Décongestioner les bidonvilles en investissant dans des pôles de développement situés en milieu rural, c'est ce qui ressort de la conférence prononcée hier samedi à l'hôtel Lantana de Randolph, Massachusetts par le sociologue Hubert Deronceray, candidat du Grand Front Centre Droit qui lançait officiellement sa campagne pour les présidentielles haïtiennes de cet automne. "Nous devons rompre avec le mensonge pour pouvoir proposer au pays de façon scientifique des solutions innovatrices et adéquates aux nombreux problèmes de la misère, de l'ignorance, de l'environnement, de l'insécurité ..."

Décongestioner les bidonvilles en investissant dans des pôles de développement situés en milieu rural, c'est ce qui ressort de la conférence prononcée hier samedi à l'hôtel Lantana de Randolph, Massachusetts par le sociologue Hubert Deronceray, candidat du Grand Front Centre Droit qui lançait officiellement sa campagne pour les présidentielles haïtiennes de cet automne. "Nous devons rompre avec le mensonge pour pouvoir proposer au pays de façon scientifique des solutions innovatrices et adéquates aux nombreux problèmes de la misère, de l'ignorance, de l'environnement, de l'insécurité ..."a martelé le président-fondateur du MDN (Mouvement de Mobilisation pour le Développement National). Face à une croissance économique négative et une croissance démographique exponentielle (2% l'an), l'ancien directeur du CHISS (Centre Haïtien d'Investigation en Sciences Sociales, CHISS) plaide en faveur d'importants investissement dans la production agricole dans un pays dont l'agriculture représentait - il n'y a pas longtemps -50% du PIB (produit intérieur brut). Comme conséquence de la baisse de la production agricole, Haïti importe les produits de base nécessaires à l'alimentation quotidienne de ses habitants. " Quand vous importez le riz de Taiwan, le maïs des Etats-Unis, même les fruits de la république voisine .... l'on comprend qu'il y a une urgente nécessité de se pencher de façon plus rationnelle sur les problèmes du paysan haïtien" a fait comprendre le sociologue Hubert Deronceray qui propose la mise en expérimentation de l'UTD (Unité Tactique deDéveloppement) , un "outil innovateur" qu'il a proposé au pays depuis son retour au pays en 1978 après une carrière à l'UNESCO.

Ce concept consiste en effet à"penser le développement" autour du paysan en mettant à sa disposition tous les moyens d'encadrement qui lui permettent de faire fructifier son lopin de terre et en lui offrant les services de base de santé, d’éducation, de sécurité sociale, etc .... Cette approche - toute innovatrice qu'elle soit- s'est heurtée à des obstacles, a reconnu le sociologue. "Vous voulez réaliser une révolution du milieu paysan" telle était la réaction d'un groupe d'hommes d'affaires haïtiens à la fin des années 70 à la suite d'une conférence du directeur du CHISS. A force de persévérance, l'idée semble cependant faire du chemin puisque certaines communautés rurales ont mis à la disposition du MDN-GCFD environ 80-90 carreaux de terre en vue de l'expérimentation des UTD (Unites Tactiques de Développement). Hubert Deronceray a notamment mentionné des organisations paysannes de Petit-Goave, d'Aquin, etc ...

DÉVELOPPEMENT ET INSÉCURITÉ

Le candidat du Grand Front Centre Droit a été on ne plus catégorique : la « bidonvilisation » de nos grandes villes et de la capitale tout particulièrement est un phénomène lié au sous-développement, l'abandon du milieu rural. "Ce n'est pas un problème, c'est une menace sérieuse pour cette démocratie que nous voulons implanter". Là encore, le sociologue nous ramène dans son village UTD. "On ne saurait résoudre les problèmes de « bidonvilisation » en intervenant directement sur les causes" nous dit Hubert Deronceray qui privilégie l'approche qui consiste à investir "gros en amont"afin de freiner l'exode rural, l'une des causes de cette surpopulation qui risque d'étrangler - dans un proche avenir - toutes les grandes métropoles du pays."La fumée en provenance des cahutes des bidonvilles empêchent aux riches des quartiers huppés de la capitale de bien respirer- Ce n'est qu'un aspect simpliste d'un problème plus sérieux », prévient le sociologue.

Plus loin, Hubert Deronceray souligne ce cercle vicieux constitué par l'exode rural, la «bidonvilisation », le chômage, l'insécurité et la misère tout en mentionnant certaines mesures politiques adoptées par les gouvernements depuis 1986. "Nos hommes politiques ont contribué au phénomène de l'insécurité en éliminant des institutions dont l'une des missions primordiales était justement de combattre l'insécurité. HubertDeronceray faisait référence bien sûr à l'abolition des Forces Armées d'Haïti par Jean-Bertrand Aristide après son retour d'exil en 1994.

