’il pourrait rassembler et le  contexte l’ayant favorisé  avec un conseil électoral provisoire qui a accepté de violer la charte fondamentale pour contourner l’obstacle de la décharge de  gestion obligatoire met le pouvoir dans une situation difficile et complexe  devant l’opinion publique et surtout devant l’opposition, particulièrement  les 4  plateformes qui n’avaient jamais cessé de dénoncer la partialité du CEP en  faveur du parti présidentiel.

En dehors de toutes ces considérations, on peut aussi se poser la question sur  l’immaturité et la déraison d’un système qui a choisi celui qui avait échoué au niveau de la primature pour lui confier la plus grande responsabilité, le chef  suprême et effectif du pays. Un Lionel Jospin (France) serait choisi comme roi  en Haïti alors qu’il avait du abandonner la politique à cause d’un échec électoral, lui qui était pourtant présenté comme l’une des plus grandes figures  du socialisme français et européen. Sacrée Haïti !