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Conférence de Newark sur Haiti«Imaginer un nouvel avenir: les avantages, les défis et les opportunités de renforcement de l'éducation et l'investissement en Haïti» c’est le thème choisi par l’Association Nationale des Professionnels Haïtiens (NAHP), la Fondation Joseph Denis Thomas (JDT Foundation) et l’Association des anciens étudiants haïtiens du New Jersey (NJHSA) pour une conférence consacrée à Haïti samedi dernier au musée de Newark (Newark Museum) dans le New Jersey.

Dr Marjorie Brennan de la JDT«Imaginer un nouvel avenir: les avantages, les défis et les opportunités de renforcement de l'éducation et l'investissement en Haïti» c’est le thème choisi par l’Association Nationale des Professionnels Haïtiens (NAHP), la Fondation Joseph Denis Thomas (JDT Foundation) et l’Association des anciens étudiants haïtiens du New Jersey (NJHSA) pour une conférence consacrée à Haïti samedi dernier au musée de Newark (Newark Museum) dans le New Jersey.

«Quelle est la meilleure approche pour reconstruire Haïti ? », «Pourquoi fait-on du surplace en dépit des interventions des uns et des autres ? » s’est demandée Marjorie P. Brennan, présidente de la JDT Foundation à l’ouverture de cette conférence à laquelle ont participé plus d’une centaine de compatriotes et quelques étrangers de la région (New York, New Jersey, Massachusetts). A cette double interrogation, Dr Brennan n’avait pas de réponse en confiant qu’elle avait laissé Haïti à l’âge de 2 ans pour y retourner il y a juste quelques années. Cependant, se basant sur ses recherches effectuées sur la culture haïtienne, elle a évoqué la notion de responsabilité collective, les concepts de LAKOU, véritable cellule des communautés haïtiennes d’autrefois (particulièrement dans les villes les plus reculées et dans nos campagnes), de famille étendue, de l’esprit de «vwazinaj». Marjorie P. Brennan donnait ainsi le ton à ce quí allait devenir une assez intéressante journée de réflexions, de dialogue, et d’échanges parfois très animés sur l’Haïti post-séisme.

De la pauvreté  à la prospérité à travers l’éducation
Conor Bohan, fondateur de HELP«L’enseignement supérieur/post-secondaire dans un monde post-industriel »  (globalisé, c’est moi qui ajoute). Pour en parler à cette conférence, Conor Bohan, un américain, fondateur d’une organisation non-gouvernementale  en Haïti (HELP : Haitian Education & Leadership Program). M. Conan a fait son premier voyage en Haïti en 1996 comme enseignant-volontaire avant de devenir directeur-adjoint du NDI (National Democratic Institute).

«J’ai découvert à Cité Soleil en 1996 une soif ardente des jeunes haïtiens pour l’éducation » a confié Conor Bohan en guise d’introduction à une captivante présentation sur cette ONG qui a démarré avec l’assistance financière accordée à une adolescente haïtienne, Ismonde Joseph. «Elle voulait étudier le secrétariat après avoir bouclé avec succès le cycle secondaire parce qu’elle n’avait pas d’autres options…. Aujourd’hui, elle travaille comme médecin en Haïti au centre GHESKIO après ses études universitaires à Port-au-Prince», le fondateur  de HELP a cité plusieurs «histoires à succès » de jeunes haïtiens dont celle de Florénal Joseph qui poursuit actuellement des études doctorales en bioénergie dans un centre universitaire américain de renom.

 Depuis sa création en 1996, ces jeunes sont recrutés parmi les plus doués des modestes familles  à l’échelle nationale sur la base d’un concours d’admission. Seulement 60 jeunes ont été acceptés en 2010  sur un total de 370 postulants.  A cet effet, les responsables de HELP ont visité plus de 200 écoles et parlé à environ 240,000 écoliers. Pour être candidat, l’adolescent doit maintenir une moyenne de 75/100 (minimum) pour toutes les matières académiques durant le cycle secondaire. Une fois accepté dans le programme, le jeune est pris en charge par l’organisation qui supporte les frais d’hébergement et de scolarisation dans un centre universitaire de la capitale reconnue par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF).

A souligner que ces boursiers bénéficient également de cours d’anglais, d’informatique et de leadership dispensés dans le «modeste campus » de l’organisation à Port-au-Prince. Une année académique coûte en moyenne $8500 (livres, hébergement, frais d’écolage, cours d’anglais aux Etats-Unis….). «Notre objectif : tous nos étudiants doivent parler couramment et écrire l’anglais au moment de boucler leurs études universitaires en Haïti afin qu’ils puissent les poursuivre aux Etats-Unis » a fait savoir Conor Bohan qui précise que les activités de HELP sont financées par des dons individuels et des subventions de fondations américaines.
En conclusion, Conor Bohan a établi, statistiques à l’appui, les relations entre l’éducation, la richesse et la santé.  «Dans un pays développé comme les Etats-Unis, plus vous êtes éduqué plus grandes sont vos chances de réussite financière.  Plus vous êtes éduqué plus grandes sont vos chances de vivre en bonne santé ». A souligner que HELP (Haitian Education & Leadership Program) est la plus grande agence octroyant des bourses d’études au niveau universitaire en Haïti.