"On ne peut pas demander à un investisseur d'implanter des industries - sous-traitance ou pas - dans un pays où l'Etat a failli à l'une ses missions qui est de garantir la sécurité individuelle de ses citoyens" devait poursuivre Deronceray en évoquant les dizaines de milliers d'emplois perdus depuis 1986 dans l'industrie de la sous-traitance. Et si l'oisiveté est la mère de tous les vices, l’on comprend aisément pourquoi les grands bidonvilles qui encerclent la capitale au nord et au sud sont les terroirs du Zenglendisme, de la prostitution, du kidnapping, du viol et du crime organisé. Et on ne transforme pas « ces phénomènes sociaux un matin en un revers de main par des promesses électorales, des décrets présidentiels ou en rendant responsable le populisme aristidien ».

LES QUESTIONS DE L'ASSISTANCE

La situation de nos compatriotes en République voisine, le coût de l'implantation des UTD (Unités Tactiques de Développement) , la constitution de 1987 et la double nationalité, les partis politiques formant le Grand Front Centre Droit, la dégradation du système éducatif haïtien : autant de points évoqués par un public venu écouter le Président Fondateur du MDN (Mouvement de Mobilisation pour le DéveloppementNational) à l'Hôtel Lantana de Randolph ce samedi 8 octobre 2005.

Sur un dossier qui a vraiment hanté la carrière politique du leader MDNiste au cours de ces 25 dernières années, le concerné s'est déclaré très concerné - comme tous les haïtiens - par le traitement infligé à nos compatriotes travaillant dans les batteys ou vivant tout simplement en république dominicaine. "Au cours de ces deux dernières décades, on m'a accusé de tous les maux du monde sur la situation des Haïtiens en RD". Invité à proposer une solution à la vague de déportations de nos compatriotes quand ils ne sont pas battus ou tués, en guise de solution, Hubert Deronceray a expliqué qu'à son arrivée au Ministère des Affaires Sociales en 1978 un contrat relatif au travail des braceros haïtiens liait depuis belle lurette les gouvernements haïtien et dominicain. "C'était un contrat inhumain qui n'offrait aucune protection sociale aux travailleurs haïtiens", expliqua l'ancien ministre qui s'enorgueillit d'avoir apporté des modifications importantes dans un nouveau contrat d'embauche signé l'année suivante avec l'implication du Bureau International du Travail. "Malheureusement, mes détracteurs n'ont jamais mentionné mes tentatives de faire respecter les droits des travailleurs haïtiens en République Dominicaine" .

Quant au coût de l'implantation des villages UTD ( la question n'a pas été posée de façon claire certes), le sociologue s'est contenté de réciter cette même leçon qu'il connaît par coeur. "Si on veut développer ce pays, il faut augmenter la production agricole, investir donc dans le paysan haïtien".

Sur la question de la double nationalité, Hubert Deronceray est un farouche partisan d'un amendement constitutionnel ou même de l'abrogation pure et simple de l'article 135 (alinéa a) qui interdit aux haïtiens ayant acquis une nationalité étrangère de briguer certaines fonctions électives. "Un pays comme le nôtre avec autant de compétences à l'étranger - il refuse même d'utiliser le vocable DIASPORA, pour lui quelque peu péjoratif – on ne peut se payer un tel luxe. Nous devons permettre à toutes nos ressources humaines de participer, de contribuer au développement de notre pays" devait préciser Hubert Deronceray à la grande satisfaction d'un public qui estime injuste l'article135 de la constitution de 1987.

Parlant de ce regroupement, le Grand Front Centre Droit, dont il est le candidat aux prochaines présidentielles, Hubert Deronceray a fait l'historique de cette coalition qui a pris naissance le 29 juin 2003 avec au départ 8 partis politiques. Il a reconnu cependant que tout ne fonctionne pas dans le meilleur des mondes au sein du Grand Front qui fait face, a-t-il dit, à un problème sérieux: "Nous avons des idées, mais nous n'avons pas d'argent. Et les prochaines élections haïtiennes, c'est une affaire de gros sous". A ce sujet, Hubert Deronceray a mentionné qu'au départ cette coalition était en mesure de présenter au niveau national 18 sénateurs et plus de 60 députés. Cependant, bon nombre de ces candidats vont représenter les couleurs d'autres partis politiques à ces élections car le GFCD n'est pas en mesure de supporter financièrement leur campagne. "Il y a des gens qui se tiennent quotidiennement devant les bureaux d'inscription avec des valises bourrées de billets pour acheter des candidats" déclare un Hubert Deronceray attristé qui précise que dans de telles circonstances "le GFCD ne pourra pas avoir la majorité au parlement".

"Certains professeurs haïtiens ne sont pas plus formés que leurs élèves" dira pour terminer Deronceray répondant à une question d'un employé chargé d'évaluer le niveau des enfants immigrants qui fréquentent les écoles publiques de Boston. L'ancien fonctionnaire de l'UNESCO, face à la dégradation du système éducatif haïtien qui, a-t-il reconnu, est la conséquence d'un désengagement de l'Etat au profit du privé, proposera - s'il arrive au pouvoir - des mesures radicales qui élimineront progressivement les"écoles borlettes".

 

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