29 ans, connu de la justice pour sa violence et sa radicalisation, "rien ne permettait cependant de détecter un passage à l'acte dans la vie courante" de Chérif C., estime le directeur de la sûreté intérieure française.L'assaillant, Chérif C., né à Strasbourg est un homme de 29 ans fiché S (pour Sûreté de l'Etat). Toujours recherché, c'est "un individu connu en droit commun pour beaucoup de délits autres que liés au terrorisme, il n'a même jamais été connu pour des délits liés au terrorisme", a indiqué Laurent Nuñez, directeur général de la Sécurité intérieure, sur France Inter mercredi matin.

Le suspect est "connu des services de police et de justice pour des faits de droit commun, principalement pour des faits de vols et de violences", a par ailleurs ajouté ce midi Rémy Heitz, procureur de Paris, précisant que "27 condamnations" figuraient à son casier judiciaire, "pour des faits de droit commun, commis pour la quasi-totalité en France, mais aussi en Allemagne et également en Suisse".

"Il a un casier qui est assez important. Il a fait plusieurs séjours en prison et c'est à l'occasion de ces séjours en prison qu'a été détectée une radicalisation mais dans la pratique religieuse, jamais de signe de passage à l'acte. C'est à ce titre uniquement qu'il était suivi, de manière assez sérieuse, par les services de renseignement mais comme beaucoup d'autres individus qui ont pu manifester une pratique radicale religieuse en détention", précise M. Nuñez.


Emprisonné en Allemagne avant d'être expulsé

L'auteur présumé de l'attaque à Strasbourg a été incarcéré en Allemagne en 2016 pour cambriolages, ont indiqué mercredi les autorités allemandes. Le suspect a été condamné à "2 ans et 3 mois de prison en 2016 pour cambriolages", a précisé à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Intérieur de la région de Bade-Wurtemberg, où l'intéressé avait sévi. Il a purgé un peu plus d'un an en Allemagne avant d'être expulsé en France, a-t-il ajouté.

Selon le journal Tagesspiegel, il avait cambriolé un cabinet dentaire à Mayence en 2012, où il avait notamment dérobé de l'argent liquide et des dents en or. Quatre ans plus tard, il s'en était pris à une pharmacie à Engen, près du lac de Constance. En revanche l'homme ne s'est pas signalé en Allemagne par ses sympathies ou son prosélytisme islamiste. "Il avait dans ce domaine un casier vide", a indiqué à l'AFP une porte-parole de la police judiciaire.


La vengeance comme mobile?

L'auteur présumé de l'attaque a séjourné derrière les barreaux en Allemagne de janvier 2016 à février 2017 pour cambriolages. En février 2017, Chérif C. a été transféré en France, où il a été considéré par les autorités comme une menace terroriste, ce qui n'était pas le cas en Allemagne, selon le Tagesspiegel. La vengeance pourrait être un mobile de l'attaque commise sur le marché de Noël de Strasbourg, estiment des sources de la sécurité. Chérif C. a ainsi pu réagir de manière impulsive après que la police a tenté de l'arrêter mardi matin.

"On est un petit peu surpris par ce mode opératoire", a-t-il souligné: "C'est un individu radicalisé parce qu'il tenait des propos apologiques ou prosélytes, c'est-à-dire qu'il incitait à la pratique de la religion sous une forme radicale, en prison mais rien ne permettait de détecter un passage à l'acte dans sa vie courante".

L'assaillant, qui faisait l'objet d'un "suivi actif" depuis sa sortie de prison "fin 2015", n'a "pas essayé de se rendre en Syrie".


L'homme devait être arrêté ce mardi
Il aurait dû être interpellé mardi matin par des gendarmes mais lors d'une perquisition à son domicile ils n'ont pas trouvé trace de cet homme.
Cette opération visait à "procéder à son interpellation dans une affaire de pur droit commun, qui était une tentative d'homicide", a confirmé Laurent Nuñez, précisant que "cinq personnes ont été interpellées" lors de cette opération "qui n'a rien à voir avec l'action qu'il a menée ensuite".
Il "ne peut être exclu" que le fuyard soit passé en Allemagne. Mais "immédiatement le bouclage des frontières a été assuré, de même qu'un bouclage périmétrique autour de la ville de Strasbourg", a indiqué M. Nuñez.

D'après le procureur de Paris Rémy Heitz, "plusieurs perquisitions ont été réalisées cette nuit dans des lieux que" Chérif C. "est susceptible de fréquenter" et "quatre proches ont été placés en garde à vue cette nuit", a indiqué M. Heitz.

 

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