Ranmase : un constat d’échec pour un bilan d’indécision, de chaos et de fiasco

Pour cette émission spéciale de Ranmase déroulée dans la semaine de la commémoration du premier anniversaire du drame du 12 Janvier, Radio Caraïbe a réuni un panel composé d’économistes, de diplomates, de politiciens et aussi de gens ayant travaillé dans le domaine de l’impact de l’assistance internationale sur le pays ou encore des victimes de cette catastrophe pour bien apprécier et comprendre la gestion des 12 mois de l’après drame.

Ranmase : un constat d’échec pour un bilan d’indécision, de chaos et de fiasco

Pour cette émission spéciale de Ranmase déroulée dans la semaine de la commémoration du premier anniversaire du drame du 12 Janvier, Radio Caraïbe a réuni un panel composé d’économistes, de diplomates, de politiciens et aussi de gens ayant travaillé dans le domaine de l’impact de l’assistance internationale sur le pays ou encore des victimes de cette catastrophe pour bien apprécier et comprendre la gestion des 12 mois de l’après drame.

Le constat est quasi-général : il n’y a pas eu de résultats sur le terrain et le principal responsable de l’observatoire citoyen est bien placé pour en parler. Karl Jean Louis a en effet dénoncé l’opacité, le manque de  transparence dans le travail des ONGs présentes sur place : « Certaines vous disent qu’elles ont construit des latrines, donné à manger à des dizaines de milliers de gens, mais, ils ne disent jamais où pour que l’on puisse vérifier ».

Clerveau Rodrigue, membre du Camp de Pétion Ville qui vit au quotidien l’atterrissage ou supposé de l’aide des ONGs témoigne du bourbier. « Les ONGs sont nombreuses à ce camp alors que les problèmes sont tout aussi nombreux qu’ils ne l’étaient avant leur arrivée ; Oxfam fait quelques petites choses mais, CRS par exemple est absent ». Deux responsables du Catholic  Relief Services (CRS) sont venus en catastrophe à la radio pour prendre le contre-pied des accusations de Clerveau Rodrigue. Kevin Osborne (Cash for Work manager) et Jean Daniel Lafontant (Responsable de Communication) pour CRS ont expliqué le sens de leurs actions dans ce camps : « On a donné à manger, on a donné  de l’eau pendant les premiers jours et jusqu’au mois de Mars ; on a pris en priorité pour le programme Cash for Work les vieillards, les handicapés et les femmes ».

 

Ketty Luzincourt, responsable de la gestion des conflits à l’Observatoire Citoyen croit que malgré cette évidence de l’inaction des ONGs, on ne peut pas s’en passer. « On ne doit pas voir les ONGs dans un contexte de compétition, de concurrence par rapport à l’Etat central, il faut la comprendre plutôt dans une logique de complémentarité ». L’économiste Jean Claude Paulvin n’est  pas d’accord avec la thèse selon laquelle les ONGs seraient incontournables : « Elles sont le vrai obstacle à la bonne marche de l’Etat mais, dans notre cas, les gouvernements ont eux-mêmes choisi de se cacher derrière les ONGs pour justifier leur errance et leurs lacunes », a indiqué le responsable de la firme ECOSOSC qui a dressé un bilan catastrophique de la situation un an après le drame : « On est comme au 13 Janvier 2010, moins les morts bien entendu ». Kesner Pharel estime lui aussi que les autorités n’étaient pas à la hauteur du défi et le responsable de la chronique économique sur Radio Métropole a esquissé ce qui devrait être le grandes priorités de la prochaine Administration haïtienne (après le départ de Préval) pour penser à une gouvernance moderne et futuriste.

 

L’ancien ministre des Affaires Etrangères Jean  Robert Simonise estime lui qu’on ne peut pas encore parler de gouvernance quand les structures de base n’existent même pas : « C’est comme si on nous demandait de construire sur du sable mouvant », a dit le professeur Simonise qui croit  plus loin que le pays a raté le momentum suscité par le grand élan de solidarité développé par la communauté internationale à cause de la catastrophe (les caméras ne sont plus sur nous). L’ambassadeur Edwige Lalanne est de loin le plus  critique de tous et estime que rien n’est fait pour faire oublier le traumatisme. « J’avais, de façon spontanée, offert ma petite personne pour aider  un pouvoir dont je partageais pourtant pas les points de vue et actions à sortir  de l’impasse du 12 janvier parce qu’il s’agissait de sauver un pays; on en a évidemment pas tenu  compte et je suis frustré devant l’immensité des défis et de l’horreur », a dit Ambassadeur Lalanne.

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