Cesar Sayoc, soupçonné d'avoir envoyé au moins 13 bombes artisanales à des personnalités critiques du président américain, donne l'image d'un homme farouchement pro-Trump, épinglant sans relâche les démocrates dans des messages souvent incohérents sur les réseaux sociaux.
Les fenêtres d'une camionnette blanche qui lui aurait appartenu sont couvertes de photos triomphales de Donald Trump et de son vice-président Mike Pence, aux côtés des visages, couverts d'une cible rouge, de la démocrate Hillary Clinton et de l'ex-président Barack Obama.

Un autocollant proclame aussi que "CNN est nulle", la chaîne régulièrement critiquée par Donald Trump.
Ces deux démocrates et CNN figurent parmi les destinataires des engins explosifs interceptés cette semaine à travers les Etats-Unis.
Se faisant également appeler Cesar Altieri, le suspect est né le 17 mars 1962. Il avait un casier judiciaire en Floride, où il habitait dans la ville d'Aventura, au nord de Miami.

Les premières images de son arrestation, dans la région de Fort Lauderdale, montrent un homme à la carrure musclée, en débardeur noir, les cheveux ras à l'exception d'une fine queue de cheval.
"Il était très en colère contre le monde, les Noirs, les juifs, les gays", a déclaré Debra Gureghian, manager d'une pizzeria à Fort Lauderdale qui l'avait embauché pour conduire sa camionnette de livraison pendant plusieurs mois, jusqu'en janvier.

"Il n'a jamais dit qu'il voulait les tuer, les assassiner ou leur lancer une bombe, il disait juste +si ça ne tenait qu'à moi, les gays, Noirs et juifs ne survivraient pas+", a-t-elle raconté au Washington Post, en ajoutant qu'il semblait "fou".

En 2002, Cesar Sayoc avait été inculpé pour une menace à la bombe contre un fournisseur d'électricité, selon les archives judiciaires du comté de Miami-Dade consultées par l'AFP. Il avait écopé d'une peine d'un an avec sursis. Auparavant, il avait déjà été accusé de vol et violences domestiques.
Il s'était déclaré en faillite, en 2012, d'après ces documents.

- Casquette Trump -
Cesar Sayoc portait une casquette rouge marquée du slogan de Donald Trump "Rendre à l'Amérique sa grandeur" ("Make America Great Again") sur une photo qu'il avait publiée sur son compte Facebook.
Dans des tweets souvent décousus et mal orthographiés, accompagnés de nombreux retweets de photomontages rudimentaires, Cesar Sayoc appelait ces derniers jours à voter républicain le 6 novembre, lors des élections parlementaires qui seront déterminantes pour la suite du mandat de Donald Trump.

Dans ses derniers messages, il éreintait le candidat noir au poste de gouverneur en Floride, Andrew Gillum, en l'accusant sans aucune preuve d'être à la solde du financier et donateur démocrate George Soros.
Originaire de Hongrie, le milliardaire juif est la cible régulière des adeptes de théories du complot. Cesar Sayoc lui avait réservé de nombreux tweets.

- Le "meilleur" président -
"Joyeux anniversaire meilleur commandant en chef perturbateur qui secoue Washington dans tous les sens", avait-il écrit pour l'anniversaire en juin de Donald Trump, qui est commandant en chef de l'armée américaine.

D'autres messages font référence à Debbie Wasserman Schultz, une élue démocrate dont l'adresse en Floride avait été notée sur les colis comme en étant l'expéditeur. Dans ses tweets, Cesar Sayoc avait d'ailleurs mal épelé son nom de famille en employant le même orthographe, "Shultz", que sur les colis piégés.
Cesar Sayoc semble avoir utilisé au moins deux comptes Twitter: @hardrock2016 et @hardrockintlent, où il écrivait respectivement sous les noms "Cesar Altieri" et "Julus Cesar Milan".
Son dernier tweet, sur @hardrock2016, date de mercredi, le jour où la plupart des colis ont été découverts.
Sur l'un de ses comptes Twitter, il se décrit comme un ancien joueur professionnel de football, pratiquant aussi un sport de combat en cage. Certains médias avancent qu'il avait eu une carrière de danseur de type Chippendales.
Il dit avoir fait des études vétérinaires à l'université en Caroline du Nord.
Cesar Sayoc avait fait également référence à de nombreuses reprises à la tribu amérindienne Séminole, tout en mentionnant des origines philippines.
Il y affirme également avoir travaillé pour l'hôtel et casino Hard Rock tenus par la tribu Séminole à Hollywood en Floride, mais ces derniers ont affirmé dans un communiqué n'avoir "aucune preuve" qu'il y ait vraiment travaillé ni qu'il appartienne à la tribu.

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