Imprimer
Catégorie : OutreMer
Affichages : 3373

À l’occasion de la fête de Notre Dame du Perpétuel Secours, le Groupe de Réflexion et d’Action pour le Développement du Bel Air (GRADEB), a organisé à Boston, Massachusetts, le samedi 25 juin écoulé, son 5ème gala annuel de levée de fonds au bénéfice de la population de leur ancien quartier.  Plus de deux cents anciens résidents et amis avait pris part à cette soirée également baptisée fête de l’amitié. À cette occasion, de nombreuses personnalités de la diaspora haïtienne avait pris la parole pour témoigner leur attachement à la cause de ceux qui vivent encore dans la zone.

Au nombre des anciens du quartier qui avaient pris la parole, il faut noter M. Joseph René, membre de GRADEB, représentant les Belairien de New York qui, dans son allocution, a fait un véritable plaidoyer en faveur du renouveau du Bel Air.

GRADEB, dont l’objectif est de réunir les filles et fils du Bel Air, où qu’ils se trouvent sur la planète a été fondé en juin 2012 à New York. Depuis sa création, l’organisation s’est donné pour mission de participer de manière active au développement social, culturel, économique et sportif de la zone. Présentement, GRADEB apporte une contribution financière à une école du quartier de Bel Air et contribue aux funérailles des riverains qui sont financièrement déshérités. Cette initiative dénote la loyauté de ses anciens résidents au quartier qui les ont vus naître et leur volonté de participer à sa reconstruction.

Depuis sa fondation, le quartier du Bel Air a tours été le bastion de la classe moyenne de Port-au-Prince et pourvoyeur de l’élite intellectuelle.

Dans un passé récent, le quartier du Bel Air était connu pour ses institutions scolaires qui ont contribué à la formation de nombreux intellectuels du pays. Parmi ces institutions, il faut citer l’école congréganiste des Sœurs Laurore du Bel Air, l’Institution Frank Etienne, le Lycée Alexandre Pétion, les Frères Jean-Marie Guilloux, le Petit Séminaire Collège Saint Martial, etc. Mais Bel Air, c’était aussi le football avec son équipe, l’Aigle Noir dont un nombre considérable avait pris part au Mondial de 1974.

Le quartier de Bel Air est l’un des plus anciens, si non le premier embryon de ce qui allait devenir, par décret du roi Louis XVI en 1749, la capitale de la colonie de Saint Domingue . Deux ans plus tard, soit en 1751, Bel Air fut élevé au rang de quartier, position qu’il occupe encore aujourd’hui. Bel Air est surtout connu pour ses points de repère tels que : le Calvaire, l’Eglise Notre Dame du Perpétuel Secours, Madame Colo et le Fort National.

Bel Air a toujours été une zone de résistance et un casse-tête chinois pour les politiciens. C’est pourquoi les régimes dictatoriaux et populistes essaient souvent de faire main basse sur cette partie de la capitale. La dégradation du paysage socio-économique et politique du pays, l’exorde rurale qui a commencé aux environs des années 60, la surpopulation des zones urbaines et la montée vertigineuse de la criminalité depuis les années 86, ont contribué à faire du Bel Air l’un des plus grands bidonvilles du pays. La question qu’on se pose est : comment un quartier aussi prometteur et aussi vibrant à ses débuts puisse arriver à ce degré de sous développement ? D’aucun diront qu’il s’agit de la mauvaise gestion de nos dirigeant qui n’ont jamais su faire montre de leur capacité à prévoir le futur. Pour les anciens riverains qui habitent en terre étrangère, Bel Air peut encore renaître de ses cendres. C’est pourquoi les Belairiens vivant dans la diaspora se sont engagés dans une lutte sans merci contre le sous-développement de la zone. Leur objectif : redonner au Bel Air son image d’antan.

Au terme de la soirée, les leaders de GRADEB se sont donné rendez-vous pour l’année prochaine pour un autre gala plus grandiose que celui de l’année 2016.

Muradieu Joseph est écrivain/Journaliste et contributeur à InfoHaiti.net