«Renforcement des capacités et création des opportunités : impact du partenariat entre CUNY (City University of New-York) et les Universités Publiques Régionales d’Haïti».
Dr François Pierre Louis de CUNYCe deuxième thème de la journée consacré à l’éducation fut présenté par François Pierre-Louis (PhD), professeur de Science Politique à Queens College. «Le système éducatif haïtien n’était pas construit pour une société moderne » a d’abord expliqué le professeur Pierre-Louis avant d’évoquer les problèmes d’infrastructures et de capacité d’accueil de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH). En effet, sur les 24,000 candidats qui participent aux concours d’admission dans les facultés publiques, un peu plus de 3,000 trouveront un siège en première année, soit 1 postulant sur 8 (12.5%), le niveau le plus bas dans la région.

«L’appui de CUNY à l’Université d’Etat d’Haïti fait suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010 à l’initiative du président de notre système universitaire  le Matthew Goldstein » a fait savoir le professeur François Pierre-Louis chargé d’assurer la coordination du partenariat entre les deux entités.
L’Université Publique du Nord au Cap-Haïtien (UPNCH), l’Université Publique de l’Artibonite aux Gonaïves (UPAG), l’Université Publique du Sud aux Cayes (UPSAC) et l’Université Publique du Sud-est à Jacmel (UPSEJ) reçoivent depuis lors l’encadrement des professeurs de CUNY en fonction des besoins de développement de ces quatre écoles supérieures régionales faisant partie de l’Université d’Etat d’Haïti. Le Dr Pierre-Louis a cité en exemple, les programmes de recyclage des membres du corps professoral de l’Ecole des Infirmières aux Gonaïves, ceux de la faculté de l’Education aux Cayes et du Tourisme au Cap-Haïtien.

Dans le cadre de ce partenariat,  CUNY a organisé aux Etats-Unis en collaboration avec d’autres universités américaines des cours et séminaires de perfectionnement à l’intention de plusieurs cadres des quatre «universités»  publiques régionales haïtiennes.  Et depuis environ un an, y sont en expérimentation le «programme 2 + 2 » qui permet  à des étudiants de recevoir une formation de deux ans pour faciliter leur  accès sur le marché du travail dans les domaines de l’environnement, l’industrie maritime, la construction, la mécanique, le tourisme, la santé, etc… Ces jeunes professionnels peuvent ensuite compléter leurs études universitaires s’ils le désirent. «Le programme 2 + 2 qui fonctionne suivant le modèle de nos collèges communautaires ici aux Etats-Unis essaie de concilier création d’emplois  et formation académique dans un pays où tout est prioritaire et urgent», a expliqué le professeur François Pierre-Louis qui a été conseiller dans le cabinet privé du président Jean-Bertrand Aristide en 1991 et du premier ministre Jacques Edouard Alexis entre 2007 et 2008.

De l’éducation à l’investissement
Nathalie Liautaud de la PADFLa pause était de courte durée pour les participants et les conférenciers. Juste le temps de prendre un léger déjeuner alors que se poursuivaient dans les petits cafés avoisinant le musée de Newark le débat, les commentaires sur les exposés du fondateur de HELP, M. Bohan et du professeur François Pierre-Louis.
A la reprise, les participants étaient aussi attentifs que dans la matinée pour écouter d’abord Mme Nathalie Liautaud, gestionnaire de programmes d’investissements à la Fondation Panaméricaine de Développement (PADF), une organisation à but non-lucratif de l’Organisation des Etats-américains (OEA) créée en 1962 et dont la mission est de  «stimuler le développement intégral chez les plus démunis d'Amérique latine et des Caraïbes afin de créer un Continent où chacun a sa chance». L’année dernière, le PADF est intervenu dans 23 pays de la région exécutant des programmes au bénéfice de 7.5 millions de personnes.

Selon Nathalie Liautaud, la PADF est présente en Haïti depuis environ 30 ans. Actuellement, cette institution dispose  de plusieurs bureaux à travers le pays employant plus d’une centaine de personnes.  Elle intervient dans des domaines des plus variés : protection des droits humains, soutien à des gouvernements municipaux, réparations d'infrastructures routières,  gestion de bassins versants,  assainissement, appui aux secteurs agricoles et de l'agroforesterie, soutien  etc …
«Depuis janvier 2010, nous avons intensifié nos actions en Haïti afin de répondre aux besoins des populations affectées par le séisme à la demande du gouvernement haïtien » a fait remarquer Nathalie Liautaud tout en présentant toute une liste des interventions de cette «ONG de l’OEA » :

