A l’initiative de Frantz Benjamin, conseiller de ville du district de Saint-Michel et président du conseil municipal de Montréal, des représentants d’une vingtaine d’organismes communautaires oeuvrant dans les services aux réfugiés et nouveaux immigrants se sont réunis mardi dernier à LA Maison d’Haïti en vue de définir des stratégies pour encadrer plus de 3,000 haïtiens ayant traversé traverse la frontière canadienne au cours de ces derniers mois en provenance des Etats-Unis.

“Les milieu associatifs, évangéliques de la communauté haïtienne de Montreal se sont engagés dans de nombreuses intiatives  pour aider nos frères et soeurs haïtiens en difficulté. Ce que nous tentons de faire aujourd’hui, c’est de regrouper nos énergies afin de créer une sorte de synergie” a lancé l’élu de Saint-Michel en guise d’objectif de cette rencontre à laquelle a pris part Dr Matheiu Eugène, Conseiller municipal de la ville de New-York (District 40).

Ce fut l’occasion pour les acteurs présents autour de la table de poser, sans langue de bois, les nombreuses difficultés qui attendent ces infortunés de l’accueil à la frontière par des agents de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) et de l’ASFC (Agence des Services Frontaliers du Canada), l’hébergement provisoire au Stade Olympique de Montréal ou dans les trois (3) camps bâtis à  la frontière par le ministère de la défense, l’octroi d’un “logement permanent”,  d’une aide sociale ….et le long processus devant aboutir à l’audience devant un agent de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR), une organisation administrative indépendante qui déterminera si les demandeurs d’asile haïtiens sont des réfugiés tels que définis par la Convention de Genève de 1951.

“Généralement, tout ce processus dure environ 12 mois, cependant, vu le nombre de demandeurs d’asile qui arrivent à la frontière durant cette courte période, nos compatriotes devront attendre, peut-être, deux (ans) avant une décision de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR)” a précisé, au cours de cette réunion,  Mme Chantal Ismé, Vice-Présidente du Conseil d’Administration de LA MAISON d’Haïti.

D’un autre côté, des intervenants ont soulevé le problème d’accès dans les centres d’hébergement par les organismes communautaires spécialisés dans l’encadrement social et le soutien psychologique de nouveaux immigrants. Par exemple, des membres du Ralliement des Infirmières et Auxiliaires Haïtiennes de Montréal veulent se porter volontaires pour offrir des services médicaux à leurs compatriotes mais ne savent pas à quelles portes frapper compte tenu de l’absence d'un interlocuteur aux niveaux fédéral et provincial poudes échanges sur la gestion des dossiers des demandeurs d’asile haïtiens.

“C’est un problème fondamental à résoudre avec les responsables du Programme Régional d’Accueil et d’Intégration de demandeurs d’asile (PRAIDA)” a conseillé Frantz Benjamin

La bataille de l’information face à la désinformation et un discours xénophobe

Etre pro-actifs, construire des alliances afin de pouvoir bien renseigner l’opinion sur le dossier des demandeurs d’asile haïtiens et contrecarrer le discours xenophobe de groupuscules répercuté sur les réseaux sociaux, voilà l’un des grands défis qui nous attendant dans le dossier des demandeurs d’asile haïtiens, a lâché Frantz Benjamin.

  Mme Christine Pelchat, ancienne députée du Parti Libéral (1985-1994) et fondatrice-présidente de la Fondation Serge Marcil a rejoint le président du conseil municipal de Montréal pour exprimer  “son ras- le-bol par rapport à ce discours qu’elle juge innaceptable en dénonçant ce qu’elle appelle “le mal des réseaux sociaux”. “Cette crise à laquelle nous faisons face est tout simplement humaine.  Ce n’est pas un problème haïtien. Il n’y pas d’immigrants illégaux. C’est un problème humain qui nécessite une réponse humaine de la communauté toute entière”  a lancé Mme Pelchat, ancienne déléguée générale du Québec à Mexico.

 

Les enfants des demandeurs d'asile iront-ils à l'école le 4 septembre prochain ?

Pour fournir des informations sur le système scolaire du Québec, Frantz Benjamin, avait invité Henry-Robert Durandisse de la Commission scolaire de Ponte-de-l'Ile qui compte 46 écoles primaires, 9 établissements secondaires, 6 centres professionnels et 3 programmes de francisation et d’alphabétisation pour adultes.

A en croire le Commissaire scolaire, il ne se posera pas, à proprement parler, un problème d'accès dans les écoles mais il faudra placer ces enfants dans des classes d'accueil en vue de faciliter l'apprentissage à travers une mise à nouveau. Pour expliquer cette démarche qui ne vise qu'à faciliter l'intégration de ces jeunes immigrants dans le système québécois, M. Durandisse évoque certains facteurs dont le plus important demeure l'absence de dossiers scolaires bloquant l'évaluation académique  des nouveaux apprenants.

"L'expérience a prouvé que beaucoup de jeunes élèves qui viennent d'Haïti ne comprennent pas ce qu'ils lisent. Voilà pourquoi, nous développons à leur intention des programmes scolaires de rattrapage scolaire" a martelé le Commissaire Henry-Robert Durandisse en précisant que "jusqu'à présent on ne connait même pas la langue d'apprentissage de ces jeunes élèves".

Toujours en ce qui concerne la rentrée scolaire, Mme Sylvie Rochette, cofondatrice et directrice générale de Regroupemnt Partage, estime qu'il sera presqu'impossible pour ces enfants d'intégrer le système scolaire à la rentrée du début de septembre. "Ils devront probablement attendre à la fin du mois" regrette Mme Rochette dont l'organisme distribue chaque année des kits scolaires et une boîte à l'unch isolante à plus de 4,000 élèves issus de familles nécessiteuses.

"Ces jeunes enfants haïtiens n'ont pas choisi de se trouver dans cette difficile situation. Nous devons tout faire pour les aider à réussir. C'est leur avenir qui est en jeu" devait conclure la cofondatrice et directrice générale de Regroupemnt Partage.

Les jeunes filles et les femmes sont vulnérables
Des représentants d’organismes communautaires spécialisés dans la défense des droits des femmes ont évoqué avec un luxe de détails les nombreux risques encourus par les femmes et les jeunes filles pendant ce long voyage pour arriver au Canada.

“ Elles sont exposées à des risques d’abus sexuels et de violence physique et/ou psychologique lors du voyage et dans les camps d’hébergement” a laissé entendre Nadia Jeracovschi du  Mouvement contre le viol et l’inceste en mettant en relief l’expérience de terrain  acquise par cette organisation en travaillant avec des migrantes de l’Afrique du Nord, des Congolaises, des Syriennes, etc ….

“Les nombreux changements survenus dans leur réalité quotidienne ainsi que l’incertitude durant cette longue période que va durer le processus de régularisation de leur statut vont compliquer davantage leur situation” a ajouté Mme Sully supportée par sa collègue Jennie-Laure Sully.

Pour diminuer les risques de vulnérabilité pour ces migrantes, les représentantes du  Mouvement contre le viol et l’inceste ont proposé la création de programmes de prévention et ‘d’appui psychologique.

Réunion d’informations pour le Dr Mathieu Eugène
Invité par son collègue de district de Saint-Michel, le conseiller municipal de la ville de New-York a été l’orateur principal de la deuxième partie de la réunion organisée mardi dernier à la Maison d’Haiti de Montréal.

 

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