Selon une enquête de la BID, en 2006 la diaspora haïtienne comptait au moins 1,5 million de ressortissants. D’autres estimations avancées évaluent jusqu’à 3.5 millions le nombre réel d’haïtiens vivants à l’étranger. Normalement et  selon le principe de la relation du tout aux parties, c’est la communauté nationale qui devrait organiser sa diaspora en fonction de ses besoins. Force est de constater, que c’est l’inverse qui prévaut dans le cas d’Haïti. L’Etat haïtien à travers sa politique gouvernementale n’a pas su trouver la formule pour mobiliser et canaliser les ressources diverses que dispose la diaspora haïtienne.

Texte soumis à InfoHaïti.net - Selon une enquête de la BID, en 2006 la diaspora haïtienne comptait au moins 1,5 million de ressortissants. D’autres estimations avancées évaluent jusqu’à 3.5 millions le nombre réel d’haïtiens vivants à l’étranger. Normalement et  selon le principe de la relation du tout aux parties, c’est la communauté nationale qui devrait organiser sa diaspora en fonction de ses besoins. Force est de constater, que c’est l’inverse qui prévaut dans le cas d’Haïti. L’Etat haïtien à travers sa politique gouvernementale n’a pas su trouver la formule pour mobiliser et canaliser les ressources diverses que dispose la diaspora haïtienne.

En effet la diaspora regorge de ressources financières et humaines. Selon une étude de la BID, les montants des transferts en provenance de la diaspora dépassent le volume d’aide internationale accordée à Haïti. Ces dernières années, ces transferts de  fonds ont pris une ampleur considérable pour atteindre près 2 milliards de dollars américains (FOMIN-BID).  En 2004, les  Transferts de fonds des haïtiens de l’étranger représentaient plus de 5 fois la somme de l’aide internationale et de l’investissement direct  étranger (BID, 2006) ; ce qui sous-entend que du point de vue macro-économique les envois de fonds par les migrants  haïtiens représentent une part de plus en plus croissante du PIB d’Haïti. D’autre part, il faut signaler que la diaspora haïtienne constitue une banque inépuisable de ressources humaines.

 Aucune étude a été réalisé en ce sens pour déterminer la taille, le contenu et l’importance de ces ressources humaines; mais vu  le phénomène de la fuite des cerveaux et considérant le nombre non-négligeable d’haïtiens ayant décroché de diplômes académiques dans leurs pays d’accueil ; il ne serait pas présomptueux d’avancer que les ressources humaines de la diaspora représentent une valeur supérieure ou égale  au montant annuel de transferts effectués à partir de l’étranger.  Ce qui confère à cette diaspora une stature d’importance  dans le développement économique d’Haïti  moyennant son organisation.

 Toutefois, cette diaspora a aussi des problèmes, tels que les modes d'accueil des pays d’accueil,  l’organisation sociale de nos communautés  et sa protection. En fait,  ce dernier aspect devrait être géré par les différents consulats établis à l’étranger. Il n’est pas un secret que le rôle majeur d’un consulat est  d’assurer la protection de sa communauté  vis-à-vis des autorités du pays de résidence en vertu de la législation et des réglementations en vigueur dans le pays en question. Cet aspect du rôle des consulats haïtiens est très négligé étant donné qu’ils se contentent uniquement d’émettre des passeports et de légaliser certains documents tandis qu’ils pourraient, en cas d’arrestation ou d’incarcération ;  s’assurer que les conditions de détention soient conformes aux lois locales. Dans ce même ordre d’idée, nous proposons la création d’une base de données  d’avocats parlant le  créole ou  le français qui pourraient  défendre le citoyen haïtien en difficulté. Le consulat doit être transformé en  un espace où les ressortissants haïtiens peuvent avoir accès à des informations utiles (annuaire d’administrations locales, d’avocats, d’interprètes, de médecins etc.).

La réponse à tous ces manquements passera absolument par la réorganisation de nos consulats. Pour pourvoir aux besoins d’assistance et pour mobiliser notre diaspora, les consulats peuvent jouer une part active dans  l’organisation de nos diverses communautés afin de pouvoir canaliser leurs efforts et énergies vers le développement économique d’Haïti. Par exemple, ces communautés une fois organisées pourront participer au développement d’Haïti en investissant dans des projets à caractère économique conçus par le gouvernement. Diverses associations de la diaspora pourraient se transformer en unités de production dans les villes de province  ou en agents de développement  d’industries légères dans le chef-lieu d’arrondissement d’une région donnée pour supporter la stratégie de développement comme il a été transmise dans  l’énoncé de la  politique générale du gouvernement.

Il est clair que l’atteinte de ces objectifs ne  pourra se faire qu’avec  la participation de deux pôles  ministériels : le Ministère des Affaires Etrangères et des Cultes  et le Ministère des Haïtiens Vivants à l’Etranger.   Ainsi,  nous proposons la nomination d’agents de liaison dans les ambassades et  consulats  à l’étranger. Compte tenu du faible moyen dont dispose l’Etat Haïtien, ces agents de liaisons  travailleront en coordination avec  les deux ministères précités   et joueront les rôles suivants :

1) Officier d’informations  (pour les ambassades et consulats)

2) Agent d’organisation des communautés haïtiennes. (Pour le MAHVE)

 L’Officier d’information : aura pour charges de créer des bases de données  de professionnels haïtiens évoluant dans sa zone ou dans le pays en question (au cas où le pays a un seul consulat). Ces répertoires seront  utilisés par le personnel du consulat afin d’aider les haïtiens qui ont grandement besoin de ce service d’accompagnement.

L’Agent d’organisation des communautés haïtiennes : aura pour tâches de   consolider et d’organiser les différentes communautés en association. Ces associations une fois constituées seront encouragées  à investir   dans des projets à caractère économico-social.

Le progrès social et économique de la population haïtienne conduira sans doute à un apaisement social réel, et renforcera du même coup la confiance des citoyens dans le processus démocratique en cour.

Herns MESAMOURS/ Jean Elize JEAN-PAUL

Albany State University, USA

www.hernsmesamours.blogspot.com

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