Imprimer
Catégorie : OutreMer
Affichages : 3330
Président Barack Obama

Les républicains du Congrès américain ont promis jeudi de résister, éventuellement en utilisant le moyen de pression du budget, au plan de régularisations de plusieurs millions de sans-papiers que Barack Obama s'apprêterait, selon le New York Times, à annoncer. Au risque d'un affrontement politique majeur, le président Obama a annoncé la semaine dernière qu'il signerait d'ici la fin de l'année une série de décrets pour apporter une solution aux millions de sans-papiers, en majorité mexicains, qui vivent aux Etats-Unis, un plan qui pourrait s'inspirer du programme créé en 2012 pour les clandestins arrivés enfants sur le territoire américain.

Jusqu'à cinq millions de clandestins pourraient être concernés

Selon des responsables américains cités de façon anonyme par le quotidien jeudi, les parents d'enfants ayant la citoyenneté américaine ou un permis de séjour permanent (carte verte) pourraient se voir offrir, pour une durée déterminée, des papiers leur permettant de travailler légalement et d'être protégés contre une expulsion.

Au total, jusqu'à cinq millions de clandestins pourraient être concernés, selon le journal. Leur nombre exact dépendra des critères fixés par Barack Obama, notamment le nombre d'années de présence aux Etats-Unis. Au total, environ 11,7 millions de sans-papiers vivent aux Etats-Unis, selon le Migration Policy Institute, sur une population d'environ 319 millions d'habitants.

Les républicains veulent éviter le «shutdown»

D'autres mesures du plan, qui comporte 10 points selon Fox News, concerneraient notamment la sécurité à la frontière, la rémunération des policiers à la frontière avec le Mexique et les visas pour les étrangers hautement qualifiés.

Les républicains, vainqueurs des législatives du 4 novembre, mettent en garde depuis plusieurs mois la Maison Blanche contre de telles mesures, qu'ils qualifient d'amnistie. Les fuites de jeudi ont suscité de nouvelles déclarations de défiance. «Nous nous battrons bec et ongles contre le président s'il persévère», a déclaré jeudi le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner. «Ce n'est pas comme cela qu'on gouverne».

Des conservateurs le pressent d'utiliser la loi de finances que le Congrès doit impérativement adopter d'ici le 11 décembre pour bloquer toute initiative présidentielle, en y glissant un article coupant les fonds nécessaires à la mise en place du plan de régularisations. Mais cette tactique controversée pourrait conduire à une impasse et à la fermeture partielle de l'Etat fédéral («shutdown»). Un scénario déjà éprouvé en octobre 2013 et que les chefs républicains disent vouloir éviter à tout prix.