Invité par le président du Sénat à venir s’expliquer aujourd’hui devant la Commission Justice, Sécurité et Défense Nationale du Grand Corps “sur les circontances, la légalité et la déportation présumé du sénateur élu de la Grande-Anse en la personne de Guy Philippe, le Ministre de la Justice et de la Sécurité Me Camille Junior Edouard a sollicité le report “de cette importante et urgent séance de travail à la plus prochaine date”.

Dans une lettre adressée au Président du Sénat, Ronald LARECHE (INITE, Nord’Est), le ministre évoque un “conflit d’agenda”. “Vu la prise de connaissance tardive de cette correspondance, avec ma participation au Palais National à une rencontre sur la poursuite du processus électoral et la sécurité globale du pays, je me trouve dans l’impossibilité de répondre à cette invitation” lit-on dans cette lettre.

Alors que Guy Philippe a comparu en audience préliminaire cet après-midi au centre-ville de Miami par devant le juge Gary L. Garber, le gouvernement de Enex Jean-Charles reste muet sur l’arrestation et l’extradition vers les Etats-Unis d’un citoyen haïtien. L’accès au local de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) tout près de l’aéroport international de Port-au-Prince a été tout bonnement interdit hier soir au troisième personnage politique du pays, le  président du Sénat Ronald Larêche alors que  se poursuivaient entre les autorités haïtiennes et américaines les procédures administrative en vue de l’extradition de Guy Philippe aux Etats-Unis.

L’ancien officier des FADH qui a conduit une révolte armée ayant abouti au renversement du président Aristide en février 2004 est recherché depuis 2005 par la justice des Etats-Unis pour implication présumée dans le trafic de stupéfiants sur le territoire américain.

En dehors de son fief de Pestel (Grande-Anse), les haïtiens ne portent pas vraiment l’ancien chef rebelle dans leur coeur. Entre 1991 et 1994, il est accusé d’avoir semé la terreur avec ses "commandos NINJA" dans les quartiers populaires de la région métropolitaine de Port-au-Prince pour étouffer des tentatives de soulèvement de partisans du président Aristide alors en exil aux Etats-Unis.

Cependant,  de nombreux haïtiens ne garderont pas un bon souvenir de “l’exhibition” mise en place par les agents de la DEA (Drug Enforcement Agency) dans la soirée du 5 Janvier sur le tarmac de l’aéroport international de Port-au-Prince juste avant l’embarquement de Guy Philippe pour la Floride. Les rires à la fois moqueurs et sarcastiques des agents fédéraux de l’Oncle Sam contrastaient avec le comportement correct et professionnel des jeunes policiers haïtiens de la BLTS (Brigade de Lutte contre le Trafic des Stupéfiants)  qui, quelques heures plus tôt, avaient procédé à l’arrestation à Pétion-Ville de Guy Philippe alors que ce dernier venait de participer à une émission à Radio Scoop FM comme sénateur-élu de la Grande-Anse.

Pourquoi attendre 11 ans pour procéder à l’arrestation du “most-wanted” Guy Philippe?
Que dit le fameux accord haïtiano-américain entre Préval-Albright du 17 Octobre 1997 autorisant de telles arrestations sur le sol national?
L’exécutif haïtien peut-il agir seul en pareilles circonstances sans (au moins) informer préalablement les deux autres pouvoirs?
L'arrestation et l'extradition de Guy Philippe : un cadeau pour faciliter le retour du président Privert dans sa famille politique ?
Les Etats-Unis veulent-ils envoyer un signal à d'autres fugitifs qui sont au pouvoir ?

Autant de questions qui demeurent sans réponse et qui risquent d’empoisonner les relations entre le Sénat haïtien et le pouvoir exécutif pendant les (4) semaines de la transition.

Nous venons de recevoir la réaction de l’Ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince.

Déclaration de l’Ambassade des Etats-Unis  sur l’arrestation de Guy Philippe

L’Ambassade des Etats-Unis salue l’arrestation par la Police Nationale d’Haïti le jeudi 5 janvier de Guy Philippe, un fugitif recherché, et la félicite pour son professionnalisme dans la manière dont elle a mené cette arrestation.  Monsieur Philippe a été transféré sous la garde des Etats-Unis.

Les États-Unis et le gouvernement haïtien ont une coopération de longue date en matière judiciaire et d'application de la loi, et nous sommes impatients de poursuivre notre coopération à l'avenir.

(Fin de texte)

Lettres du Président du Sénat et du Ministre de la Justice

 

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