·         évaluation en collaboration avec le ministère des travaux publics transports et communications (MTPTC) de plus de 412,000 maisons    endommagées par le séisme,

·         formation de 900 maçons, et cours de perfectionnement pour 300 ingénieurs et architectes,

·         réparation de 4,000 maisons dans la capitale et à Léogane,

·         relocalisation de 28,000 personnes,

·         travaux de réhabilitation de plusieurs quartiers,  etc …

Sur le chapitre des ressources financières disponibles en Haïti à des fins d’investissements, Nathalie Liautaud, ancienne directrice de programmes au Centre pour la Libre Entreprise et la Démocratie (CLED, a apporté des précisions sur l’un des programmes à succès de la PADF : LEAD (Leveraging Effective Application of Direct Investment). «Ce programme est conçu pour renforcer la capacité des PME à s'engager dans les meilleures pratiques d'affaires, attirer les investissements étrangers et de la diaspora, à développer des entreprises, créer des emplois et générer des revenus», a dit en substance Nathalie Liautaud qui connait très bien ce secteur pour avoir travaillé à l’Association des Industries d’Haïti avant de rejoindre la Fondation Panaméricaine de développement (PADF) à Washington.
 

Comment investir avec succès en Haïti
Philippe Saint-Cayr, la Chambre de Commerce Haïtiano-Américaine (HAMCHAM)Le dernier conférencier de la journée, Philippe Saint-Cyr est actuellement Directeur de l’une des plus importantes associations patronales du pays : la Chambre de Commerce Haïtiano-Américaine (AMCHAM) dont les 90 membres payent « plus de 50% des taxes collectées par l’Etat haïtien ». Détenteur d’une licence en finances de la prestigieuse St John’s University et d’une maîtrise en économie du développement de Fordham University (New York), Philippe Saint-Cyr a travaillé à Tampa en Floride pour PHYAURA, une compagnie spécialisée dans l’utilisation de logiciels libres pour améliorer à la fois le remboursement rapide et efficient des services médicaux et les soins offerts aux patients.
Convaincu d’avoir fait le bon choix en décidant de retourner en Haïti, le directeur exécutif de la HAMCHAM était aussi convainquant dans ses arguments quant aux possibilités d’investissements : «nous disposons de l’un des 4 plus grands ports de la région pour les bateaux de croisière, des kilomètres de plages non encore exploitées, le plus grand centre hospitalier de la caraïbes, d’importants gisements miniers (marbre, cuivre, or), une demande en pleine croissance pour les infrastructures hôtelières, les logements, les services liés au secteur des nouvelles de technologie de l’information et de la communication ….. »  la liste est vraiment longue, a expliqué Philippe Saint-Cyr qui fera également état des mesures institutionnelles déjà adoptées par la nouvelle équipe gouvernementale en vue d’inciter, faciliter et garantir les investissements privés.

« Sur le plan infrastructurel,  nous avons un pays en chantier avec d’importants projets en cours ou en voie d’exécution » a fait remarquer le directeur exécutif de la AMCHAM. Il citera entre autres : la réhabilitation du port et de l’aéroport de la capitale (respectivement $50 et $4.4 millions), la construction d’un port moderne à Fort-Liberté, dans le Nord-Est (plus de $100 millions), l’agrandissement et la modernisation de l’aéroport du Cap-Haïtien qui sera opérationnel à partir du 10 octobre prochain ($60 millions), la construction de 44 kilomètres de routes ($54 millions),  la construction de 700 logements à Caracol et 150 à Cabaret dans le cadre d’un projet financé par l’Agence américaine pour le développement International (USAID), d’importants investissements dans les infrastructures hôtelières à Port-au-Prince et dans les villes à vocation touristique ( plus de $400 millions), la construction de l’Hôpital de Mirebalais par Partners in Health (environ $50 millions) …..
«Notre demande annuelle pour le secteur du logement s’élève à 100,000 unités soit un investissement de 5.6 milliards de dollars qui n’existe pas sur le marché bancaire en Haïti. Dans le domaine de l’énergie, il faudra dépenser entre 300 et 500 millions de dollars pour permettre à l’ensemble de la population d’avoir accès au courant électrique »  a conclu le directeur de la Chambre de Commerce Haïtiano-Américaine (HAMCHAM), Pierre Saint-Cyr qui invitait ainsi les membres de la diaspora présents à cette conférence au musée de Newark à «prendre des risques à l’instar de nombreux compatriotes qui l’ont déjà fait ».

L’exposé de Pierre Saint-Cyr a été suivi de débat assez animés avec des compatriotes qui soulignaient les difficultés de toutes sortes rencontrées en Haïti au niveau de l’appareil d’Etat : la douane, la direction générale des Impôts (DGI) …., la responsabilité sociale des entreprises, l’impact des investissements sur l’environnement,  la décentralisation, le choix des pôles de développement,  les trois corridors choisis par l’USAID pour des interventions ciblées (Port-au-Prince-Arcahaie-St-Marc).


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